VI. Contexte
Factions et politiques au Tchad
Depuis que le pays est devenu indépendant de la France en 1960, une succession de gouvernements corrompus, auteurs d’abus et n’ayant pas à répondre de leurs actes, ont porté atteinte aux droits des citoyens tchadiens de choisir librement leurs dirigeants. [1] Dans la culture politique tchadienne violente et minée par les factions, les préoccupations de l’opposition s’expriment souvent par le biais de groupes rebelles anti-gouvernementaux, généralement organisés selon des critères ethniques. [2]
Depuis que le président tchadien Idriss Déby Itno est arrivé au pouvoir lors d’un coup d’Etat en 1990, il s’est régulièrement servi du clientélisme présidentiel pour acheter le soutien de seigneurs de guerre et de chefs de clans qui constituent la base du pouvoir politique au Tchad. En mars 2007 le chef rebelle tchadien Mahamat Nour Abdelkerim s’est vu attribuer le ministère de la Défense, moins d’un an après que son parti le Front uni pour le changement(FUC) ait combattu les troupes du gouvernement dans les rues de la capitale. Le clientélisme prend souvent la forme d’un paiement en liquide, communément appelé « l’enveloppe ». Par exemple, en décembre 2006, des fonds publics s’élevant à 60 000 CFA (13 000 USD) ont été offerts à chacun des 19 chefs de tribus nomades arabes de la sous-préfecture d’Abougoudam, au sud-ouest d’Abéché, après une campagne de recrutement effectuée par les chefs paramilitaires soudanais. Un des chefs de tribu a déclaré : « La situation militaire est peut-être calme, mais la guerre des enveloppes continue toujours, et c’est une guerre qui est très difficile à livrer. » [3] Face à une insurrection menée par des membres de sa famille proche, le président Déby a lourdement investi pour acheter la loyauté de membres de son propre groupe ethnique Zaghawa. [4]
Un système de gratification qui récompense la loyauté mais aussi la trahison perpétue les conflits au Tchad, cependant que des alliances reposant sur l’appartenance ethnique de part et d’autre des frontières contribuent également à déstabiliser le Darfour. Le gouvernement tchadien subventionne des groupes rebelles soudanais tels que le Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), une faction à dominante zaghawa qui a fini par tenir un rôle central dans la défense nationale au Tchad. Le ministre tchadien de la Défense Mahamat Ali Abdullah, un Zaghawa appartenant au même sous-clan Kobe qui domine le JEM, a fourni le JEM en véhicules utilisés pour un raid en mai 2008 qui s’était étendu jusqu’aux banlieues de Khartoum. [5]
Le gouvernement soudanais quant à lui soutient des groupes rebelles tchadiens qui comptent parmi eux de nombreux ressortissants tchadiens recrutés dans les rangs des milices janjawids au Darfour. [6] L’opportunisme explique en partie cette fluidité entre les groupes armés, mais les problèmes liés à la terre sont communs aux groupes rebelles tchadiens et aux milices janjawids. Les rebelles arabes tchadiens constituent l’épine dorsale du Rassemblement arabe (en anglais Arab Gathering) et de la Légion islamique, des groupes paramilitaires soutenus par la Lybie et basés au Darfour qui se sont concentrés sur la création de droits fonciers pour les Arabes dans les années 1970 et 1980. [7] Les rebelles de la CNT ont fondé l’Association des Arabes tchadiens pour l’alphabétisation, la sédentarisation et la solidarité (AATASS), afin d’encourager l’établissement permanent de nomades arabes, en vue d’une amélioration de l’accès à la santé et à l’éducation.
« La guerre ethnique » au Dar Sila, 2005 à 2007
Le Dar Sila, une région administrative au sud-est du Tchad, [8] fut la scène de violences paramilitaires importantes entre 2005 et 2007 qui firent des centaines de victimes parmi les civils, une série de massacres désignés localement comme « La guerre ethnique » . [9] La cause immédiate des violences n’était pas tellement l’hostilité ethnique mais une communauté d’intérêts entre les milices janjawids soudanaises, les groupes rebelles tchadiens et les communautés au Dar Sila ayant des griefs exploitables.
