VIII. Conclusion
Les nombreux vices de procédure ainsi que d’autres violations des droits humains qui touchent les personnes accusées de relations homosexuelles au Cameroun exigent une attention urgente. Le gouvernement camerounais devrait reconnaître que la loi est sujette à des abus généralisés.
Il existe de grandes contradictions entre le discours des agents des forces de l’ordre—comme lorsqu’ils prétendent que le seul objectif de la loi est de punir ceux qui se livrent à des rapports sexuels en public—et la réalité de l’article 347 bis en vertu duquel des personnes innocentes sont piégées, espionnées par leurs voisins, soumises à l’extorsion et à la corruption, battues par la police et les gendarmes, humiliées par des examens anaux sans valeur, violées en détention, reniées par leur parents à la suite des arrestations, et marquées émotionnellement par des confrontations traumatisantes avec les forces de l’ordre—et tout cela au nom de la justice.
Le président Biya devrait mettre un terme aux arrestations en vertu de l’article 347 bis, relâcher les personnes actuellement en prison sur la seule base de l’article 347 bis, et prendre des mesures immédiates pour modifier la loi.
Dépénaliser les rapports homosexuels consentis au Cameroun est un impératif juridique, et une étape indispensable à la restauration des droits et de la dignité pour une partie de la population camerounaise.








