III. LE CONTEXTE
La violence sexuelle lors du gnocide de 1994
D'avril juillet 1994, les extrmistes hutus la tte du gouvernement rwandais ont perptr un gnocide qui a cot la vie au moins un demi million de Tutsis et de Hutus modrs, hommes, femmes et enfants confondus.[1] Les auteurs du gnocide cherchaient exterminer la minorit tutsie qui reprsentait l'poque quelque 10 pour cent de la population rwandaise. Les violences commises pendant le gnocide ont pris des formes distinctes en fonction du sexe des victimes, affectant diffremment les femmes et les hommes. Les membres des milices hutues connues sous le nom d'Interahamwe, les civils et les Forces Armes Rwandaises (FAR) ont pris pour cibles les femmes et filles rwandaises dans une campagne gnocidaire de violences sexuelles massives.
Un rapport de 1996 manant du Rapporteur spcial de l'ONU sur le Rwanda estimait qu'au moins 250.000 femmes avaient t violes pendant le gnocide. Les formes de violence sexuelle[2] fonde sur le genre taient diverses et comprenaient notamment le viol, le viol collectif, le viol avec btons, fusils ou autres objets, l'esclavage sexuel, le mariage forc, le travail forc et la mutilation sexuelle.[3]La violence sexuelle tait l'une des nombreuses blessures infliges aux femmes et filles rwandaises, qui taient souvent abuses aprs avoir assist la torture et au meurtre des membres de leurs familles et la destruction de leurs habitations. Selon de nombreux rcits personnels de tmoins du gnocide, les auteurs de violences sexuelles ont assassin une grande partie de leurs victimes directement aprs les agressions sexuelles.
Les actes de violence sexuelle ont eu des consquences mdicales et psychosociales dvastatrices sur les Rwandaises. Des femmes et des filles ont contract des maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH/SIDA; elles ont t confrontes des grossesses non dsires[4] et des complications suite des avortements bcls; elles ont souffert de mutilation sexuelle et autres lsions telles que des fistules,[5] des problmes utrins, des lsions vaginales et des problmes de cicatrisation. Dix ans aprs les vnements, les victimes[6] de violences sexuelles, en particulier celles qui ont enfant suite au viol ou qui sont atteintes de blessures physiques permanentes, telles que l'infection par le VIH/SIDA, sont encore hantes par les exactions et restent traumatises, stigmatises et isoles.
Les violences sexuelles massives au Rwanda ont servi des fins stratgiques et politiques. Avant et pendant le gnocide, la propagande extrmiste dnigrait les femmes tutsies en raison de leur genre et de leur appartenance ethnique. [7] Selon l'idologie extrmiste, les femmes tutsies cherchaient manipuler sexuellement les hommes hutus afin d'assurer la domination des Tutsis sur la communaut hutue. Les auteurs du gnocide considraient donc la violence sexuelle l'gard des femmes tutsies comme un moyen efficace d'humilier et de conqurir la population tutsie. Les extrmistes ont galement agress sexuellement des femmes hutues qui affichaient des opinions politiques opposes, taient maries des Tutsis ou abritaient des Tutsis pendant le gnocide. Le dmantlement de l'ordre public lors des violences a galement conduit des agressions sexuelles perptres de faon alatoire aussi bien contre les femmes et les filles tutsies que contre les hutues.
Rares sont les informations disponibles sur les violences sexuelles commises de 1994 1998 en dehors de la campagne d'extermination des Tutsis et des Hutus modrs. Nanmoins, les recherches sur le terrain ont permis de recueillir des donnes sur les viols et les mariages forcs qu'ont fait subir les soldats de l'Arme Patriotique Rwandaise (APR) en pleine progression aux femmes tutsies qu'ils avaient "dlivres" des auteurs du gnocide.[8] (L'APR est le bras militaire du Front Patriotique Rwandais (FPR), le groupe rebelle majoritaire tutsi qui a vaincu le gouvernement gnocidaire en 1994 pour former ensuite le nouveau gouvernement rwandais.) Par ailleurs, tout indique que les extrmistes hutus et les soldats de l'APR ont, respectivement, agress sexuellement des tutsies et des hutues lors du conflit prolong opposant le gouvernement rwandais aux membres des milices qui avaient trouv refuge en Rpublique Dmocratique du Congo (RDC) suite la victoire du FPR.[9]
La comptence du Tribunal Pnal International pour le Rwanda (TPIR), tabli par le Conseil de Scurit de l'ONU en 1994, couvre le gnocide, les crimes contre l'humanit et les violations du droit international humanitaire commis au Rwanda et dans les Etats voisins pendant la priode allant du 1er janvier 1994 au 31 dcembre 1994. Le TPIR a jug vingt-trois accuss au cours de ses dix annes d'existence. Dans l'affaire Ministre Public contreAkayesu, le tribunal a pris une dcision qui fera date en reconnaissant que le viol pouvait constituer un acte de gnocide aux termes du droit international, [10] mais il n'a pas fait suivre cette dcision de poursuites judiciaires acharnes dans les autres cas de viol.