De par le fait que la région a une terre riche et une nappe phréatique abondante permettant à certains agriculteurs de récolter deux productions à chaque saison de culture , le Dar Sila a attiré les IDP au milieu des années 1980 où une grave sécheresse a forcé 10 pour cent de la population tchadienne à fuir leurs foyers . [10] Les chefs de canton, dirigeants traditionnels chargés de collecter les impôts et de résoudre les litiges, ont dirigé les victimes de la sécheresse vers des parcelles de terres cultivées et des pâturages conformément au droit coutumier qui réservait les droits à la propriété de la terre aux membres de communautés locales, désignés localement comme les autochtones. [11]
L’extinction de grandes quantités de bétail au cours des années de sécheresse a forcé de nombreux nomades arabes arrivant au Dar Sila à se tourner vers l’ agriculture afin de survivre, ce qui a fait de l’accès à la terre avec une sécurité d’occupation un problème particulièrement aigu. [12] Les Ouaddaïens, une tribu d’agriculteurs non-arabes qui est arrivée au Dar Sila en grand nombre pendant les années de sécheresse, a tenté de contester le régime coutumier de la terre qui les empêchait d’acquérir des droits de propriété au Dar Sila. En 1993, les migrants ouaddaïens ayant fui la sécheresse ont cherché à obtenir un système administratif qui aurait transféré au Dar Sila les droits à la terre dont ils auraient bénéficié dans leurs régions d’origine. Comme l’a expliqué un chef de village Dajo à Human Rights Watch, le plan a été vigoureusement rejeté par les Dajos locaux :
Jusqu’en 1993 nous avons vécu ensemble sans aucun problème. Mais ensuite les Ouaddaïens ont dit : « Maintenant, le Dar Sila —ce serait mieux de l’appeler le Dar Ouaddaï. Ça ne devrait plus s’appeler le Dar Sila. » C’était de la provocation . [13]
Le statut des Ouaddaïens au Dar Sila s’est d’autant plus détérioré lorsqu’ils ont commencé à payer les taxes sur leurs concessions terriennes directement au sultan, la plus haute autorité coutumière au Dar Sila, mettant hors circuit les chefs de canton locaux en signe de protestation. [14] Un agriculteur ouaddaïen de 54 ans qui a fui les conditions de la sécheresse à Abéché pour le Dar Sila en 1985 se rappelle :
Les Dajos sont venus vers nous et ont dit : « Pourquoi êtes-vous venus ici ? » Nous leur avons répondu : « à cause de la sécheresse». Les Dajos ont dit : « Votre ventre est plein à présent. Il est temps pour vous de retourner là d’où vous êtes venus. » Nous sommes venus ici et avons débroussaillé et cultivé la terre il y a de ça plus de 20 ans, et maintenant les Dajos nous disent qu’il faut qu’on rentre chez nous ? Nous ne pouvons l’accepter. [15]
Les tensions entre les migrants ayant fui la sécheresse et les autochtones au sujet de l’accès à la terre dans les années 1980 et 1990 étaient entrain de démanteler la structure sociale du Dar Sila, une situation qui a été exploitée au début du siècle à des fins de recrutement par une alliance d’acteurs armés venant des deux côtés de la frontière Tchad-Soudan. L’une des clés des alliances paramilitaires transfrontalières était Mahamat Tahir Nouradine, un chef arabe Nowaybe de Modoyna qui avait mené les colons Nowaybes jusqu’à la périphérie de la ville de Goube dans la région Wadi Saleh au Darfour Occidental en 2004. [16] A l’époque, Goube était une base d’opérations pour le commandant janjawid Abdullah Ahmad Shinebad, un Arabe Beni Halba, ainsi que pour le chef rebelle tchadien Hassan Saleh Al Gadam al-Djinnedi, un Arabe Hemat qui a réparti des éléments de son mouvement la Concorde nationale du Tchad (CNT) entre Goube et la ville voisine de Tandousa. [17]
Depuis Goube, des Arabes Nowaybes dirigés par Mahamat Tahir Nouradine ont conduit une campagne de recrutement au Dar Sila pour les groupes de milices qui deviendraient les Janjawids tchadiens, lançant un appel aux armes qui trouva écho parmi les groupes sans terre dont les nomades arabes, les Ouaddaïens et d’autres membres de groupes ethniques non-arabes ayant migré au Dar Sila au cours des années de sécheresse, tels que les Mimis . [18] Grâce aux armes fournies par Hassan al-Djinnedi, [19] les Janjawids tchadiens étaient prêts à dévaster l’est du Tchad. [20] Les attaques de milices transfrontalières contre des civils au Tchad débutèrent juste après un raid du 25 septembre 2005 près de la ville de Modoyna qui a été liée Hassan al-Djinnedi, et qui a entraîné la mort d’au moins 60 civils. [21] La milice dirigée par Mahamat Tahir Nouradine a été liée à des attaques contre les civils dans la zone frontalière immédiate fin 2005, notamment des raids menés en septembre contre les villages de Khadera, Agnata, Am Deguel et Djerena, et en novembre contre Taroura, Tireya, Koumou et Abiribiri. [22] Les opérations des groupes rebelles coïncidaient souvent avec des attaques contre les civils par les milices janjawids tchadiennes, surtout celles menées par Mahamat Nour Abdelkerim. [23]
