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Izadine Mahamat Haroun témoigne au procès de Hissène Habré Radiodiffusion Télévision Sénégalaise

audiences du procès de Hissène Habré arrivent bientôt à leur terme, mais les témoignages des survivants ne sont pas de moins en moins pertinents. 

Ainsi, Izadine Mahamat Haroun, ne s’exprimant qu’en arabe tchadien, explique comment il fut arrêté en 1987 et questionné sur les clients de son oncle, un marabout réputé du nom de Zakaria Faki. Cette autorité traditionnelle et musulmane aurait été le conseiller mystique de dignitaires du régime, notamment le chef d’Etat-major Hassan Djamouss qui en 1989 se rebella contre le régime Habré.

Izadine Mahamat Haroun déclare avoir été arrêté, torturé et interrogé à maintes reprises sur le contenu des consultations maraboutiques de son oncle.

En prison, les agents de la police politique, la DDS, lui auraient dit : « puisque tu ne veux pas parler, on va te torturer ». Face aux juges, à quelques mètres de l’ancien président tchadien, il décrit comment, un jour, il fut cagoulé et conduit devant un homme vêtu d’un habit traditionnel blanc qui lui aurait demandé : « Qui est la personne devant toi, quel est ton pays, qui est le président du Tchad ? ». « Le président est Hissène Habré » affirme avoir répondu le neveu du marabout. « Je suis devant toi et tu ne me reconnais pas, tu es un ennemi » aurait répondu Hissène Habré. Devant la Chambre, le témoin explique : « Je ne pensais même pas qu’on puisse m’amener devant Hissène Habré ». Après ce bref entretien, Habré aurait griffonné quelque chose sur une fiche qu’il aurait ensuite donnée au directeur de la DDS, lui aussi présent. Izadine aurait ensuite été à nouveau torturé.

Son oncle, le marabout Zakaria Faki, fut également arrêté et fait prisonnier. Il mourut peu après sa libération des suites des tortures subies.

Sur question du Procureur général, le témoin précise que d’autres marabouts avaient été détenus dans les prisons du régime, ce que semblent confirmer des archives de la DDS présentées par le Parquet.

Sur question d’un avocat des parties civiles, il décrit que lors de son interrogatoire, Habré était assis près d’une table sur laquelle étaient posés un pistolet et deux talkies-walkies.

Le témoin a ensuite été soumis aux questions des avocats commis d’office par la Cour pour défendre Hissène Habré.