16 février 2009

IX. Les actions internationales récentes contre la LRA

L'échec du processus de paix

Après l'opération manquée de la MONUC dans le Parc national de la Garamba début2006, la communauté internationale a examiné de plus près la possibilité d'une solution négociée pour résoudre le problème de la LRA. À la mi-2006, Riek Machar, vice-président du gouvernement du Sud-Soudan, s'est proposé pour servir de médiateur entre la LRA et le gouvernement ougandais. Les bailleurs de fonds et les diplomates se sont réjouis de cette initiative et ont commencé à appuyer ce qui a par la suite été connu sous le nom de processus de paix de Juba. Le 4 décembre 2006, cherchant à soutenir les efforts de paix, le Secrétaire général de l'ONU a nommé l'ancien président mozambicain, Joaquim Chissano, au poste d'envoyé spécial dans le nord de l'Ouganda et au Sud-Soudan.

Le processus de paix a soulevé quelques controverses. Bon nombre de civils du nord de l'Ouganda ont accueilli favorablement l'initiative et les pourparlers ont contribué à un certain degré de stabilité que cette région n'avait pas connu depuis des décennies. Mais ils ont également compliqué l'arrestation des commandants recherchés par la CPI, retardé l'action militaire contre la LRA au Congo et offert aux rebelles l'occasion de se réapprovisionner.

Les bailleurs de fonds européens, entre autres l'Autriche, le Danemark, la Suède et la Suisse, ont été les premiers à soutenir les pourparlers de paix. Afin d'encourager la coopération de la LRA dans le processus, les bailleurs ont accepté de verser une prime aux membres de la LRA qui participaient aux négociations et de procurer une aide alimentaire aux autres membres afin de décourager les forces de la LRA de piller les communautés civiles. Les bailleurs ont essuyé des critiques pour avoir fourni trop de nourriture, leur contribution initiale permettant de distribuer des vivres à environ 5000membres de la LRA, cette distribution s'étant ensuite réduite à 3000personnes. Certains estiment toutefois que ces chiffres sont bien au-dessus du nombre réel d'effectifs de la LRA. Les critiques ont affirmé que les vivres étaient stockés et peut-être aussi utilisés pour financer le réarmement de la LRA mais les bailleurs ont insisté sur le fait que l'aide alimentaire servait à dissuader les pillages et à encourager les négociations. [126]

Il se peut que les fragiles pourparlers de paix aient contribué aux tentatives faites pour minimiser les violations incessantes des droits humains commises par la LRA, par crainte de perturber le processus de paix. Lorsque la LRA a lancé sa campagne d'enlèvements en RCA et au Sud-Soudan en février et mars 2008, certains diplomates auraient tenté de minimiser l'importance des exactions rapportées par les agences humanitaires. [127] Un rapport d'évaluation sur le terrain rédigé par l'OCHA suite à une mission dans les régions de RCA attaquées par la LRA n'a jamais été rendu public et n'a été distribué que de façon limitée. Ce rapport signalait que les exactions avaient été perpétrées par les membres d'un groupe armé portant des uniformes militaires, dont certains étaient probablement ougandais, mais il évitait délibérément de mentionner que les attaquants étaient de la LRA. [128] Lorsque les bailleurs ont effectivement été mis au courant des exactions de la LRA, ils ont suspendu l'aide alimentaire pendant deux mois mais ils ont repris les approvisionnements lorsque les pourparlers de paix ont recommencé en avril 2008. [129] De plus en plus, certains États membres de l'Union européenne ont cessé de croire que les pourparlers de paix aboutiraient.

En mai 2008, la CPI a appelé les bailleurs de fonds internationaux à mettre un terme à l'aide alimentaire, affirmant que les approvisionnements constituaient un soutien pour Kony et les autres personnes inculpées par la CPI. [130] Les bailleurs ont poursuivi l'aide alimentaire jusqu'en novembre 2008, lorsque Kony, une nouvelle fois, ne s'est pas présenté pour signer l'accord de paix. Le soutien des bailleurs au processus de paix s'est évaporé.