Des attaques de représailles menées par les milices locales « Tora Bora » (groupes d’autodéfense communautaires recevant divers degrés de soutien de la part du gouvernement tchadien) ont visé des civils arabes et ouaddaïens suspectés de complicité dans les attaques janjawids. Les soldats du gouvernement ont fait peu pour protéger les civils de ces exactions, et dans de nombreux cas ont été eux-mêmes responsables d’exactions. En août 2007, les chercheurs de Human Rights Watch ont reçu 43 rapports distincts de meurtres, d’actes de torture et d’arrestations arbitraires commis par des soldats de l’ Armée nationale tchadienne (ANT ) et des groupes paramilitaires alliés menant des opérations contre les rebelles arabes tchadiens avec le CNT au Dar Sila. [24]
La Mission de l’ONU au Tchad
A l’apogée des violences commises par les milices à l’est du Tchad en décembre 2006, Kofi Annan, qui était alors Secrétaire général des Nations Unies, a présenté les grandes lignes d’une force de protection des civils capable de défendre les droits humains à l’est du Tchad et d’appuyer des pourparlers de paix au Tchad et dans toute la région. [25] Le président Déby était fermement opposé à un rôle de pacification pour l’ONU, une position néanmoins soutenue par la France au Conseil de sécurité. [26] Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi n’était pas du tout à l’aise quant au déploiement des troupes de l’ONU dans la région. En conséquence, la résolution 1778 du Conseil de sécurité de l’ONU, approuvée en septembre 2007, a établi une présence multinationale au Tchad qui ne comprenait pas de soldats de maintien de la paix et qui ne détenait pas de mandat politique. La Mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) comprenait des observateurs des droits humains et des conseillers juridiques pour promouvoir l’Etat de droit, une section des affaires civiles et politiques pour favoriser la réconciliation locale et une unité de policiers pour aider à professionnaliser le système carcéral, mais pas de troupes de combat. Au lieu de casques bleus, la Force militaire de l’Union européenne dans l’est du Tchad et dans le nord-est de la République Centrafricaine (EUFOR Tchad/RCA) comprenait le bras armé de la force. [27]
En septembre 2008, la résolution 1834 du Conseil de sécurité a prorogé le mandat de la MINURCAT de six mois. [28] En janvier 2009, la résolution 1861du Conseil de sécurité de l’ONU a remplacé les 3 400 soldats EUFOR au Tchad par 5 200 soldats de maintien de la paix de l’ONU et a prolongé d’un an le mandat de la force, jusqu’au 15 mars 2010. [29]
Nature et ampleur des déplacements internes
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA)indique que 166 718 civils ont été déplacés dans l’est du Tchad à avril 2009, même si le vrai chiffre est probablement plus élevé, considérant que seulement une poignée de villages dans les sous-préfectures d’Adé, Modoyna et Mongororo ont été étudiés à cause de l’insécurité. [30]
Les attaques contre des civils perpétrées par les milices au Dar Sila ont provoqué deux types distincts de déplacement interne. Les D ajos, les Massalits et d’autres IDP non-arabes se sont généralement enfuis vers la périphérie de grandes villes où les soldats du gouvernement et les travailleurs humanitaires maintiennent une présence active. Au moins 110 000 IDP sont concentrées à l’intérieur et autour des villes de Goz Beida, Koukou-Angarana et Dogdoré, la plupart d’entre elles n’étant pas Arabes. [31] Par peur des représailles, les Arabes, les Ouaddaïens et d’autres groupes associés avec les Janjawids tchadiens ont eu tendance à chercher refuge dans des zones rurales et éloignées, laissant beaucoup d’entre eux hors de portée des organismes humanitaires. Les membres de ces groupes sont parfois appelés les déplacés « non officiels » ou « invisibles » par les travailleurs humanitaires. [32]
[1] L’unique chef d’Etat tchadien à avoir été élu au cours d’élections libres et équitables était François Tombalbaye, le premier président tchadien, qui a été assassiné par des membres de ses forces armées en 1975.
