Ce processus devrait être mené parallèlement à des poursuites judiciaires et à des enquêtes visant à retrouver les victimes
12 novembre 2013

(Washington, le 12 novembre 2013) - Le gouvernement mexicain devrait s'assurer que le processus d'élaboration de la base de données nationale sur les personnes portées disparues est mené de manière rigoureuse, efficace et transparente, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Parallèlement à l’élaboration de cette base de données, des enquêtes approfondies devraient être menées pour déterminer le sort de milliers de personnes dont on est toujours sans nouvelles.

Le gouvernement a annoncé en février 2013 qu'il allait réviser une base de données de plus de 26 000 personnes portées disparues ou dont l’on est toujours sans nouvelles (« personas extraviadas »), qui avait été établie par le Bureau du Procureur fédéral (Procuraduría General de la República, PGR). Le gouvernement a indiqué que de nombreux noms figurant dans cette base de données sont susceptibles d'être supprimés. La liste initiale présentait plusieurs problèmes, y compris certaines incohérences.

« Le gouvernement présidé par Enrique Peña Nieto a pris un pas important vers la reconnaissance de l'ampleur de la crise des disparitions en rendant public sa liste provisoire des personnes disparues », a déclaré José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques à Human Rights Watch. «  Le gouvernement doit maintenant tenir sa promesse d'élaborer un registre fiable et complet, mais aussi ordonner l’ouverture d’enquêtes approfondies afin de rechercher les personnes disparues, et traduire les responsables en justice. »

Le 20 février  2013, Human Rights Watch a publié un rapport intitulé « Les disparus du Mexique : Les coûts durables d’une crise longtemps ignorée », dont l’un des constats était la participation des forces de sécurité mexicaines à de nombreuses disparitions forcées dans le cadre de la « guerre antidrogue » menée par l'ancien président Felipe Calderón, de décembre 2006 à décembre 2012.

Human Rights Watch a documenté 249 cas de disparitions survenues pendant l'administration Calderón, dont 149 cas de disparitions forcées, selon divers éléments de preuves recueillis. La Convention internationale contre les disparitions forcées définit cette pratique comme «  l'arrestation, la détention, l'enlèvement ou toute autre forme de privation de liberté par des agents de l'État », suivi(e) « de la dissimulation du sort réservé à la personne disparue ou du lieu où elle se trouve… »

Le 20 février 2013, date de la publication du rapport de Human Rights Watch, le gouvernement mexicain a pour la première fois reconnu l'existence d'une base de données de milliers de personnes portées disparues sous l'administration précédente. Le ministre de l'Intérieur, Miguel Osorio Chong, a confirmé cette information le lendemain.

Le 26 février, la Sous-secrétaire du ministère de l'Intérieur chargée des droits humains, Lia Limón, a annoncé lors d’une conférence de presse la mise en ligne de la base de données, contenant des informations sur les cas de 26 121 personnes. Elle a indiqué qu’il s’agissait d’un « point de départ » pour l’élaboration d'un registre national « définitif » sur les disparitions.

Pour lire l’intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez cliquer ici.

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