Les États-Uni s

Sous le Président George W. Bush, l'administration américaine a inscrit la neutralisation de la LRA à l'ordre du jour de la politique antiterroriste américaine dans la région des Grands Lacs. [131] Tout en n'étant pas un État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), les États-Unis ont apporté un soutien pour appréhender les dirigeants de la LRA visés par les mandats d'arrêt de la CPI. En 2001, la LRA a été ajoutée à la liste d'organisations terroristes du gouvernement américain, liste dressée par le Département d'État américain et reprenant les groupes qui soit commettent des activités terroristes, soit fournissent un soutien aux groupes qui commettent ce type d'activités. [132] Le 29 août 2008, le ministère des finances américain a ajouté le dirigeant de la LRA, Kony, à sa liste des « terroristes internationaux spécialement désignés», une mesure qui interdit aux citoyens américains de traiter avec Kony et gèle tous les avoirs que le chef rebelle peut avoir dans des institutions américaines. [133]

 

Alors que les États-Unis appuyaient les négociations de Juba, beaucoup de responsables américains ont exprimé des doutes quant à la possibilité de voir Kony signer un accord de paix. Sceptique à propos des pourparlers de paix, le gouvernement américain a été l'un des premiers à soutenir l'idée d'une opération militaire régionale visant à neutraliser la LRA si les pourparlers venaient à échouer. Les responsables américains ont encouragé les Présidents Museveni et Kabila à discuter d'une coopération bilatérale lors d'une réunion de la commission Tripartite Plus Un en septembre 2007. Même si à l'époque, Kabila a rejeté la demande faite par l'Ouganda de pouvoir envoyer des troupes de l'autre côté de la frontière pour attaquer la LRA, les deux dirigeants ont signé l'accord de Ngurdoto portant sur un éventail de questions économiques et militaires, notamment l'engagement pris par le Congo d'élaborer un plan visant à neutraliser la LRA et autres «forces négatives». [134] Bien que l'accord n'ait pas été mis en œuvre immédiatement, il a jeté les bases tout d'abord de l'Opération Rudia et ensuite de l'Opération Coup de tonnerre, lancée en 2008. [135]

L'opposition de Kabila à toute opération impliquant la participation des troupes ougandaises a fléchi sous les pressions considérables exercées par les États-Unis, en particulier suite aux attaques de la LRA contre les forces et les civils congolais en septembre 2008. [136] Les États-Unis ont également joué un rôle majeur en persuadant le Sud-Soudan de se joindre à l'opération contre la LRA.

Après que Kony ne se fut pas présenté pour signer l'accord de paix le 29 novembre 2008 et que l'Opération Coup de tonnerre eut été lancée, les États-Unis ont fourni un soutien important à l'opération sur le plan technique et logistique ainsi qu'au niveau des renseignements et de la planification. [137] L'influence américaine a peut-être été essentielle dans le sens où grâce à elle, la libération des personnes enlevées figure en bonne place parmi les objectifs de l'opération. [138] Les tentatives de libération des femmes et des enfants se trouvant dans le camp de Pilipili ont échoué, en partie à cause des mauvaises conditions climatiques et de la confusion régnant sur le plan logistique. En dépit de ces revers, les États-Unis demeurent un acteur clé pour le soutien de l'opération.

Les Nations Unies

La MONUC a pour mandat principal de protéger les civils mais elle dispose de ressources limitées, éparpillées sur un vaste territoire. Pendant la plus grande partie de l'année2008, les responsables de la MONUC se sont focalisés sur la situation dans les provinces du Kivu, dans l'est du Congo, gardant peu de capacités militaires pour s'occuper de la LRA basée dans une région reculée du nord du Congo. Bien que le Conseil de sécurité de l'ONU ait autorisé un renfort de 3000 effectifs supplémentaires pour la MONUC en novembre 2008, à ce jour, aucun pays ne s'est engagé à fournir les forces nécessaires. Par ailleurs, le nouveau mandat de la MONUC, prorogé par le Conseil de sécurité le 22 décembre, requiert que la MONUC donne la priorité absolue à la situation dans les deux Kivus et les membres du Conseil ont prié à plusieurs reprises la MONUC de déplacer la majeure partie de ses unités militaires vers l'est du Congo. Les responsables de la MONUC affirment que sans instructions claires du Conseil à propos d'une réorientation des priorités de la MONUC, les moyens disponibles pour gérer les problèmes causés par la LRA dans le nord du Congo seront maigres.

Les responsables de la MONUC n'ont pas participé à la planification ni à la mise en œuvre de l'Opération Coup de tonnerre et ils ignoraient même en grande partie les détails de l'opération. Ils ont été surpris lorsque les avions et hélicoptères ougandais ont commencé à arriver sur la piste aérienne de Dungu à la mi-décembre. Alan Doss, le Représentant spécial du Secrétaire général, a déclaré lors d'une conférence de presse, le 17 décembre, que la MONUC n'était pas «directement engagée dans les opérations» mais continuait à appuyer les FARDC sur le plan logistique comme elle l'avait fait lors de l'Opération Rudia. [139] Selon les diplomates, la MONUC a été laissée à l'écart de la planification pour réduire au minimum les fuites d'information avant les attaques aériennes du 14 décembre contre le camp de la LRA. [140]