[2] A propos du sectarisme au Tchad, voir Roy May et Simon Massey, « The Chadian Party System: Rhetoric and Reality », Democratization, Vol. 9, No. 3, automne 2002, pp. 72-91; et René Lemarchand, « Chad: The misadventures of the north-south dialectic », African Studies Review, No. 29 (3), 1986, pp. 27-41.
[3] Un seul chef de tribu a accepté l’offre. Entretien de Human Rights Watch, Goz Beida, Tchad, 4 août 2007.
[4] Timan Erdimi, le neveu du Président Déby, dirige l’Union des forces de la résistance (UFR), une coalition de huit groupes rebelles tchadiens qui ont combattu les forces gouvernementales à l’est du Tchad en mai 2009.
[5] Entretien de Human Rights Watch avec un rebelle ayant participé aux attaques d’Omdurman, N’Djamena, Tchad, 5 juin 2008.
[6] A propos des origines tchadiennes des Janjawids, voir Julie Flint et Alex de Waal, Darfur: A Short History of a Long War, (Londres, UK: Zed Books, 2005); et Ali Haggar, « The Origins and Organization of the Janjaweed in Darfur », dans War in Darfur and the Search for Peace, (Global Equity Initiative, Harvard University, 2007). La plupart des Arabes tchadiens dans les Janjawids venaient à l’origine des régions de l’Ouaddaï et de Salamat à l’est du Tchad. Jérôme Tubiana, « Darfour, un conflit pour la terre ? » Politique Africaine, No. 101, mars-avril 2006, p. 117. Sur l’esprit d’entreprise militaire, voir Marielle Debos, « Les limites de l’accumulation par les armes. Itinéraires d’ex-combattants au Tchad », Politique Africaine, no. 109, mars 2008, pp. 167-181.
[7] Julie Flint et Alex de Waal, Darfur: A Short History of a Long War, (Londres, UK: Zed Books, 2005), p. 53. Acheikh Ibn Oumar, qui a dirigé les unités tchadiennes de la Légion islamique, est actuellement un des dirigeants de l’Union des forces pour la démocratie et le développementfondamental (UFDD-F). Entretien de Human Rights Watch, chef de tribu arabe, N’Djamena, Tchad, 13 février 2009.
[8] Le Dar Sila est scindé en deux départements administratifs : le Djourf al-Ahmar, qui comprend les sous-préfectures de Am Dam, Magrane et Haouich; et le Kimiti, qui comprend les sous-préfectures de Goz Beida, Kerfi, Adé, Modoyna, Koukou-Angarana, Mongororo et Tissi.
[9] Les violences sont détaillées dans les rapports de Human Rights Watch : LeDarfour saigne : Les récentes violences transfrontalières au Tchad, no.2, février 2006, http://www.hw.org/backgrounder/africa/chad0206/; Human Rights Watch,Violence au-delà des frontières : La crise des droits humains dans l’est du Tchad, no. 4, juin 2006, http://www.hrw.org/backgrounder/africa/chad0606/; Human Rights Watch, « Ils sont venus pour nous tuer: Attaques de milices et agressions ethniques contre les civils à l’est du Tchad », vol. 19, no. 1(A), janvier 2007, http://hrw.org/reports/2007/chad0107/.
