Méthodologie
Ce rapport s’appuie sur une mission de recherche de trois semaines menée en Côte d’Ivoire entre la fin du mois d’août et le début du mois de septembre 2012. Le travail a porté essentiellement sur la répression par les forces de sécurité dans le quartier de Yopougon à Abidjan et dans la ville de Dabou, à environ 40 kilomètres à l’ouest d’Abidjan.
Dans le cadre de ce travail sur le terrain, Human Rights Watch a interrogé 39 personnes qui ont été arrêtées et détenues en août ou en septembre 2012, ainsi que 14 témoins oculaires d’arrestations massives, de passages à tabac et d’autres abus. De plus, Human Rights Watch a mené des entretiens avec des conducteurs de véhicules de transport de marchandises et de passagers, des membres des familles de personnes toujours en détention, des chefs de file de la société civile ivoirienne, des représentants des organisations humanitaires, des représentants de la mission de maintien de la paix des Nations Unies en Côte d’Ivoire et des diplomates à Abidjan. Au total, Human Rights Watch s’est entretenu avec 84 personnes en lien avec la réponse des forces de sécurité aux attaques d’août.
Human Rights Watch a interrogé des victimes et des témoins dans des lieux choisis par ces derniers, y compris leur domicile, des églises et d’autres sites où ils se sentaient en sécurité pour parler ouvertement. Les victimes ont été identifiées grâce à des chefs de communauté, des voisins et d’autres victimes. Aucune mesure d’incitation n’a été proposée aux personnes interrogées pour discuter avec Human Rights Watch et il leur était possible de clore l’entretien à tout moment. Human Rights Watch n’a pas demandé à accéder aux sites de détention ; les informations contenues dans ce rapport s’appuient sur les entretiens avec des personnes détenues puis libérées. Human Rights Watch s’est abstenu de publier les noms des victimes et des témoins ou toute information permettant de les identifier afin de protéger leur vie privée et leur sécurité. La plupart des personnes interrogées ont parlé à la condition de ne pas être identifiées car elles craignaient des représailles de la part des militaires si ceux-ci venaient à apprendre qu’elles avaient parlé avec un chercheur de Human Rights Watch.
La description des événements s’appuie sur des informations corroborées par plusieurs sources directes, en particulier des victimes et des témoins oculaires. Avant de désigner un individu ou une unité de forces de sécurité comme responsable de certains crimes, Human Rights Watch s’est assuré que l’information était corroborée par plusieurs sources indépendantes, dont des victimes, des témoins et d’autres auteurs de violences présumés.
À l’issue de l’enquête sur le terrain en septembre, Human Rights Watch a fait part de ses conclusions principales au gouvernement ivoirien, notamment lors de réunions avec le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, et le ministre des Droits de l’Homme et des Libertés publiques, Gnénéma Coulibaly. Human Rights Watch apprécie l’ouverture constante du gouvernement quant aux réunions sur les questions des droits humains et salue les engagements pris par les deux ministres pour mener des enquêtes et répondre aux questions soulevées dans ce rapport.
Human Rights Watch a aussi adressé à Marcel Amon-Tanoh, directeur de cabinet de la présidence ivoirienne, un courrier daté du 8 octobre qui détaillait les conclusions principales du rapport et demandait une réponse officielle du gouvernement (voir Annexe I). M. Amon-Tanoh a transmis la demande au ministre des Droits de l’Homme et des Libertés publiques (voir Annexe II), qui a répondu à Human Rights Watch le 1er novembre. Human Rights Watch a intégré les réponses du gouvernement dans le corps du rapport et a aussi inclus la réponse dans son intégralité à l’Annexe III.








