20 mars 2013

Méthodologie

Les recherches relatives à ce rapport, ont été effectuées par trois organisations camerounaises – Alternatives-Cameroun, l'Association pour la Défense des Homosexuel-le-s (ADEFHO) et l’association Cameroonian Foundation for AIDS (CAMFAIDS) – et par une organisation internationale, Human Rights Watch.

Les recherches de base ont été effectuées en octobre 2012 et de janvier à février 2013. Les chercheurs se sont rendus à Yaoundé, Douala, Buéa, Kumba et Limbé et ont interrogé 14 des 26 personnes dont nous savions qu’elles avaient été poursuivies en justice pour homosexualité entre 2010 et 2012, dont cinq qui avaient été condamnées. Une personne a été interviewée dans un pays hors du Cameroun où elle a demandé l'asile. Les chercheurs se sont également entretenus avec des responsables de la police et du ministère de la Justice, des avocats, des universitaires, des membres d'organisations non gouvernementales camerounaises et internationales, des responsables des Nations Unies et des diplomates étrangers.

Les entretiens ont été menés en français ou en anglais par des chercheurs parlant couramment ces langues. Tous les entretiens ont été effectués sur une base volontaire. Personne n'a été payé pour fournir des informations destinées à ce rapport.

Les noms des victimes figurent dans le rapport dans la mesure où une procédure judiciaire contre elles est déjà tombée dans le domaine public et a déjà suscité l'attention des médias. Toutefois, ces victimes ont fourni certaines informations qui ne sont pas dans le domaine public, sur des questions comme les sévices subis en détention et les tentatives de la part de membres des forces de sécurité d'obtenir des pots-de-vin. Dans ces cas-là, et lorsque les victimes sont mineures, leurs noms ont été omis ou changés. Les noms d'autres victimes — celles qui n'étaient pas l'objet de procédures judiciaires publiques ou qui n'avaient pas été l'objet de l'attention des médias — ont été omis ou modifiés afin de préserver leur anonymat.

Une limitation à cette étude est le fait que les chercheurs n'ont été en mesure de visiter que trois des 10 régions du Cameroun : centrale, littorale et sud-ouest. Nous avons également reçu des informations et avons interviewé l'accusé d'un cas dans la province du sud. On ne sait pas si des poursuites judiciaires sur la base de l'article 347 bis ont eu lieu dans les six autres régions, qui sont essentiellement rurales.

Le ministère de la Justice n'a pas répondu aux demandes répétées de la part de Human Rights Watch de fournir de plus amples informations sur les affaires mentionnées dans son rapport de droits humains annuel.