Des proches de victimes de l'explosion d'une bombe le 21 avril 2019 – dimanche de Pâques – dans l'église Saint-Sébastien de Negombo, au Sri Lanka, allument des bougies parmi les décombres de l’eglise au lendemain de cet attentat meurtrier.

© 2019 AP Photo/Gemunu Amarasinghe

(New York, le 22 avril 2019) – Les attentats menés au Sri Lanka le 21 avril – dimanche de Pâques – étaient d’odieux actes de violence pour lesquels les responsables devront rendre compte devant la justice, a déclaré aujourd'hui Human Rights Watch. Près de 300 personnes ont été tuées et plus de 500 autres blessées dans des attentats-suicides coordonnés visant des églises et des hôtels dans trois villes du pays. De nombreux blessés sont toujours dans un état critique.

« Nos pensées vont aux victimes de ces terribles attentats, qui alourdissent encore le bilan des souffrances endurées par tant de personnes au Sri Lanka », a déclaré Meenakshi Ganguly, directrice pour l’Asie du Sud à Human Rights Watch.

Les autorités sri-lankaises ont annoncé avoir arrêté 24 personnes et ont imputé la responsabilité des attaques au groupe islamiste National Thowheeth Jama’ath.

Suite aux attentats, le gouvernement a imposé un couvre-feu de l'aube au crépuscule, et qu'un état d'urgence national serait en vigueur à compter du 23 avril à minuit, permettant aux forces de sécurité de procéder à des perquisitions et à des arrestations sans mandat. Les personnes arrêtées doivent être traitées conformément aux normes internationales de procédures régulières et non en vertu de la loi sur la prévention du terrorisme, a déclaré Human Rights Watch. Cette loi autorise la détention de suspects pendant des mois, voire des années, sans inculpation ni jugement, ce qui accroît le risque de torture ou d’autres autres abus.

Le gouvernement a également bloqué plusieurs médias sociaux qui avaient été utilisés en 2018 pour diffuser de fausses rumeurs ayant attisé des violences communautaires. Les autorités sri-lankaises devraient veiller à ce que toute restriction à la liberté d'expression soit justifiée par des motifs légitimes et menée de manière proportionnée, a déclaré Human Rights Watch.

Les attentats à la bombe ont constitué la pire flambée de violence au Sri Lanka depuis la fin en mai 2009 de la guerre civile qui avait duré 30 ans, et au cours de laquelle des centaines de milliers de personnes ont été tuées.

Ces dernières années, des incidents de de violence communautaires ont visé des minorités religieuses, notamment des attaques contre des églises chrétiennes et contre des musulmans. Le Sri Lanka est un pays à majorité bouddhiste où les hindous, musulmans et chrétiens représentent respectivement 12 %, 10 % et 7 % de la population.

Communiqué complet en anglais :

www.hrw.org/news/2019/04/22/sri-lanka-prosecute-easter-sunday-attackers

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