Cynthia, 25 ans
« J’ai été choquée quand j’ai entendu parler de cette nouvelle loi contre l'homosexualité. Je voudrais qu’ils nous laissent tranquilles. Nous sommes des personnes, comme tout le monde. C’est Dieu qui nous a créés. Ce n’est pas une loi qui nous changera. »
Je suis née fille, mais quand j’avais 10 ou 11 ans, j’avais envie d’être un garçon. Je ne connaissais pas le mot « lesbienne » ou « homosexuelle. » Quand j’avais 16 ans, ma mère me demandait : « Pourquoi tu t’habilles toujours comme un garçon ? » Je disais que je voulais être un garçon.
Quand j’avais 18 ans, elle a trouvé un garçon avec lequel elle voulait me marier. Je lui ai dit : « Je ne veux pas me marier avec un garçon, je veux être avec une fille. » Elle a répondu : « Alors tu dois quitter cette maison. » Mais elle s’est rendu compte qu’elle ne pouvait pas me forcer. Elle a laissé tomber et je suis restée avec ma famille. J’ai eu de la chance : ma mère est congolaise et elle avait déjà rencontré des lesbiennes qui s’assumaient à Kinshasa, elle savait ce que c’était.
Mais ensuite, j’ai donné une interview à la BBC, dans une émission à propos de la nouvelle loi. Mon père l’a entendue et s’est mis en colère. Il a dit : « Même si tu fais ces choses, tu n’as pas à le dire en public, je pourrais avoir des problèmes. Je ne veux plus te voir dans cette maison. » J’ai quitté la maison et je suis allée vivre chez le patron du restaurant où je travaillais. J’y suis restée cinq mois.
Finalement ma mère, ma tante et ma nièce ont dit à mon père : « Tu ne peux pas chasser ta fille ainsi. Elle n’a pas choisi d’être comme ça. » Finalement, mon père m’a autorisée à revenir, et maintenant, j’ai l’impression que ma famille m’accepte.
Les lesbiennes au Burundi ne s’affirment pas encore ouvertement. Il y a encore des endroits où les gens ne m’acceptent pas parce que je suis lesbienne. Il y a beaucoup de lesbiennes, mais elles ne veulent pas rejoindre l’association parce qu’elles pourraient avoir des problèmes avec leur famille. Certaines vivent avec leur copine, mais c’est un secret, comme si elles vivaient avec une simple camarade. Je connais d’autres femmes qui sont lesbiennes, mais mariées.
J’avais deux amis qui ont essayé de me violer parce que je suis lesbienne et que ça ne leur plaisait pas. Ils savaient que je n’avais jamais couché avec un homme et ils voulaient savoir si j’étais encore vierge. Ils ont essayé de me forcer, mais ils n’ont pas réussi, parce que j’étais plus forte qu’eux. Nous nous sommes battus, puis je suis rentrée chez moi. Je ne leur parle plus. Maintenant, je cherche des amis qui ne soient ni des barbares, ni des criminels, mais des gens qui me comprennent.
J’ai été choquée quand j’ai entendu parler de cette nouvelle loi contre l'homosexualité. Je voudrais qu’ils nous laissent tranquilles. Nous sommes des personnes, comme tout le monde. C’est Dieu qui nous a créés. Ce n’est pas une loi qui nous changera.