La Coalition des ONG pour les droits humains des femmes dans les situations de conflit, des ONG rwandaises et internationales et d'autres ont critiqu le relatif manque d'attention port par le Tribunal aux crimes de violence sexuelle.[11] Les ONG ont constat que le bureau du procureur n'avait pas enqut de faon concrte propos des violences sexuelles et avait par consquent omis d'inclure les crimes de violence sexuelle dans certains actes d'accusation tablis par le pass. Le Conseil de Scurit a fix des dates butoirs pour le TPIR qui doit terminer toutes ses enqutes d'ici la fin 2004, tous les procs d'ici 2008 et tous les appels d'ici 2010. Les ONG ont par ailleurs fait savoir que les enquteurs du tribunal chargs des cas de violence sexuelle n'avaient pas reu la formation adquate pour pouvoir gagner la confiance des victimes de viol et en obtenir des informations.[12] En mai 2004, le TPIR a lanc une srie de sminaires de formation sur la sensibilisation aux problmes de genre et sur les enqutes relatives la violence sexuelle.[13] En ce qui concerne la protection des tmoins, les ONG ont critiqu l'absence de garanties de confidentialit et de mesures de scurit lorsque les tmoins retournent au Rwanda; l'incapacit offrir aux rescapes du gnocide qui se prsentent comme tmoins une thrapie et un traitement antirtroviraux (ARV) pour les infections opportunistes lies au VIH/SIDA, qui sont pourtant mis la disposition des accuss sropositifs dtenus par le tribunal;[14] des contre-interrogatoires inopportuns et choquants pour les victimes de viol; un manque d'accs une assistance psychologique pour les victimes de viol; et enfin, l'absence de mcanismes pour sanctionner les cas de conduite inapproprie des juges.
Les Rwandaises pendant la priode de l'aprs gnocide
Dans un pays o la majorit de la population vit au-dessous du seuil de pauvret national,[15] les femmes et les filles rwandaises, soit environ 53,5 pour cent de la population, sont dans une position particulirement dsavantageuse.[16] Une large proportion de la population masculine a t tue lors du gnocide ou dans les combats ultrieurs qui ont oppos l'APR aux milices hutues et aux ex-FAR. Bon nombre de rescapes du gnocide et d'autres femmes ont vu disparatre les membres de leur famille sur qui elles et leurs enfants dpendaient pour leur survie conomique. Outre les tus, des dizaines de milliers de personnes ont t arrtes pour gnocide partir de juillet 1994 et la population carcrale a atteint des sommets avec plus de 130.000 dtenus la fin de 1998.[17] Les nombreuses femmes et filles dont les hommes de la famille ont t emprisonns doivent non seulement subvenir leurs propres besoins mais elles doivent en plus prendre en charge les repas de leurs proches en prison.[18] Une tude mene en 2001 par le Ministre rwandais de la sant et l'Office national de la population a montr qu'environ 36 pour cent des familles taient diriges par des femmes, contre 21 pour cent en 1992, et que 8 pour cent des femmes taient veuves, contre 4 pour cent en 1992.[19] Selon la Banque Mondiale, 97 pour cent des Rwandaises subviennent leurs besoins et ceux de leurs familles par l'agriculture de subsistance.[20]
Human Rights Watch a interrog des victimes d'actes de violence sexuelle commis pendant et aprs le gnocide qui se trouvaient dans une situation conomique dsespre. C.M.,[21] une jeune femme qui a rcemment mis au monde un enfant suite un viol commis fin 2003, a t mise la porte par ses parents aprs avoir rvl qu'elle avait t viole. Elle a expliqu que sa situation conomique se prsentait trs mal aprs s'tre installe dans la ville la plus proche: "Je n'avais pas assez pour manger, boire ou m'occuper du bb."[22] Plusieurs femmes qui vivaient de la prostitution rclamaient une aide financire pour pouvoir chercher un autre travail. Ces femmes et les assistants sociaux qui les aidaient ont expliqu que les besoins financiers avaient oblig beaucoup de jeunes femmes se tourner vers la prostitution pour pouvoir survivre.
