- Expression politique
- La presse
- Les conditions carcérales
- Les femmes
- Expulsion d’immigrants illégaux
- Les principaux acteurs internationaux
Djibouti est devenu un centre de l’attention internationale après son autorisation aux Etats-Unis d’établir une base militaire sur son territoire en 2003. Cependant, il n’est point clair si un tel dispositif apportera quelques améliorations sur le plan des libertés civiques. Bien que l’opposition jouisse du droit de faire campagne, elle n’est pas représentée dans le corps législatif. Toutefois, les femmes ont les droits politiques. La presse fait face à l’intimidation. Les conditions carcérales sont épouvantables.
Djibouti est devenu un centre de l’attention internationale après son autorisation aux Etats-Unis d’établir une base militaire sur son territoire en 2003. Cependant, il n’est point clair si un tel dispositif apportera quelques améliorations sur le plan des libertés civiques. Bien que l’opposition jouisse du droit de faire campagne, elle n’est pas représentée dans le corps législatif. Toutefois, les femmes ont les droits politiques. La presse fait face à l’intimidation. Les conditions carcérales sont épouvantables.
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Les élections législatives du début 2003 ont eu les conséquences habituelles : tous les soixante-cinq sièges du corps législatif ont été remportés par le gouvernement de coalition (UMP, l’Union pour une Majorité Présidentielle), juste comme cela avait été le cas lors de l’élection précédente en 1997. La coalition de l’opposition (UAD, Union pour une Alternative Démocratique) a eu la permission de librement entrer dans la campagne et la presse gouvernementale a assuré de façon raisonnable et impartiale la couverture des discours des candidats de l’UAD. Des rapports non-confirmés ont fait état des irrégularités dans le scrutin tels le refus à l’UAD d’accéder aux listes électorales, le manquement à distribuer des bulletins de vote à des milliers de prétendus électeurs, la confiscation des urnes avant l’enregistrement des résultats. Un groupe d’observateurs internationaux a estimé les élections raisonnablement intactes mais a reconnu qu’il n’a pas pu tout à fait déterminer s’il y avait eu de la fraude électorale dans les provinces.
La presse
Le gouvernement contrôle tous les média électroniques, l’unique station de télévision, trois stations de radio et le seul fournisseur d’internet. Dans les années précédentes, le gouvernement a empêché l’accès aux sites web de l’opposition et des organisations des droits humains. Le gouvernement édite le plus important journal, le bi-hebdomadaire
La Nation.
Bien que les publications non-gouvernementales soient permises, le gouvernement punit sévèrement la critique. En avril 2003, le gouvernement a arrêté le rédacteur en chef et éditeur de le Renouveau, Daher Ahmed Farah, pour « diffamation » contre le chef d’Etat-Major de l’armée. (Farah est aussi président d’un des partis politiques d’opposition). Il a été emprisonné dans une cellule d’isolement pendant deux mois avant d’être acquitté à l’occasion d’un procès. Une cour d’appel a immédiatement révoqué cette décision et Farah a été remis en prison. La cour d’appel l’a enjoint de payer en dommages et intérêts 13 million de francs djiboutiens (autour de 74.000 dollars américains) et une amende civique d’un million de francs djiboutiens (autour de 5.500 dollars américains). Au Djibouti, le revenu par habitant est en dessous de 800 dollars américains. Farah a été libéré en août 2003 après plus de 4 mois d’emprisonnement. Pendant les trois mois qui ont suivi sa libération, Le Renouveau s’est vu interdire le droit de publier. Le journal a repris ses publications en octobre 2003.
Les conditions carcérales
L’unique prison de Djibouti, Gabode, est sérieusement encombrée. Le gouvernement reconnaît que les conditions sanitaires sont déplorables, la nourriture et la ration d’eau inadéquates. Quelques cellules, telle celle où Farah était incarcéré, sont de véritables fournaises. Les jeunes sont souvent emprisonnés avec les adultes étant donné que Djibouti n’a pas de place pour héberger la jeunesse délinquante. Il n’a pas de sytème judiciaire pour les jeunes non plus.
Les femmes
Une loi promulguée à temps pour les élections de 2003 a réservé dix pour cent de tous les sièges du corps législatif aux femmes. En effet, huit des soixante-cinq membres de la nouvelle assemblée sont des femmes. Peu de femmes occupent des postes gouvernementaux mais le président de la Cour Suprême est une femme et il y a une femme dans le cabinet présidentiel (la ministre pour les femmes, la famille et les affaires sociales).
La Mutilation Génitale Féminine (Female genital mutilation, FGM) est prohibée, mais elle est toujours largement pratiquée. Il n’y a pas eu de poursuites judiciaires pour faire respecter cette loi.
Expulsion d’immigrants illégaux
En septembre 2003, le gouvernement a ordonné l’expulsion de 100.000 immigrants illégaux – soit plus d’un huitième de la population du pays – en provenance des pays voisins. Environ 9.000 de ceux devant être expulsés ont demandé l’asile dans un camp de réfugiés tenu par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Le camp était conçu pour accueillir plus de 3.000 personnes et au mois d’octobre les rapports donnaient une image sinistre des conditions sanitaires. Le ministre de l’intérieur a prétendu que la plupart des demandeurs d’asile ne sont pas qualifiés pour le statut de réfugié.
Les principaux acteurs internationaux
En 2003, les Etats-Unis ont établi une base hébergeant 1.800 militaires et agents de la CIA (Central Intelligence Agency) pour pourchasser, détruire les cellules terroristes dans la Corne de l’Afrique et entraîner les forces armées des Etats voisins en matière de contre-terrorisme. La présence militaire française y est plus large encore : 2.600 troupes. La France paye à Djibouti 30 millions d’euros (35,3 millions de dollars américains) par an comme loyer et autres coûts pour la base militaire.
En récompense pour hébergement de la base américaine, les Etats Unis ont annoncé un octroi de 20 millions de dollars américains à Djibouti pour 2003-2004. De cette somme, 12 millions seront alloués au développement des soins de santé primaires et 8 à l’éducation de base.
