(Principaux extraits en français)

Les valeurs proclamées dans la Déclaration universelle des droits de l'homme sont aussi pertinentes et intemporelles aujourd'hui qu'elles l'étaient il y a 70 ans. À l’occasion de cette commémoration de son adoption, il est important de reconnaître l’écart entre ses engagements et sa mise en œuvre.

Séance d’ouverture de la 36ème session du Conseil des droits de l'homme de l’ONU au Palais des Nations, à Genève, le 11 septembre 2017, en présence de Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

© 2017 Reuters

La période actuelle présente d’importants défis pour les défenseurs des droits humains : les menaces pesant sur les normes relatives à ces droits, la montée du populisme xénophobe, le profilage basé sur des critères raciaux ou religieux, les attaques contre des défenseurs des droits humains, ainsi que les tentatives d’affaiblir les institutions multilatérales, y compris ce Conseil.

Il est donc opportun de réfléchir à ce que signifie le terme « universalité », 70 ans plus tard, et sa pertinence face aux défis actuels :

Ce terme signifie que tous les êtres humains ont droit à la pleine réalisation de leurs droits, sans exception. Cela implique que les migrants ne perdent pas leurs droits humains en traversant une frontière, malgré l'affirmation honteuse du ministre hongrois des Affaires étrangères selon laquelle les gens ne bénéficient de droits humains que « là où ils vivent » et que « la migration est dangereuse ... et nous devons la stopper. »

Ce terme  signifie qu'il ne peut y avoir aucune catégorie d '« êtres humains de seconde classe » - qu'il s'agisse de Rohingyas musulmans confrontés à une stratégie de nettoyage ethnique au Myanmar, de femmes qui sont victimes de violences sexuelles  au Soudan du Sud, de personnes soumises à la discrimination raciale lors de certaines opérations policières  aux États-Unis, d'Ouïghours ou de Tibétains privés de la possibilité de pratiquer librement leur religion en Chine, de consommateurs présumés de drogues exécutés sommairement aux Philippines, ou de membres de la communauté LGBT subissant la discrimination et des violences en Russie.

Une atteinte aux droits d’une personne est une atteinte aux droits de tous.

Le terme « universalité » signifie qu’il faut surveiller de près non seulement les droits civils et politiques, mais aussi les droits économiques, sociaux et culturels. Ce terme signifie aussi qu’il mettre un terme à la sélectivité : aucun État ne devrait pouvoir échapper à un examen de sa situation des droits humains. Des membres du Conseil tels que l'Égypte, la Chine, l'Arabie saoudite et le Venezuela devraient s'attendre à ce le regard porté sur leurs pratiques en matière de droits humains soit particulièrement minutieux lors de leur propre présence au sein de ce Conseil.

La Déclaration et le Programme d’action de Vienne ont souligné l’importance du travail accompli par la société civile, et nous appelons tous les États à abroger les lois pernicieuses sur les « agents étrangers » ainsi que d'autres lois visant à entraver le travail des organisations non gouvernementales.

Texte complet en anglais :

www.hrw.org/news/2018/02/28/70-years-universal-declaration-human-rights-closing-implementation-gap

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