Depuis 1994, le gouvernement rwandais a adopt d'importantes mesures pour amliorer la condition des femmes et des filles. Par exemple, des initiatives nationales ont contribu assurer un niveau de participation impressionnant des femmes dans la vie politique. La constitution de 2003 exige que le gouvernement veille ce que tous les organes dcisionnaires soient composs au minimum de 30 pour cent de femmes.[23] Les femmes reprsentent actuellement 48,8 pour cent des membres de l'assemble nationale, soit le plus haut pourcentage de participation parlementaire fminine au monde.[24] Des structures administratives appeles "conseils de femmes" existent au niveau des cellules, des districts, des provinces et au niveau national[25] et ils reprsentent le point de vue des femmes sur toute une gamme de questions de socit.[26]
Cependant, de graves discriminations et exactions persistent l'gard des femmes et des filles rwandaises. En dpit de l'adoption en 1999 d'une rforme de la loi sur les successions, les femmes et les filles ne jouissent pas de l'galit des droits la terre en vertu de la loi coutumire encore fortement ancre dans la socit rwandaise et qui privilgie le chef de famille masculin.[27] La loi sur les successions a tabli trois rgimes matrimoniaux pour la proprit des biens et a accord l'galit des droits aux hritiers masculins et fminins provenant de mariages civils.[28] Les importantes lacunes existant dans le texte de loi et les obstacles sa mise en uvre ont diminu l'impact positif de cette loi.[29] Dans une socit o l'agriculture de subsistance prdomine, l'accs la terre est souvent dterminant pour la survie. Les femmes et les filles sont les cibles d'actes de violence sexuelle ou autre bass sur le genre, notamment la violence conjugale, le viol, le mariage forc et la polygamie.[30] Selon l'UNICEF, le nombre d'orphelins et "autres enfants vulnrables" avoisine le million au Rwanda et beaucoup d'entre eux risquent particulirement d'tre victimes d'agression sexuelle et d'exploitation sexuelle, et recourent aux relations sexuelles pour survivre.[31]
Nos entretiens avec des victimes de violences sexuelles commises depuis le gnocide, des ONG et des prestataires de services ont rvl des cas de viol de femmes et de filles commis par des parents, des voisins, des enseignants, des employeurs, des domestiques, des policiers et des soldats des Forces de Dfense Rwandaises (FDR, l'ancienne Arme Patriotique Rwandaise, APR). [32] Selon notre examen des archives judiciaires et le travail de recherche d'ONG rwandaises, dans chaque province pendant la priode 2000-2004, les plaintes pour violence sexuelle l'gard des filles dpassaient largement le nombre de plaintes pour violence sexuelle l'gard des femmes adultes. [33] Dans quinze jugements rendus entre 2000 et 2003, la plaignante tait ge de moins de seize ans au moment du viol. Bon nombre de reprsentants des organisations de dfense des droits humains et des droits des femmes ainsi que des responsables gouvernementaux ont attir l'attention sur l'escalade vertigineuse du pourcentage de viols d'enfants depuis 1997-1998. [34] Cependant, une reprsentante de la police nationale rwandaise, un ministre du gouvernement et un reprsentant d'une ONG ont fait remarquer que cette hausse dans les chiffres refltait plus que probablement une plus grande sensibilisation de la communaut ce problme et donc une augmentation du nombre de dnonciations, plutt qu'une vague de violences sexuelles l'gard des enfants. [35]
Suite au gnocide, de nombreuses ONG ont embrass la cause des droits des femmes et des filles.[36] On trouve aujourd'hui des associations de rescapes qui ont pour objet la dfense des droits gnraux ou de ceux des femmes et qui offrent une assistance juridique et des services mdicaux et psychologiques; des organisations de dveloppement qui promeuvent l'autonomisation conomique des femmes et filles rurales; des organisations qui fournissent une assistance juridique aux femmes et aux filles sur des questions telles que la violence, les droits la proprit, le divorce et la garde des enfants; et des associations qui cherchent amliorer le niveau d'instruction des femmes ou leur accs aux soins de sant.
