11 décembre 2008

V. Exactions commises par les soldats de l'armée congolaise

Le 28 octobre, les soldats de l'armée congolaise ont abandonné leurs positions au sud de Rutshuru et ont fui vers le nord en direction de Kanyabayonga, passant par Rutshuru et Kiwanja, mettant à sac les villes et les villages. Ils ont pillé les maisons, les magasins, les centres de soins, les camps de personnes déplacées et les bureaux des organisations humanitaires internationales. Dans leur fuite, les soldats ont laissé derrière eux des fusils et d'autre matériel militaire, les jetant parfois le long de leur route.[61]

Craignant une attaque du CNDP, les habitants des villes tout comme de nombreuses personnes déplacées ont fui avec les soldats de l'armée congolaise. Les troupes ont même volé les biens de ces civils en fuite, parfois battant ou tuant ceux qui refusaient de se séparer de leurs possessions. Dépouillées même des biens minimes avec lesquels elles avaient prévu de subsister, certaines des victimes n'ont eu d'autre choix que de rentrer chez elles.[62]

Les soldats ont aussi forcé les civils à transporter les biens pillés. Selon un habitant de Kiwanja, des soldats de l'armée congolaise ont forcé un homme de 25 ans à transporter leurs bagages. Lorsqu'il n'a plus pu supporter le poids, les soldats lui ont tiré une balle dans la tête, le tuant.[63]

[61] Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Kiwanja et de Rutshuru, des représentants d'ONG congolaises et internationales, et des fonctionnaires de l'ONU, à Goma, Kibati et Kiwanja, novembre 2008.

[62] Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Kiwanja et de Rutshuru et des personnes déplacées, dont certaines ont été forcées de retourner à Kiwanja et Rutshuru après avoir été volées par des soldats de l'armée congolaise alors qu'elles tentaient de fuir, à Goma, Kibati et Kiwanja, novembre 2008.

[63] Entretien de Human Rights Watch avec un habitant de Kiwanja, Kibati, 25 novembre 2008.