[10] U.S. Committee for Refugees (Comité américain pour les réfugiés), « When Refugees Won’t Go Home: The Dilemma of Chadians in Sudan », juin 1987. A partir de la fin des années 1960, le Sahel est entré dans une période de sécheresse à long terme sans précédent dans les annales, avec une baisse des précipitations de plus de 20 pour cent en moyenne entre 1970 et 1990. Nick Brooks, « Drought in the African Sahel: Long-Term Perspectives and Future Prospects », Working Paper No. 61, Tyndall Centre for Climate Change Research, octobre 2004. La population du Dar Sila a doublé au cours d’une sécheresse de 1912 à 1915, alors que les régions du nord ont perdu 65 pour cent de leur population. Lidwien Kapteijns, Mahdist Faith and Sudanic Tradition: History of Dar Masalit, 1870-1930, (Leiden: Kegan Paul International, 1985), pp. 192-93.
[11] Les groupes considérés comme autochtones au Dar Sila incluent ceux représentés par neuf chefs de canton non-arabes (Massalit, Kadjaska, Moube et six Dajo) et onze chefs de tribu arabe (Hemat, Imar Hemat, Nowaybe Samra, Nowaybe Jamoul, Salamat, Borno, Sharafa, Beni Hassan, Misseriya, Guindil et Awatfee). Entretien de Human Rights Watch, Sultan du Dar Sila, Goz Beida, Tchad, 25 octobre 2006.
[12] Les bergers ont été obligés de vendre leurs animaux à une fraction de leur valeur, désorganisant l’industrie du bétail. Les chiffres du cheptel au Tchad se sont effondrés au début de la sécheresse, passant de 4,7 millions de têtes en 1972 à 2,9 millions en 1974. Robert O. Collins et J. Millar Burr, Darfur: The Long Road to Disaster, p. 126.
[13] Entretien de Human Rights Watch, site IDP de Gourounkoum, Tchad, 14 novembre 2007.
[14] Les taxes rurales sont collectées au niveau du village par les chefs devillage, qui remettent les recettes aux chefs de canton, qui à leur tour les envoient au sultan.
[15] Entretien de Human Rights Watch, Takhasha, Tchad, 2 août 2007.
[16] L’ONU a signalé la présence de 1 200 réfugiés arabes nowaybes tchadiens près de Goube qui ont été intégrés au sein de la communauté d’accueil. « UNHCR Sudan Operations no. 75 », Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) Situation Update, 24 juin 2007, http://www.unhcr.org/cgi-bin/texis/vtx/home/opendoc.pdf?tbl=SUBSITES&id=469f65272 (consulté le 15 avril 2009).
[17]Les Dajos, les premiers colons du Dar Sila, ont livré une guerre sanglante contre la coalition de Benis Halbas et d’Arabes Hemat au 19ème siècle. Entretien de Human Rights Watch, Sultan du Dar Sila, Goz Beida, Tchad, 25 octobre 2006.
[18] Ils incluent l’oncle de Mahamat Tahir, Wali Nouradene, et Adam Bayteh, ancien troubadour appartenant au groupe ethnique Fellayte, qui ont occupé une position dans la hiérarchie de Nowaybe. Entretiens de Human Rights Watch, chefs de tribu Dajo, Goz Beida, Tchad, 12-14 août 2007. Voir aussi l’annexe II.
[19] Entretien de Human Rights Watch, Mahamat Nour Abdelkerim, lieu confidentiel, 14 novembre 2008.
[20] Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, (OCHA), « Sources of violence, conflict mediation and reconciliation: a socio-anthropological study on Dar Sila », rapport de Christine Pawlitzky et Babett Jánszky, juillet 2008, http://minurcat.unmissions.org/Portals/MINURCAT/English_final_revised.pdf (consulté le 22 avril 2009).
