La vague de démolitions pourrait s’apparenter à un crime de guerre
25 août 2013
« Quand les forces israéliennes démolissent systématiquement et à maintes reprises des habitations dans les territoires occupés sans prouver que cela est nécessaire d’un point de vue militaire, il semble que le seul but est d’évincer des familles de leurs terres. »
Joe Stork, directeur par intérim de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch

(Jérusalem, le 25 août 2013) - Les forces israéliennes devraient mettre fin immédiatement aux démolitions illégales d'habitations et d’autres propriétés palestiniennes situées dans le Territoire palestinien occupé, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Ces démolitions ont déplacé au moins 79 Palestiniens depuis le 19 août. Les démolitions de maisons et d’autres structures qui obligent les Palestiniens à quitter leurs communautés pourraient équivaloir au transfert forcé des résidents d'un territoire occupé, ce qui constituerait un crime de guerre.

Selon les recherches menées par Human Rights Watch, les démolitions survenues à Jérusalem-Est le 19 août ont déplacé 39 personnes, dont 18 enfants. Des organisations israéliennes de défense des droits humains et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), un organisme des Nations Unies, ont en outre établi que les démolitions entreprises à Jérusalem-Est et en Cisjordanie les 20 et 21 août et le 21 ont détruit les habitations de 40 personnes, dont 20 enfants.

« Quand les forces israéliennes démolissent systématiquement et à maintes reprises des habitations dans les territoires occupés sans prouver que cela est nécessaire d’un point de vue militaire, il semble que le seul but est d’évincer des familles de leurs terres, ce qui constituerait un crime de guerre », a déclaré Joe Stork, directeur par intérim de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch.

Les responsables israéliens justifient la démolition d’habitations palestiniennes au motif qu'elles ont été construites « illégalement », sans permis de construire, dans des zones non prévues pour la construction résidentielle, mais les autorités israéliennes ont mis en place un système de zonage discriminatoireà l’égard de la population palestinienne.

À ce jour en 2013, Israël a détruit 420 bâtiments palestiniens, déplaçant 716 personnes, selon les chiffres de l'OCHA et d’organisations de défense des droits humains israéliens.

Du 23 au 30 avril, les forces israéliennes ont détruit 36 ​​maisons et structures palestiniennes en Cisjordanie, y compris cinq abris d'urgence que le consulat français avait fournis pour les familles sans abri par les démolitions israéliennes précédentes.

Les démolitions d’habitations israéliennes ont déplacé 3 799 Palestiniens depuis le début du mandat du Premier ministre Benyamin Netanyahou, le 31 mars 2009, selon l'OCHA. Parallèlement, 4 590 unités de logement israéliennes ont été construites, ou sont en cours de construction, en Cisjordanie (hors Jérusalem-Est) entre le 1er avril 2009 et le 31 mars 2013, selon le Bureau central israélien de statistiques.

La Quatrième Convention de Genève (article 49) interdit les « transferts forcés, en masse ou individuels » de civils dans un territoire occupé « quel qu’en soit le motif », sauf « si la sécurité de la population ou d'impérieuses raisons militaires l'exigent ». Toute violation intentionnelle de cette interdiction constitue une violation grave des Conventions de Genève et est passible de poursuites en tant que crime de guerre.

Pour lire l’intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez suivre ce lien.