Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président français Emmanuel Macron, photographiés lors de leur participation au sommet de l'UE à Salzbourg, en Autriche, le 20 septembre 2018.

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En fin de semaine, le président français Emmanuel Macron rencontrera le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors de la première visite bilatérale de ce dernier à Paris. C’est une excellente occasion pour le Président français de faire passer les messages forts sur l’État de droit et les valeurs communes qu’il a exprimés lors de son récent discours devant le Conseil de l’Europe.

Le respect de l'État de droit et des droits humains en Hongrie a été la cible d’attaques croissantes tout au long des neuf années de gouvernement Orban. En détournant les institutions démocratiques, en plaçant près de 85 pour cent des médias sous le contrôle direct ou indirect du gouvernement, en diabolisant et en criminalisant les activités des organisations de la société civile, en maltraitant et en privant les migrants et les demandeurs d'asile de nourriture, en attaquant les institutions universitaires et en tenant des propos plus en plus xénophobes et homophobes, le gouvernement Orban ne pourrait pas être plus éloigné du respect et de la sauvegarde des valeurs européennes communes que le président Macron a réaffirmés à Strasbourg le 1er octobre. « Notre force face aux transformations du monde réside non pas dans l'affaiblissement mais dans la défense de nos droits et libertés », a déclaré Emmanuel Macron.

Dans l'État hongrois dominé par un parti unique, le gouvernement a bidouillé les lois électorales pour assurer la mainmise du parti au pouvoir. En septembre, l'agence antifraude de l'UE a pointé une utilisation abusive généralisée des fonds de l'UE et la corruption, qui profite à une élite proche du gouvernement.

En septembre 2019, le Parlement européen a déclenché contre le gouvernement hongrois une procédure en vertu de l'article 7 – un mécanisme politique de sanctions – en raison des risques pour l'État de droit dans ce pays. Il appartient maintenant à chaque État membre de faire avancer ce processus.

Lors de sa rencontre avec Viktor Orban, Emmanuel Macron devrait clairement lui faire comprendre que les violations de l'État de droit et des droits fondamentaux ont un coût, en liant les fonds structurels de l'UE – dont la Hongrie est l'un des principaux bénéficiaires par habitant – au respect de l'État de droit. Emmanuel Macron le doit aux citoyens français – en veillant à ce que l’argent durement gagné de leurs impôts ne soutient pas la répression et la violation des droits – et aux Hongrois qui doivent pouvoir exercer les droits et libertés que le président a défendus avec passion devant le Conseil de l'Europe.

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