[21] Entretien de Human Rights Watch, chef tribal arabe tchadien, Abougoudam, Tchad, 22 août 2007; Entretien de Human Rights Watch, chef paramilitaire arabe soudanais, N’Djamena, Tchad, 20 février 2008; et Conseil de sécurité de l’ONU, « Report of the Panel of Experts established pursuant to paragraph 3 of resolution 1591 (2005) concerning the Sudan », S/2006/65, 30 janvier 2006, http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N05/632/74/PDF/N0563274.pdf?OpenElement (consulté le 15 avril 2009), p. 77.
[22]Entretiens de Human Rights Watch, chefs de tribus non-arabes, Koloye, Tchad, 27-29 janvier 2006; Entretiens de Human Rights Watch, chefs de tribus non-arabes, Goz Beida, Tchad, 19 juin 2008.
[23] « The Chad-Sudan Proxy War and the ‘Darfurization’ of Chad: Myths and Reality », Jérôme Tubiana, Small Arms Survey Human Security Baseline Assessment Working Paper, 12 avril 2008, p. 33, http://www.smallarmssurvey.org/files/portal/spotlight/sudan/Sudan_pdf/SWP%2012%20Chad%20Sudan%20Proxy%20War.pdf (consulté le 6 août 2008). Mahamat Nour a reçu 100 cartes pour téléphones satellites, du carburant, de la nourriture et de l’argent du chef janjawid Abdul Rahim Ahmad Mohamma, un Arabe Mahariya connu sous le nom de « Shukartallah », la veille de l’attaque qu’il a menée le 18 décembre 2005 contre Adré. Communication confidentielle de Human Rights Watch.
[24] Entretiens de Human Rights Watch, est du Tchad, 16 au 22 août 2007.
[25] Conseil de sécurité de l’ONU, « Report of the Secretary-General on Chad and the Central African Republic pursuant to paragraphs 9(d) and 13 of Security Council Resolution 1706 (2006) », S/2006/1019, 22 décembre 2006, http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N06/682/07/PDF/N0668207.pdf?OpenElement (consulté le 15 avril 2009), p. 11.
[26] Communication confidentielle de Human Rights Watch, 26 janvier 2009.
[27] Conseil de sécurité de l’ONU, Résolution 1778 (2007) S/RES/1778 (2007), http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N07/516/15/PDF/N0751615.pdf?OpenElement (consulté le 15 avril 2009).
[28] Conseil de sécurité de l’ONU, Résolution 1834 (2008), S/RES/1834/2008, http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N08/519/03/PDF/N0851903.pdf?OpenElement (consulté le 15 avril 2009).
[29] 300 soldats supplémentaires de la MINURCAT ont été autorisés à se déployer vers Birao dans le nord-est de la RCA. Conseil de sécurité de l’ONU, Résolution 1778 (2007); et Conseil de sécurité de l’ONU, Résolution 1861 (2009), S/RES/1861/2009, http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N09/208/44/PDF/N0920844.pdf?OpenElement (consulté le 12 mars 2009).
[30] OCHA, “Eastern Chad—IDP Figures,” carte OCHA, 30 avril, 2009, http://www.reliefweb.int/rw/fullMaps_Af.nsf/luFullMap/AD5B987823B17FF0852575CC0057330D/$File/map.pdf?OpenElement (consulté le 14 juin 2009). INTERSOS, une ONG italienne, a réalisé une enquête sur l’axe Adé-Koloye dans la sous-préfecture de Koloye, les alentours d’Awil Rado et de Hadjer Beida dans la sous-préfecture de Modoyna, et la zone de Goz Arbaine dans la sous-préfecture de Mongororo. Human Rights Watch, correspondance électronique avec des membres d’INTERSOS, 5 mai 2009.
[31] A mars 2009, 41 897 IDP étaient situés aux alentours de Goz Beida, 40 603 autres à proximité de Koukou-Angarana, et environ 27 500 à Dogdoré. UNHCR, « Réfugiés soudanais et déplacés internes (IDP) à l’est du Tchad, Statistiques du 31 Mars 2008 », carte de l’UNHCR, 31 mars 2009.
[32] Entretien de Human Rights Watch, travailleurs humanitaires internationaux, Goz Beida, Tchad, 10 au 15 juin 2008.







