Des proches de l’activiste ougandais Brian Wasswa, défenseur des droits LGBT violemment attaqué le 4 octobre 2019 et décédé le lendemain, portent son cercueil lors de ses funérailles, le 6 octobre 2019.

© 2019 HRAPF

(Kampala, le 15 octobre 2019) - Les autorités ougandaises devraient enquêter de manière rigoureuse sur le meurtre de l’activiste des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) Brian Wasswa, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Brian Wasswa est décédé le 5 octobre, au lendemain d’une brutale attaque perpétrée alors même que le gouvernement ougandais cherche à présenter à nouveau un projet de loi prévoyant la peine de mort pour des actes homosexuels, même consensuels.

Brian Wasswa.

© 2019 HRAPF (via Twitter)

Wasswa, 28 ans, a été attaqué dans son domicile à Jinja, dans l'est de l'Ouganda. Il travaillait depuis 2017 en tant qu’auxiliaire juridique, suite à une formation obtenue auprès du Forum de sensibilisation et de promotion des droits humains (Human Rights Awareness and Promotion Forum, HRAPF). Wasswa travaillait également au sein de l'Organisation de soutien en matière de sida (The Aids Support Organization, TASO), une organisation non gouvernementale ougandaise dédiée à la prévention et au traitement du VIH / sida, menant des activités de sensibilisation auprès de personnes LGBT.

Le 10 octobre, cinq jours après le décès de Wasswa, le ministre ougandais de l'Éthique et de l’Intégrité, Simon Lokodo, a annoncé que le Parlement envisageait de présenter un projet de loi qui imposerait la peine de mort pour de « graves » actes homosexuels, même consensuels. Ce projet est basé sur une précédente loi anti-homosexualité qui avait été promulguée en 2014, avant d’être annulée par la Cour constitutionnelle en raison d’erreurs de procédure.,

« Suite au meurtre horrible de Brian Wasswa, le gouvernement ougandais devrait clairement affirmer que la violence n’est jamais acceptable, quelles que soient l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne », a déclaré Oryem Nyeko, chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Mais au lieu de cela, le ministre de l'Éthique et de l'Intégrité menace de raviver un projet qui conduirait à la mort de personnes homosexuelles imposée par l'État. »

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/10/15/uganda-brutal-killing-gay-activist

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