30 juillet 2009

Mike, 17 ans

« Beaucoup de jeunes ont l’esprit fermé sur l’homosexualité parce qu’ils ne comprennent pas exactement ce que c’est. »

J’avais 14 ans quand je me suis rendu compte que j’étais gay – je pensais souvent aux garçons. Je ne savais pas vraiment ce qu’était l’homosexualité. J’avais entendu des gens en parler, mais je n’y avais pas vraiment prêté attention. J’en ai parlé avec des amis et au début, ils disaient que ce n’était que des idées, des fantasmes. Mais maintenant, ça va, ils comprennent. Ils m’acceptent tel que je suis.

Aujourd’hui, je suis au lycée, un des meilleurs de Bujumbura. J’aime beaucoup aller au lycée pour voir mes amis, j’adore la vie sociale. Après la fin des études humanitaires générales, je ferai des études de gestion des affaires. J’aimerais aussi beaucoup étudier en anglais, être capable de travailler dans toute l’Afrique de l’est, au Kenya peut-être, ou au Rwanda. J’aimerais représenter une grande entreprise, ou même créer la mienne.

J’aimerais aussi beaucoup être député ou sénateur. La politique m’intéresse beaucoup. Ce que je préfère en politique, c’est la possibilité d’innovation. Pour l’instant, ils font les mêmes choses depuis 20 ans, ou depuis un éternité. Je pense qu’il y aurait beaucoup de choses à réformer. Dans la société, il faudrait toujours qu’il y ait des réformes, parce que rien n’est achevé.

Je ne comprends pas comment un groupe de personnes peut restreindre les droits d’une autre catégorie, aussi minoritaire soit elle. Beaucoup de jeunes ont l’esprit fermé sur l’homosexualité parce qu’ils ne savent pas exactement ce que c’est. Ils pensent que c’est le mal incarné dans des personnes qu’il faut détruire, ils se font des idées fausses dessus et ils font circuler ces idées. Il existe une sorte de pression du groupe, une idée reçue, et certaines personnes s’imaginent que si elles perçoivent certaines choses différemment, elles ne feront pas partie du groupe. Mais il y a aussi d’autres personnes qui comprennent.

En classe un jour nous avons fait un débat sur l’homosexualité. Certains défendaient l’homosexualité, d’autres la condamnaient. Certains parlaient de la morale, alors que moi et les autres, nous répondions que la morale change au fil du temps et qu’il faut accepter l’autre tel qu’il est si nous voulons être accepté tel que nous sommes. La majeure partie de la classe était contre. Ceux qui disaient être en faveur de l’homosexualité levaient timidement la main, mais en regardant autour de moi, je me disais que même s’ils n’étaient que peu, c’était déjà quelque chose. Au fur et à mesure du débat, ils se sont enhardis, et même ceux qui se montraient timides au début défendaient finalement la cause avec conviction.