16 février 2009

III. Méthodologie

Début décembre 2008, les chercheurs de Human Rights Watch se sont rendus à Yambio, au Soudan, pour recueillir des informations sur les attaques perpétrées contre les civils au Congo et au Soudan en septembre, octobre et novembre 2008. Ensuite, accompagnés d'un collègue de l'organisation congolaise des droits humains Justice Plus, ils se sont déplacés dans le nord-est du Congo afin de rassembler des informations sur les tueries de décembre et de janvier, dix jours après que les pires massacres se furent produits et alors que des attaques sporadiques avaient encore lieu dans la région. Ils ont interrogé des dizaines de victimes, des témoins, des enfants et des adultes qui avaient échappé à un enlèvement de la LRA, des combattants de la LRA capturés, des groupes de la société civile, des représentants des autorités gouvernementales congolaises, des fonctionnaires de l'ONU, ainsi que des responsables militaires congolais, ougandais et de la MONUC. Ils ont visité les lieux où des tueries avaient été commises, notamment ceux des massacres de Batande et de Faradje, et ont aidé à rassembler les preuves matérielles présentes sur l'un de ces lieux. Avec le concours de membres de la société civile locale, Human Rights Watch a dressé des listes de personnes tuées ou enlevées par la LRA. Ces listes sont jointes en annexe au présent rapport.

Human Rights Watch a focalisé ses recherches sur les attaques menées dans trois régions du nord-est du Congo limitrophes du Parc national de la Garamba [1] : la région de Doruma située à l'ouest du parc et à proximité de la frontière avec la République centrafricaine (RCA) et le Sud-Soudan ; Faradje, au sud-est du parc; et la région de Duru, à l'ouest du parc et proche de la frontière avec le Sud-Soudan (voir carte page 2).

[1] La Garamba, l'un des premiers parcs nationaux d'Afrique, est adjacente au Parc national de Lantoto au Soudan et est entourée au sud, à l'est et à l'ouest par les domaines de chasse de Gangala-na-Bodio, Mondo Missa et Azandé. La superficie totale du Parc de la Garamba et des domaines est de 12 427 kilomètres carrés. Dans le présent rapport, le terme Parc national de la Garamba désigne à la fois les domaines de chasse et le parc national proprement dit. La Garamba constitue le seul habitat naturel restant au monde pour le rhinocéros blanc, une sous-espèce en grand danger d'extinction. Fondation African Parks, Parc National de la Garamba, Rapport annuel 2006 (http://www.african-parks.org/apffoundation/index.php?option=com_docman&task=doc_view&gid=10).