XII. Les parties concernées au niveau national
Les parties concernées au niveau national qui appuient la lutte contre l’impunité peuvent être à même de jouer un rôle important en promouvant de réels progrès du côté des autorités gouvernementales et des acteurs judiciaires. En Guinée, deux des principales parties concernées sont les victimes et les associations de la société civile nationale, bien que la société civile guinéenne demeure faible et fracturée après des années de régime autoritaire. [187]
Comme expliqué aux chapitres II et III du présent rapport, les victimes des crimes perpétrés le 28 septembre ont exprimé leur désir profond de justice et se sont officiellement jointes à la procédure judiciaire en se constituant partie civile dans le cadre de l’instruction. [188] Ces efforts contribuent à créer le sentiment que la justice ne peut être reléguée au second plan et que les victimes réclameront justice jusqu’à ce qu’elle soit effectivement rendue.
La société civile guinéenne joue également un rôle majeur en insistant pour que justice soit faite ; les associations n’ont cessé d’appeler publiquement à la lutte contre l’impunité, et certains groupes de la société civile aident les victimes qui se portent partie civile dans le cadre de l’instruction. [189] Cependant, les autorités guinéennes ont fait obstacle à certaines initiatives lancées par la société civile, comme par exemple organiser une manifestation publique à l’occasion du deuxième anniversaire du massacre, des viols et autres exactions perpétrés le 28 septembre.
[187] Entretien de Human Rights Watch avec un expert international, Conakry, 24 juin 2012. Voir également AGNU, « Rapport de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme sur la situation des droits de l’homme en Guinée », A/HRC/16/26, 25 février 2011, paras. 19, 24, 33, 38.
[188]Voir également AGNU, « Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in Guinea », A/HRC/19/49, 17 janvier 2012, para. 5 ; FIDH-OGDH, « Guinée-Conakry 1 an après le massacre du 28 septembre 2009 : nouveau pouvoir, espoir de justice? », septembre 2010, http://www.fidh.org/IMG//pdf/Guineedcona546fconjOGDH.pdf (consulté le 6 septembre 2012).
[189]Entretien de Human Rights Watch avec un praticien du droit, Conakry, 23 juin 2012, et entretien avec un praticien du droit, Conakry, 19 juin 2012. Voir également AGNU, « Report of the United Nations High Commissioner for Human Rights on the situation of human rights in Guinea », A/HRC/19/49, 17 janvier 2012, para. 4.