[1]Pour un rapport complet sur le gnocide et une explication des difficults statistiques rencontres pour dterminer le nombre total de victimes, voir Human Rights Watch, Leave None to Tell the Story: Genocide in Rwanda (New York: Human Rights Watch, 1999).
[2] Le prsent rapport utilise le terme "violence sexuelle" pour dsigner collectivement les diverses formes d'abus sexuels perptrs pendant et depuis le gnocide. La violence fonde sur le genre est la violence qui vise les femmes parce qu'elles sont femmes ou qui affecte les femmes de faon disproportionne. Le terme "torture sexuelle" n'est employ que pour faire rfrence la Loi organique rwandaise du 30 aot 1996 sur l'organisation des poursuites des infractions constitutives du crime de gnocide ou de crimes contre l'humanit (Loi relative au gnocide) et les lois ultrieures rgissant le systme de la gacaca. Le Code Pnal rwandais interdit le viol et la torture sexuelle mme s'il ne dfinit aucun des deux termes. Bien que le terme "torture sexuelle" ne soit pas utilis dans le code pnal, l'article 316 peut tre compris comme criminalisant la torture sexuelle car il interdit "la torture ou les actes de barbarie" qui sont commis en lien avec un autre crime. Le crime, dans ce cas, serait le viol ou la lsion inflige aux organes sexuels, et serait assimil un dlit pnal aux termes du code pnal.
[3] Pour une tude dtaille de la violence sexuelle l'gard des femmes et des filles pendant le gnocide de 1994, voir Human Rights Watch/Afrique et Human Rights Watch/Projet Droits des femmes, Shattered Lives: Sexual Violence during the Rwandan Genocide and its Aftermath (New York: Human Rights Watch, 1996). Dans deux rapports rcents, Amnesty International et African Rights dcrivent de faon circonstancie les interminables difficults rencontres au niveau social, juridique et de la sant au cours des dix annes coules depuis le gnocide par les victimes de viol commis sous le gnocide, surtout celles qui souffrent du VIH/SIDA. Voir Amnesty International, "Marked for Death," Rape Survivors Living with HIV/AIDS in Rwanda (Londres: Amnesty International, 2004); African Rights, Broken Bodies, Torn Spirits: Living with Genocide, Rape and HIV/AIDS(Kigali: 2004).
[4] En 1996, l'Office national rwandais de la population avait estim que de 2.000 5.000 enfants taient ns d'un viol. Voir Heather B. Hamilton, "Rwanda's Women: The Key to Reconstruction," The Journal of Humanitarian Assistance, [en ligne] sur http://www.jha.ac/greatlakes/b001.htm (information extraite le 19 avril 2004) (citant l'tude de l'Office national de la population).
[5] Une fistule est un canal reliant anormalement deux organes du corps. Les fistules recto-vaginales relient le rectum et le vagin; elles provoquent un coulement de matires fcales dans le vagin et sont donc souvent accompagnes d'incontinence fcale et d'infections. Les fistules vsico-vaginales relient le vagin et la vessie et peuvent conduire une incontinence urinaire et des infections. Les fistules sont le rsultat d'une blessure telle un traumatisme ou une grave inflammation due une maladie. Certaines fistules se fermeront spontanment, d'autres exigeront une intervention chirurgicale.
[6] Une personne qui a subi des violences sexuelles peut tre considre la fois comme une victime et une rescape. Le prsent rapport utilise ces deux termes indiffremment.
[7] Pour de plus amples informations sur la propagande utilise pour diaboliser les Tutsis, voir Leave None, pp. 65-96.
[8] Clotilde Twagiramariya et Meredeth Turshen, "'Favours' to Give and 'Consenting' Victims: The Sexual Politics of Survival in Rwanda," dans Meredeth Turshen et Clotilde Twagiramariya, eds., What Women Do in Wartime: Gender and Conflict in Africa (New York: Zed Books, 1998), pp. 104-109. Voir aussi Amnesty International, "Marked for Death," pp. 2, 6, 16.