Néanmoins, une fois que l'opération a été lancée, le manque de coordination avec la MONUC a continué. Les responsables de la MONUC ont confié aux chercheurs de Human Rights Watch que les armées ougandaise et congolaise n'avaient pas tenu la MONUC informée des plans opérationnels, ce qui a rendu difficile la protection des civils et le soutien logistique aux troupes congolaises. [141]

Lorsque la LRA a commencé à mener ses attaques simultanées contre les civils les 24 et 25décembre, la MONUC n'était pas en mesure de réagir. Avec seulement 200 hommes à Dungu, concentrés sur l'appui logistique et le génie, et aucun hélicoptère basé sur la piste aérienne de Dungu, elle ne pouvait guère faire grand-chose pour protéger les civils en danger si ce n'est publier un communiqué de presse appelant les forces militaires participant à l'opération conjointe à faire tout leur possible pour prévenir et arrêter les représailles exercées par la LRA contre la population civile. La MONUC a ajouté qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la protection des civils dans la région et faciliter l'aide humanitaire dans les limites de ses capacités étant donné la concentration de la plupart de ses ressources dans les Kivus. [142] Lorsque les informations ont commencé à filtrer à propos des massacres commis par la LRA sur une grande échelle, la MONUC a aidé à transporter des soldats de l'armée congolaise à Faradje le 26décembre. Suite à une demande d'assistance émanant de l'armée ougandaise le 29décembre, la MONUC a également aidé à transporter des troupes congolaises à Doruma. Dans les deux cas, les soldats sont arrivés trop tard pour arrêter les tueries, même si leur présence a peut-être contribué à prévenir d'autres attaques.

À la mi-janvier, la MONUC a envoyé quelques-uns de ses hauts responsables militaires à Dungu afin d'améliorer la coordination avec les officiers ougandais et congolais en charge des opérations et afin de fournir une meilleure protection aux civils.

Le soutien logistique de la MONUC aux FARDC consiste notamment à fournir aux soldats de l'armée congolaise des rations alimentaires et à payer leurs soldes. Ce soutien semble avoir réduit au minimum les exactions commises par ces soldats contre la population locale, contrastant fortement avec le comportement des soldats congolais dans d'autres régions du Congo.

Le 22 décembre, après le début de l'opération militaire mais avant les premières attaques de la LRA contre des civils, le Conseil de sécurité de l'ONU a publié une déclaration unanime félicitant les États de la région d'avoir renforcé leur coopération pour lutter contre la LRA. Le Conseil a invité l'Ouganda et ses alliés à mener l'offensive dans le respect du droit international humanitaire, à prendre les mesures voulues pour protéger les civils et à tenir les missions de l'ONU informées de leur action. Le Conseil a également rappelé les mandats d'arrêt de la CPI à l'encontre des dirigeants de la LRA et a souligné l'importance de la justice pour l'instauration d'une paix durable. [143]

Le 14 janvier, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, John Holmes, a informé le Conseil de sécurité à propos des attaques de la LRA et des conditions que cela entraînait. Dans une déclaration publiée suite à cette réunion d'information, le Conseil de sécurité a «condamné fermement les attaques perpétrées récemment» par la LRA et a «souligné que les responsables doivent être traduits en justice». [144] Holmes s'est rendu au Congo du 7 au 11 février pour voir de ses propres yeux les ravages provoqués par la LRA. À l'occasion d'interviews accordées à des journalistes, il a déclaré que l'opération militaire contre la LRA avait eu des conséquences «catastrophiques» pour les civils mais que l'opération devait être menée jusqu'au bout. [145]

La Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a également condamné les attaques de la LRA, les qualifiant de «monstrueuses», et a appelé à respecter les droits humains et le droit international humanitaire, ainsi qu'à réclamer des comptes pour les crimes commis. [146]

En dépit des manifestations d'horreur et d'inquiétude, très peu de soldats de l'ONU avaient été déployés à Dungu début février. Une deuxième équipe de génie a été envoyée pour aider à réparer les routes et des unités aériennes supplémentaires devaient suivre mais la base de la MONUC à Dungu n'avait toujours pas de capacités de réaction rapide suffisantes en cas d'urgence. [147] Le 3 février, le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a déploré le manque de réaction des pays contributeurs de troupes face à la demande de 3000casques bleus supplémentaires. Avec seulement quelques engagements minimaux pris et aucun renfort sur le terrain, la MONUC n'est pas plus capable aujourd'hui de protéger les civils aux Kivus et dans le Haut-Uélé qu'elle ne l'était lorsque la résolution autorisant le renfort de la force a été adoptée en novembre.

Et selon les dernières informations datant de début février, la LRA continue d'attaquer les villages et de tuer des civils.

