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Côte d'Ivoire : le gouvernement impliqué dans des meurtres de civils
L'ONU doit ouvrir une enquête

(New York, le 20 décembre, 2000) - Dans un rapport publié aujourd'hui, Human Rights Watch dénonce la responsabilité du gouvernement de la Côte d'Ivoire dans des actes de violence perpétrés à l'encontre de civils, suite aux élections présidentielles d'octobre. Le rapport contient la retranscription de témoignages de victimes et de témoins qui décrivent les abus.


"Une équipe internationale doit être impérativement mise en place pour enquêter sur les violences en Côte d'Ivoire. Nous avons récolté des preuves irréfutables montrant que les forces gouvernementales se sont violemment attaquées à des civils non-armés. Les responsables des meurtres, des tortures et des disparitions doivent être traduits en justice."

Peter Takirambudde, Directeur de la Division Afrique à Human Rights Watch.


 
Human Rights Watch demande aux Nations Unies d'ouvrir au plus tôt une enquête en Côte d'Ivoire visant à établir la responsabilité des différents acteurs. Une équipe de l'ONU s'est récemment rendue en Côte d'Ivoire, les résultats préliminaires de son enquête doivent être prochainement remis au Secrétaire Général de l'ONU.

"Une équipe internationale doit être impérativement mise en place pour enquêter sur les violences en Côte d'Ivoire," a déclaré Peter Takirambudde, Directeur de la Division Afrique à Human Rights Watch. "Nous avons récolté des preuves irréfutables montrant que les forces gouvernementales se sont violemment attaquées à des civils non-armés. Les responsables des meurtres, des tortures et des disparitions doivent être traduits en justice."

Les violences politiques, ethniques et religieuses, qui suivirent les élections présidentielles du 22 octobre 2000, ont causé la mort de plus de 150 personnes. Des centaines d'autres ont été blessées. Dans les rues d'Abidjan, les forces de sécurité gouvernementales ont abattu des manifestants politiques et ont également ordonné le rassemblement de civils, qui furent ensuite exécutés dans des fosses, des terrains vagues, voire même à l'intérieur d'une gendarmerie.

Les corps de cinquante-sept jeunes hommes ont été trouvés dans une fosse commune et dix-huit autres flottant dans un lagon. Sept corps encore, portant des traces de massacre, ont été trouvés près d'une station de bus. Des centaines d'étrangers et de militants ont été détenus et torturés par les forces de sécurité, parmi lesquels des douzaines ont étés "disparus."

Des partisans des deux partis politiques majoritaires ont attaqué et, dans plusieurs cas, brûlé, abattu à coup de feu ou coup de couteaux ceux qu'ils soupçonnaient d'appartenir à d'autres partis. Plusieurs mosquées et églises ont également été attaqués.

Human Rights Watch demande avec insistance au gouvernement de la Côte d'Ivoire d'enquêter minutieusement sur les crimes commis lors des événements d'octobre et de tenir les auteurs d'abus responsables de leurs crimes. Human Rights Watch insiste pour que le gouvernement coopère entièrement avec la commission d'Enquête de l'ONU.

Une copie du rapport en anglais est sur le web à http://www.hrw.org/backgrounder/africa/IvoryCoastbrf.htm