[9] Entretien de Human Rights Watch avec une reprsentante d'une ONG, Kigali, le 22 fvrier 2004; Amnesty International, "Marked for Death," p. 2.
[10]Ministre Public contre Akayesu, Dossier No. ICTR-96-4-T (Tribunal de premire instance), le 2 septembre 1998.
[11] Voir, par exemple, Amnesty International, International Criminal Tribunal for Rwanda: Trials and Tribulations (Londres: Amnesty International, 1998); Women's Caucus for Gender Justice, "Summary of Panel Discussions on Victim and Witness Issues, les 27 juillet 1999 et 4 aot 1999, [en ligne] sur http://www.iccwomen.org/archive/resources/vwicc/intro.htm (information extraite le 18 mai 2004).
[12] Connie Walsh (Center for Constitutional Rights, Centre international des droits de la personne et du dveloppement dmocratique, International Women's Law Clinic, et MADRE), "Witness Protection, Gender and the ICTR," le 17 octobre 1997.
[13] Entretien tlphonique de Human Rights Watch avec une reprsentante de l'ICTR, Arusha, Tanzanie, le 11 aot 2004.
[14] Le Dpartement britannique pour le Dveloppement international (DFID) a dclar Human Rights Watch qu'il cherchait financer un programme visant offrir aux personnes qui tmoignent dans les procs du TPIR assistance et dpistage volontaire du VIH ainsi que la thrapie et le traitement ARV pour les infections opportunistes lies au VIH/SIDA. Entretien tlphonique de Human Rights Watch avec un reprsentant du DFID, Kigali, le 27 avril 2004. Le financement initial s'lverait un montant de 300.000 US$. Ibid. Depuis juillet 2004, le DFID effectue un travail prparatoire pour mettre en oeuvre le programme. Courrier lectronique envoy par un reprsentant du DFID, Kigali, Human Rights Watch, le 23 juillet 2004.
[15] Le gouvernement rwandais a estim qu'environ 60 pour cent des Rwandais vivaient sous le seuil de pauvret en se basant sur des indicateurs tels que la capacit subvenir ses besoins matriels lmentaires et les dpenses annuelles du mnage (dpenses totales par adulte infrieures 64.000 francs rwandais, soit 108,84 US$, ou dpenses en nourriture par adulte infrieures 45.000 francs rwandais, soit 76,53 US$). Gouvernement du Rwanda, Poverty Reduction Strategy Paper, juin 2002, p. 13 [en ligne] sur http://www-wds.worldbank.org/servlet/WDSContentServer/WDSP/IB/2002/08/23/000094946_02081004005783/Rendered/PDF/multi0page.pdf (information extraite le 27 avril 2004).
[16] Rpublique du Rwanda, Recensement Gnral de la Population et de l'Habitat Rwanda: 16-30 Aot 2002, Rapport sur les Rsultats Prliminaires (Kigali: 2003), p. 38. Pour une analyse de la situation des femmes dans le Rwanda de l'aprs gnocide, voir Catharine Newbury et Hannah Baldwin, "Aftermath: Women in Postgenocide Rwanda," Document de travail No. 303, juillet 2000.
[17] Amnesty International, Rapport annuel 1999 (Londres: Amnesty International, 1999), [en ligne] sur http://www.amnesty.org/ailib/aireport/ar99/index.html (information extraite le 3 juin 2004).A la mi-2004, quelque 77.000 personnes se trouvaient toujours en prison ou dans des cachots communaux sous l'inculpation de gnocide.
[18] Voir Martien Schotsmans, "Les Femmes et l'Aprs Gnocide,"(Jacques Fierens, ed.), Femmes et gnocide: le cas rwandais(Bruxelles: Facult de droit des Facults universitaires Notre-Dame de la Paix, 2003), p. 120.
[19] Ministre de la Sant/Office National de la Population, Enqute Dmographique et de Sant: Rwanda 2000, (Kigali: 2001), p. 13.
[20] Banque Mondiale, Rwanda: Country Brief, janvier 2004, [en ligne] sur http://www.worldbank.org/afr/rw/rw_ctry_brief.htm (information extraite le 22 mars 2004).
[21] Les noms de toutes les victimes de viol ont t remplacs par des initiales diffrentes afin de respecter leur anonymat. Les noms des personnes interroges ont t omis lorsqu'il s'avrait ncessaire de garantir la confidentialit.
