Les participants au colloque tenu à Genève ont souligné la nécessité d’actions concrètes
17 juin 2014
« La communauté dalit a longtemps souffert de graves exactions, mais la réponse de l'Etat indien a été insuffisante à ce jour. »
Juliette De Rivero, directrice du plaidoyer au bureau de Genève de Human Rights Watch,

(Genève, le 17 juin 2014) - Lors d’un colloque organisé en marge du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le 17 juin 2014, de hauts responsables de l’ONU ont appelé à des efforts immédiats pour mettre fin aux viols et aux autres formes de violence contre des femmes sur la base de critères de caste.

Ce colloque, coparrainé par Human Rights Watch, fait suite aux appels à l’action lancés à travers le monde par des organisations de défense des droits humains, par des dirigeants politiques et par le Représentant permanent de l’Inde auprès de l'ONU, dans les jours qui ont suivi le viol et la pendaison de deux jeunes filles indiennes le 27 mai.

Les participants au colloque ont exhorté les pays membres de l'ONU à dénoncer la montée de la violence contre les femmes basée sur des critères de caste. La Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a déclaré: « J'appelle les gouvernements à mettre pleinement en œuvre toutes les recommandations formulées dans le cadre des mécanismes internationaux des droits de l'homme, ainsi que ceux découlant de processus nationaux. Notre indignation ne suffit pas. Nous devons prendre des mesures concrètes et ciblées face à l'échec dramatique de nos sociétés en ce qui concerne la défense des victimes de discrimination basée sur des critères de caste, en particulier des femmes et des filles. »

Le directrice du bureau de stratégie politique d'ONU Femmes, Saraswathi Menon, a ajouté: « Les paroles et la législation ne suffisent pas, nous devons prendre des mesures concrètes. La législation seule ne permet pas de résoudre le problème de la discrimination structurelle. L'ONU a un rôle important à jouer, et doit agir pour aider à mettre fin à la violence de caste subie par les femmes. »

Asha Kowtal, dirigeante d’une délégation de femmes dalits invitée a visiter le Conseil des droits de l'homme, a déploré la « hausse du nombre de viols et d’actes de violence basés sur des critères de caste à l’égard des femmes et les filles dalits ».

Manjula Pradeep, une militante de premier plan travaillant sur les droits des Dalits, a observé que la violence et la discrimination fondées sur des critères de caste affecte non seulement les femmes en Inde, mais aussi des millions d'autres femmes au Népal, au Bangladesh, au Pakistan, au Yémen et dans d'autres pays.

Rikke Nöhrlind, coordinatrice du Réseau international de solidarité avec les dalits (International Dalit Solidarity Network, IDSN) a déclaré : « Après avoir activement soutenu la lutte contre l'apartheid, le communauté internationale doit maintenant agir avec la même fermeté contre la discrimination de caste. »

Juliette De Rivero, directrice du plaidoyer au bureau de Genève de Human Rights Watch, a ajouté : « La communauté dalit a longtemps souffert de graves exactions, mais la réponse de l'Etat indien a été insuffisante à ce jour. Le gouvernement devrait procéder à des réformes en profondeur afin de mieux faire appliquer les lois en vigueur, et sanctionner les agents de l’État, y compris la police, qui manqueraient à ce devoir.  »

Le colloque du 17 juin a été parrainé conjointement par Human Rights Watch, International Movement Against All Forms of Discrimination and Racism (IMADR), Minority Rights Group, Franciscan International, et Asian Forum for Human Rights and Development. Il a été coorganisé en collaboration avec le Réseau international de solidarité avec les dalits (International Dalit Solidarity Network, IDSN) et coparrainé par la Norvège et le Danemark.

Communiqué intégral en anglais : http://www.hrw.org/node/126484