19 hommes ont été décapités en 17 jours, dont huit pour des infractions non violentes
21 août 2014
« Toute exécution est déplorable, mais celles infligées à des personnes accusées de crimes n’ayant causé aucune perte de vie sont particulièrement injustes. »
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch

(Beyrouth, le 21 août 2014) - L'Arabie saoudite a exécuté au moins 19 personnes depuis le 4 août 2014, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Selon les médias locaux, huit personnes exécutées avaient été reconnues coupables d'infractions non violentes, notamment le trafic de drogue dans sept case et la sorcellerie dans le huitième cas.

Les membres de la famille d'un autre homme, Hajras bin Saleh al-Qurey, ont en outre indiqué à Human Rights Watch le 17 août qu'ils craignent que son exécution ne soit imminente. Le 16 janvier 2013, la Cour publique de Najran, dans le sud du royaume, a condamné al-Qurey à mort par décapitation après l’avoir reconnu coupable de trafic de drogue et d'avoir agressé un policier lors de son arrestation.

« Toute exécution est déplorable, mais celles infligées à des personnes accusées de crimes tels que le trafic de drogue ou la sorcellerie, n’ayant causé aucune perte de vie, sont particulièrement injustes », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le recours par  l'Arabie saoudite à la peine de mort, en particulier pour ce type de crimes, ne peut plus être justifié. »

Selon l'Agence de presse saoudienne (SPA), les autorités exécuté quatre hommes saoudiens le 18 août, dans la province de Najran. Les quatre hommes - Hadi al-Mutlaq, Awadh al-Mutlaq, Mufreh al-Yami, et Ali al-Yami – avaient été accusés de tentative de contrebande de haschich, et reconnus coupables par un tribunal qui les a condamnés à mort.

Durant la période du 4 au 14 août, selon la SPA et des médias locaux, trois autres hommes - un Saoudien, un Syrien et un Pakistanais – ont été décapités dans le royaume après avoir été également condamnés pour trafic de drogue. Un autre Saoudien, Mohammed bin Bakr al-Alawi, a été publiquement décapité le 5 août dans la province d'Al-Jawf après avoir été accusé de pratiquer la sorcellerie et reconnu coupable, selon le journal Saudi Gazette.

Selon le site Death Penalty Worldwide, qui recense des données sur l’application de la peine de mort à travers le monde, l'Arabie saoudite affiche l’un des taux d'exécution les plus élevés dans le monde. Selon les médias, au moins 34 personnes ont déjà été exécutées en Arabie saoudite en 2014. Selon l'Agence France-Presse, au moins 78 personnes ont été exécutées dans le royaume en 2013.

Communiqué intégral en anglais : www.hrw.org/node/128314