[22] Entretien de Human Rights Watch avec C.M., le 29 fvrier 2004.
[23] Constitution de la Rpublique du Rwanda, Journal Officiel de la Rpublique du Rwanda, le 4 juin 2003, art. 9.
[24] Union Interparlementaire, "Rwanda Leads World Ranking of Women in Parliament," Communiqu de presse, le 22 octobre 2003, [en ligne] sur http://www.ipu.org/press-e/gen176.htm (information extraite le 5 avril 2004).
[25] La structure administrative rwandaise est compose de cinq units qui sont, en ordre croissant: le groupe de dix familles, la cellule, le secteur, le district et la province.
[26] Elizabeth Powley, "Women Lead Way to Rwanda's Future Democracy in Africa," International Herald Tribune, le 21 novembre 2002.
[27]Jennie E. Burnet et Rwanda Initiative for Sustainable Development (RISD), Culture, Practice, and Law: Women's Access to Land in Rwanda (Kigali: 2001), pp. 8-11. Voir aussi Human Rights Watch, Uprooting the Rural Poor in Rwanda (New York: Human Rights Watch, 2001).
[28] Loi compltant le livre premier du Code Civil et instituant la cinquime partie relative aux rgimes matrimoniaux, aux libralits et aux successions, Journal officiel de la Rpublique du Rwanda, le 12 novembre 1999; Burnet et RISD, Culture, Practice, and Law, p. 14. Voir aussi Human Rights Watch, Double Standards: Women's Property Rights Violations in Kenya (New York: Human Rights Watch, 2003).
[29] Les protections des droits la proprit prvues par la loi pour les femmes dans le cadre du mariage et pour la descendance fminine ne s'appliquent qu'au mariage civil alors que les unions religieuses ou coutumires constituent la pratique dominante chez les Rwandais. Ibid., pp. 12-14. Par ailleurs, une tude mene en 2001 a fait ressortir que parmi les Rwandais interrogs, peu comprenaient les droits qui leur sont reconnus aux termes de la loi. Ibid., p. 16.
[30] La polygamie est une pratique o un homme est uni par le mariage plus d'une femme. Voir AVEGA-Agahozo [Association des Veuves du Gnocide d'Avril], Survey on Violence against Women in Rwanda (Kigali: AVEGA, 1999).
[31] UNICEF, Rwanda: Facts and Figures, [en ligne] sur http://www.unicef.org/infobycountry/20289_20292.html (information extraite le 23 avril 2004). Pour une tude dtaille des exactions commises contre les enfants rwandais dans la priode d'aprs gnocide, voir Human Rights Watch, Lasting Wounds: Consequences of Genocide and War on Rwanda's Children (New York: Human Rights Watch, 2003).
[32] Par ailleurs, les ONG rwandaises ont recueilli des informations dtailles sur des cas de mariages forcs et prcoces, particulirement en milieu rural. Voir AVEGA-Agahozo, Survey on Violence against Women in Rwanda; LIPRODHOR, Situation des Droits de la Personne au Rwanda en 2002: Rapport Annuel de la LIPRODHOR, (Kigali: LIPRODHOR, 2003), p. 48.
[33]Ligue Rwandaise pour la Promotion et la Dfense des Droits de l'Homme (LIPRODHOR), Rsultats de l'Enqute-Pilote sur les Actes de Viol et les Violences Faites aux Jeunes Filles et Femmes(Kigali: 2000); p. 4; Haguruka, Rsultats de l'Enqute sur les Cas de Viol et d'Attentat la Pudeur Commis sur les Femmes et les Enfants de 1995 2002 (Kigali: Haguruka, 2003), pp. 23-24.
[34] Voir Haguruka, Rsultats de l'Enqute, p. 49.
[35] Entretiens de Human Rights Watch avec des fonctionnaires de la police nationale et du gouvernement et un reprsentant d'une ONG, Kigali, 9 fvrier5 mars 2004.
[36] Pour une analyse de l'volution rapide des organisations de femmes dans la priode d'aprs gnocide, voir Catharine Newbury et Hannah Baldwin, "Aftermath: Women's Organizations in Postconflict Rwanda," Document de travail No. 304, 2000.






