July 30, 2009

Anneyoncé, 20 ans

« Parfois j’ai le sentiment que je ne vaux rien, je ne peux m’empêcher de penser à comment je pourrais me tuer, parce que j’ai l’impression que personne ne m’aime et que tout le monde me rejette. »

Je n’ai pas grand-chose à raconter sur ma vie, à part que je ne me suis jamais posé la question de savoir si j’aimais les filles ou les garçons. J’ai toujours su que j’étais gay, même quand j’étais très jeune. La seule chose qui me rend fou, c’est que je suis en permanence menacé par des gens qui me disent qu’ils vont me battre si je ne change pas. Je me fais insulter et huer dans la rue, c’est impossible de faire comme si de rien n’était. Chaque jour, quand je rentre à la maison, je remercie Dieu de m’avoir protégé tout au long de la journée.

Je suis un artiste. Je chante et j’écris des chansons. Écrire des chansons, c’est une forme de thérapie pour moi, parce qu’après avoir tout couché sur le papier, je me sens bien. C’est mon passe-temps favori, et c’est la seule façon que j’ai d’être libre et d’être moi-même. Parce que parfois, j’ai le sentiment que je ne vaux rien, je ne peux m’empêcher de penser à comment je pourrais me tuer, parce que j’ai l’impression que personne ne m’aime et que tout le monde me rejette.

Ce sera difficile de changer les choses au Burundi. Certains de nos hommes politiques ne sont pas très ouverts. Peut-être qu’un jour cela changera. J’en ai assez de souffrir, mais je ne peux rien faire, je garde juste l’espoir qu’un jour, les homosexuels auront des droits.