[126]«ICC Calls for End to LRA Aid», Institute for War and Peace Reporting, 23 mai 2008. Entretien de Human Rights Watch avec un analyste international et des diplomates, Kampala, 20 et 23 janvier 2009.

[127] Entretien de Human Rights Watch avec un diplomate, 19 février 2008, et un analyste international, Kampala, 23 janvier 2009.  «UN As Defense Attorney for Lord's Resistance Army, Erasing LRA Even From Transcript, Francophony Notes», Inner City Press, New York, 29 mars 2008.

[128] Nations Unies, «Field Assessment Report: Abductions, lootings, rapes and unlawful use of child soldiers following armed attacks against civilians in the South-eastern Central African Republic», 22-25 mars 2008. En possession de Human Rights Watch.

[129] Entretien de Human Rights Watch avec des diplomates, Kampala, 20, 21 et 23 janvier 2009. Frank Nyakairu, «Money in the Juba Peace Talks», The Independent Magazine, Kampala, juin 2008.

[130] «ICC Calls for End to LRA Aid», Institute for War and Peace Reporting, 23 mai 2008. Entretien de Human Rights Watch avec un analyste international, Kampala, 23 janvier 2009 ; «Prosecutor calls for renewed efforts to arrest LRA leader Kony in wake of new attacks», communiqué de presse de la CPI, La Haye, 6 octobre 2008, http://www.icc-cpi.int/pressrelease_details&id=427&l=en.html.

[131] Entretiens de Human Rights Watch avec des diplomates, Kampala, 20-21 janvier 2009.

[133]«US Imposes Sanctions on LRA Leader», Institute for War and Peace reporting, 5 septembre 2008,  http://www.iwpr.net/?p=acr&s=f&o=346556&apc_state=henh (consulté le 22 janvier 2009).

[134] Accord de Ngurdoto-Tanzanie portant sur la coopération bilatérale entre la République démocratique du Congo et la République de l'Ouganda, septembre 2007, en possession de Human Rights Watch. «La Tripartite Plus déterminée à éradiquer les forces négatives», communiqué de presse de la MONUC, 18 septembre 2007, http://www.monuc.org/news.aspx?newsID=15438.

[135] Entretien de Human Rights Watch avec un analyste international, Kampala, 23 janvier 2009.

[136] Entretien de Human Rights Watch avec un analyste international et des diplomates, Kampala, 20 et 23 janvier 2009.

[137]Entretien de Human Rights Watch avec des diplomates, Ouganda, 20 janvier 2009. «U.S. Military Helped Plan and Pay for Attack on Ugandan Rebels», The New York Times, 7 février 2009.

[138]Entretien de Human Rights Watch avec des diplomates américains, Kampala, 20 janvier 2009.

[139]Division de l'Information publique de la MONUC, transcription de la Conférence de presse d'Alan Doss, chef de la MONUC, Kinshasa, 17 décembre 2008.

[140]Entretiens de Human Rights Watch avec des diplomates, Kampala, 20 janvier 2009.

[141]Entretien de Human Rights Watch avec un haut responsable de la MONUC, Dungu, 9 janvier 2009.

[142]Division de l'Information publique de la MONUC, La MONUC condamne les attaques de la LRA contre les civils à Faradje et appelle la coalition à prévenir les représailles, communiqué de presse, 26 décembre 2008.

[143]Conseil de sécurité des Nations Unies, «Déclaration du Président du Conseil de sécurité», S/PRST/2008/48, 22 décembre 2008, http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/N08/664/93/PDF/N0866493.pdf?OpenElement (consulté le 30 janvier 2009) ; «UN Council Backs Offensive against Uganda's LRA», Reuters, 22 décembre 2008.

[144]«Déclaration à la presse du Conseil de sécurité sur l'Armée de résistance du Seigneur», SC/9576, 16 janvier 2009, http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/SC9576.doc.htm  (consulté le 30 janvier 2009).

[145] «Uganda dismisses UN criticism over rebel hunt», Agence de presse Reuters, 10 février 2009.

[146]Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, «RDC: Navi Pillay s'inquiète pour les civils dans l'est du pays», 27 janvier 2009.

[147] Dans une lettre publique adressée à MSF le 6 février, le chef de la MONUC, Alan Doss, a écrit que la MONUC maintient une force de réaction rapide à Dungu pour les opérations spéciales. Il fait probablement allusion à une force temporaire qui a été déployée à Dungu il y a des mois pour aider à entraîner les soldats de l'armée congolaise. Au moment de la visite de Human Rights Watch, il n'existait aucune force de ce type et les responsables de l'ONU contactés par Human Rights Watch ont déclaré que la force de réaction rapide n'était pas présente à Dungu au moment de la rédaction du présent rapport. Correspondance électronique de Human Rights Watch avec des responsables de l'ONU, 7 février 2009.