July 30, 2009

Nick, 25 ans

« J’ai prié pendant trois mois, parce que les gens disaient que [l’homosexualité] c’était mal. J’ai prié pour changer, mais je n’ai pas réussi. »

Quand j’avais 18 ans, une fille est tombée amoureuse de moi. Nous avons eu une  expérience, nous nous sommes embrassés, mais nous ne sommes jamais allés plus loin. Je me suis aperçu que j’étais peut-être gay. J’ai prié pendant trois mois, parce que les gens disaient que c’était mal, que Dieu avait brûlé Sodome à cause de ça. J’ai prié pour changer, mais je n’ai pas réussi.

Je l’ai finalement dit à la fille. Elle m’a dit qu’elle comprenait, et que les autres ne devraient pas me juger, puisque elle-même ne le faisait pas alors que c’était elle qui était amoureuse de moi.

Quand j’ai rompu avec la fille, je l’ai dit à mes sœurs. La dispute a duré des jours. Ma grande sœur disait que j’avais été ensorcelé, mais ma petite sœur comprenait.

Avec mon père, nous n’en parlons pas. Un jour, j’étais avec lui et nous avons entendu une émission sur l’homosexualité à la radio. J’ai dit : « Qu’est-ce que tu en penses ? Qu’est-ce que tu ferais si tu apprenais que ton fils était gay ? » Il a répondu : « Je le renierais. » J’avais également un professeur qui nous parlait un jour de la nouvelle loi qui était discutée et qui nous a dit : « Si j’avais un enfant homosexuel, je le bannirais. » D’habitude, je participe beaucoup en classe, mais depuis qu’il a dit ça, j’ai peur de lever la main.

J’étudie l’administration des affaires et le marketing, je finis l’année prochaine. J’aimerais travailler dans une banque ou monter ma propre société. C’est pour ça que je ne le dis pas à mon père. Si je suis renié, je n’aurai pas les moyens de démarrer dans la vie. Peut-être que lorsque je serai indépendant financièrement je pourrai le lui dire, mais si je le lui dis maintenant, il ne paierait peut-être même plus mes études.

Récemment, un policier m’a interpellé quand j’étais au marché et il m’a demandé ma carte d’identité. Quand je la lui ai montrée, il m’a dit : « Oh tu es un garçon ! » J’ai dit oui. Il a répondu : « Bientôt, tu seras en prison. » J’ai dit : « Qui ? » Il a repris : « Vous, les homosexuels, si la loi est adoptée. » Maintenant, j’ai peur de croiser encore ce policier. Il pourrait me jeter en prison sur le champ.