(New York, le 7 janvier 2016) - Les autorités chinoises devraient libérer 38 individus – des avocats du cabinet Fengrui de Pekin (Beijing Fengrui Law Firm) ainsi que des militants ayant travaillé à leurs côtés – qui sont arbitrairement détenus depuis juillet 2015, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Plusieurs d’entre eux sont détenus en vertu d’une procédure pénale dénommée  « surveillance résidentielle dans un lieu désigné », qui autorise la détention au secret, et souvent dans des conditions d’isolement, dans un lieu non divulgué pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois. Dans ce cas particulier, la période de six mois arrive à échéance le 9 janvier.

« La détention au secret de dizaines d'avocats est en flagrante contradiction avec les propos du président Xi Jinping selon lesquels la Chine serait un pays respectueux de l’état de droit », a déclaré Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine auprès de la division Asie de Human Rights Watch. « Ne pas libérer les 38 détenus à l’échéance de la période légale de six mois serait une nouvelle atteinte à la crédibilité de ce gouvernement censé respecter ses propres lois. »

Le 9 juillet 2015, des policiers de la ville de Tianjin, dans le nord-est du pays, ont arrêté Wang Yu, une avocate du cabinet Fengrui, ainsi que son mari, Bao Longjun. De juillet à septembre, les autorités ont détenu près de 300 avocats et militants des droits humains à travers le pays, dans la cadre d’une vaste opération de répression.

La plupart de ces personnes ont fini par etre liberées. Toutefois, selon l'organisation Chinese Human Rights Lawyers Concern Group, basée à Hong Kong, 38 personnes se trouvent toujours en détention, y compris Wang Bao. Dans 27 cas, il s’agirait d’une « surveillance résidentielle dans un lieu désigné ».

Manifestation de soutien à l’avocat chinois Pu Zhiqiang tenue à Hong Kong le 15 décembre 2015, lors de son procès à Pékin.

© 2015 Reuters

Les avocats spécialisés dans la défense des droits humains ont fait l’objet d’une répression particulière par les autorités au cours des deux dernières années, a observé Human Rights Watch. En mars 2014, quatre avocats défenseurs des droits humains ont été détenus - et certains torturés - après avoir tenté de rencontrer des clients dans la province de Heilongjiang. En mai 2014, les autorités ont arrêté Pu Zhiqiang, un éminent avocat de Pékin qui a été condamné en décembre 2015 à trois ans de prison avec sursis, après avoir été reconnu coupable d '« incitation à la haine ethnique » et de « troubles à l’ordre public » Cette condamnation signifie qu'il ne sera plus en mesure de pratiquer le droit.

 

Communiqué intégral en anglais :

https://www.hrw.org/news/2016/01/06/china-free-38-detained-lawyers-activists