VII.
Recommandations
Au
gouvernement de transition et de coalition du Zimbabwe
-
Mettre en place un
programme de réforme de la police et du système judiciaire,
géré de façon indépendante selon un calendrier
précis, et garantir que la société civile zimbabwéenne
bénéficie d’une participation importante et constructive
dans le processus.
-
Placer le
contrôle de la police sous une direction nouvelle, non-partisane et
professionnelle, redevable devant un conseil de surveillance indépendant.
Garantir que le travail de la police est en accord avec le Code de
conduite des Nations Unies pour les responsables de l’application
des lois et d’autres principes internationaux reconnus.
-
Garantir la pleine
responsabilité, assortie de poursuites, pour les auteurs de graves
violations des droits humains, quels que soient leur fonction ou leur
grade, et insister sur des indemnités appropriées pour les
victimes d’exactions.
-
Abroger ou amender
de toute urgence toute loi nationale incompatible avec les règles
et le droit internationaux et régionaux en matière de droits
humains, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et
politiques et la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples. Les lois devant être abrogées ou amendées
devraient inclure :
-
La Loi portant
codification et réforme du code pénal (CLA);
-
La Loi sur l’ordre public et la
sécurité (POSA);
-
La Loi relative à
l’accès à l’information et la protection de la
vie privée (AIPPA);
-
La Loi sur les services de radiodiffusion
(BSA); and
-
Le Code de
procédure pénale (CPEA), en particulier la section 121,
concernant la révocation de mises en liberté sous caution
ordonnées par le tribunal.
-
Garantir que toute nouvelle législation
est compatible avec les obligations internationales du Zimbabwe de respecter
les droits à la liberté d’expression, de
réunion pacifique et d’association.
-
Garantir que la
ZANU-PF démobilise et désarme immédiatement ses
milices de jeunes et groupes de vétérans de guerre qui se
rendent coupables d’exactions, et engager des poursuites contre ceux
de ses membres qui ont perpétré de graves atteintes aux
droits humains.
-
Prendre toutes les
mesures nécessaires pour mettre un terme à
l’impunité. Mettre en place une commission
d’enquête indépendante, comprenant des membres de la
société civile dignes de foi, afin d’enquêter
sur les violations graves des droits humains commises par le passé,
y compris celles qui l’ont été pendant la
période électorale de 2008 et dans les mines de diamants de
Marange.
Aux Etats
membres de la Communauté de développement de l’Afrique
australe
-
En tant que garant de
l’Accord politique global du 15 septembre 2008, garantir que le
gouvernement zimbabwéen met en place les réformes relatives
aux droits humains promises.
-
Encourager la mise
en œuvre de l’Accord politique global et surveiller les
progrès de toutes les parties dans la réalisation de leurs
engagements pris dans le cadre de cet accord.
-
Faire
dépendre la levée des sanctions contre des individus au
Zimbabwe d’actions spécifiques de la part de la ZANU-PF et de
l’accomplissement d’exigences précises en
matière de droits humains.
-
Aider le Zimbabwe à
organiser des élections libres et justes qui respectent les normes
internationales et soutenir publiquement une surveillance internationale complète
et sans entraves des futures élections bien avant le jour du vote.
-
Exhorter le
Zimbabwe à protéger la crédibilité de
l’industrie diamantifère de la région en apportant des
améliorations essentielles à sa gestion des mines de
diamants de Marange, et soutenir les appels à la suspension du
Zimbabwe dans le cas où ces améliorations ne seraient pas
faites.
A l’Union
européenne et aux Etats-Unis
-
Soutenir tous les
efforts sérieux visant à résoudre la crise politique
et humanitaire au Zimbabwe en continuant à donner la priorité
aux besoins des communautés les plus vulnérables du pays ; et
se réengager sur un programme plus large une fois que le gouvernement
de coalition de transition aura fait preuve d’améliorations
concrètes et irréversibles dans sa politique et ses actions.
-
Continuer à retarder
l’aide au développement pour le Zimbabwe en l’absence de
progrès clairs dans la mise en œuvre de réformes
clés en matière de droits humains.
-
Maintenir les
sanctions ciblées portant sur des interdictions de voyager et des
gels d’avoirs contre la ZANU-PF et ses dirigeants
jusqu’à ce que la ZANU-PF respecte des critères
spécifiques en matière de droits humains et de bonne gouvernance
et jusqu’à ce qu’il devienne clair que de tels
changements sont irréversibles.