
(Genève, le 22 avril 2013) – Les politiques fortement répressives menées par le Turkménistan [2] et l’Ouzbékistan [3] seront bientôt soumises à un examen approfondi et peu fréquent par des observateurs internationaux, les 22 et 24 avril 2013, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Les pays membres des Nations Unies rassemblés lors de la réunion du Conseil des droits de l’homme à Genève, dans le cadre de la procédure de l’Examen périodique universel (EPU), devraient saisir cette occasion de révéler et dénoncer la répression en cours dans ces deux pays et les pousser à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux abus.
Les gouvernements du Turkménistan et d’Ouzbékistan figurent parmi les plus répressifs au monde, a déclaré Human Rights Watch. Ils se sont également distingués en ne tenant aucun compte des recommandations exprimées lors de leur précédent examen par le Conseil des droits de l’homme, en décembre 2008.
« L’extraordinaire intensité de la répression, aussi bien en Ouzbékistan qu’au Turkménistan, à laquelle s’ajoute le refus de leurs gouvernements d’admettre l’existence de problèmes voire d’y faire face, souligne la nécessité de leur envoyer d’une seule voix un message fort », a déclaré Veronika Szente Goldston [4], directrice du plaidoyer pour l’Europe et l’Asie centrale à Human Rights Watch. « Il faut faire clairement savoir à Achgabat et Tachkent à quel point leurs bilans en matière de violations des droits humains sont inacceptables et quels sont précisément les changements qu’ils doivent opérer. »
Dans les rapports qu’elle a soumis sur le Turkménistan [5] et sur l’Ouzbékistan [6], préparés en prévision de ces examens, Human Rights Watch a mis en relief les problèmes les plus inquiétants concernant chacun des deux pays et les mesures à prendre pour les résoudre.
Une mesure immédiate qu’il faut exhorter les deux gouvernements à prendre est de cesser de refuser, comme ils le font depuis longtemps, que les propres observateurs des droits humains de l’ONU entrent sur leur territoire. Dix rapporteurs de l’ONU ont déjà demandé en vain de pouvoir entrer au Turkménistan, et onze rapporteurs de l’ONU n’ont toujours pas pu entrer en Ouzbékistan, a déclaré Human Rights Watch.
Une autre question urgente est la coopération avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Le 12 avril, le CICR a pris une mesure exceptionnelle en annonçant sa décision de mettre fin à ses visites aux prisonniers d’Ouzbékistan. Il a évoqué l’impossibilité de suivre les procédures de travail normales de l’organisation pour de telles visites, notamment de pouvoir accéder à tous les détenus relevant du CICR et d’avoir des entretiens privés avec les prisonniers. De même, les prisons du Turkménistan restent fermées à toute observation de l’extérieur.
« Ce manque exceptionnel de coopération des deux gouvernements avec l’ONU ou avec d’autres entités devrait être au cœur des débats lors de leur Examen périodique universel », a déclaré Veronika Szente Goldston.
Parmi les autres sujets de préoccupation principaux au Turkménistan figurent :
Les principaux sujets de préoccupation en Ouzbékistan sont entre autres :
« Les EPU du Turkménistan et de l’Ouzbékistan qui se tiendront bientôt vont rappeler de manière flagrante à quel point, dans ces deux pays, peu de choses ont changé en presque quatre ans et demi, c’est-à-dire depuis qu’ils ont été examinés pour la première fois selon cette procédure », a conclu Veronika Szente Goldston.« La question que les partenaires de ces gouvernements doivent se poser est la suivante : que peut-on faire de plus pour les amener à un meilleur respect des droits humains ? La réponse, clairement, est qu’il ne faut pas relâcher la pression, mais au contraire l’augmenter encore. »
Liens:
[1] http://www.hrw.org/fr/news/2013/04/23/turkmenistanouzbekistan-les-abus-dans-le-viseur-de-la-communaute-internationale
[2] http://www.hrw.org/fr/europecentral-asia/turkmenistan
[3] http://www.hrw.org/fr/europecentral-asia/uzbekistan
[4] http://www.hrw.org/bios/veronika-szente-goldston
[5] http://www.hrw.org/node/115000
[6] http://www.hrw.org/node/115001