Méthodologie
Ce rapport est basé sur des recherches effectuées en Belgique entre juillet 2011 et décembre 2011. Des entretiens sur le terrain ont été menés à Bruxelles, Anvers, Gand, Liège, Hasselt, Malines, Louvain et La Louvière. Human Rights Watch a réalisé 44 entretiens approfondis auprès de femmes victimes de violence intrafamiliale, notamment des migrantes en situation irrégulière, des migrantes en regroupement familial, des citoyennes belges et des résidentes de longue durée d'origine étrangère. 29 femmes étaient d’origine turque, kurde, marocaine et algérienne, tandis que les autres avaient immigré en provenance du Cameroun, du Congo, du Togo, du Ghana, d'Iran, du Brésil, de Bosnie-Herzégovine et de Macédoine. La femme la plus âgée avait 43 ans, la plus jeune avait 23 ans.
Les entretiens ont été réalisés en néerlandais ou en anglais par une chercheuse de Human Rights Watch et en français avec l'aide d'une traductrice. Les entretiens en arabe, kurde et turc ont eu lieu avec l'assistance de femmes interprètes fournies par les interviewées elles-mêmes ou par des personnes qui les aidaient. La majorité des entretiens ont eu lieu individuellement dans des lieux choisis par les femmes interrogées. Dans les rares cas où des enfants étaient présents, on a pris soin de minimiser le risque qu'ils entendent l'entretien.
Les personnes interrogées ont été identifiées avec l'aide du personnel des refuges, des travailleurs sociaux, des avocats, d’un médecin, ainsi que des ONG et des institutions qui fournissent des services aux femmes ou aux migrants. Toutes les femmes ont été informées du but de l'entretien, de son caractère volontaire, ainsi que de l’objectif et du caractère public de nos rapports, et elles ont été prévenues qu'elles pouvaient mettre fin à l'entretien à tout moment. Toutes les femmes ont donné leur consentement oral pour participer à l'entretien et l'anonymat leur a été garanti. Aucune personne interrogée n’a reçu de compensation pour fournir des informations. Une femme a été remboursée pour les dépenses qu'elle a effectuées lors du déplacement pour l'entretien. Le cas échéant, Human Rights Watch a fourni les coordonnées des organismes offrant des services juridiques, sociaux ou de conseils. Des pseudonymes ont été utilisés pour toutes les personnes interrogées.
Human Rights Watch a mené 28 entretiens auprès de représentants du gouvernement, notamment douze responsables politiques, deux procureurs, un juge d'instruction, cinq officiers de police, un fonctionnaire de l'Institut fédéral pour l'égalité des femmes et des hommes, un fonctionnaire du Bureau flamand du Bien-être général, un représentant de l’Office des étrangers et des représentants de différents ministères, tant au niveau fédéral (le ministère de la Justice et le ministère de l'Égalité des chances) qu’au niveau communautaire ou régional (les ministères de l'Égalité des chances, des Affaires sociales, de la Santé publique et de la Famille). Nous avons également mené 40 entretiens avec des avocats, des universitaires, des militants d'ONG, des experts en matière de droits des femmes ou des migrants, du personnel des refuges, des travailleurs sociaux et des responsables de services pour les victimes. Certains de ces entretiens ont été menés par téléphone.
Ce rapport met l'accent sur la violence intrafamiliale comme une forme de violence contre les femmes. Il utilise « elle » pour décrire les victimes et « il » pour leurs agresseurs, tout en reconnaissant que la violence intrafamiliale est un phénomène universel qui touche les deux sexes et se produit à travers les cultures, les religions, les classes sociales, les orientations sexuelles, les identités sexuelles et les âges.







