Le nombre estimé de victimes a triplé et se situe entre 560 et 770 hommes
3 septembre 2014
« Les actes barbares perpétrés par l'État islamique violent le droit international et choquent les consciences. »
Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch

(Erbil, le 3 septembre 2014) - De nouvelles preuves d'exécutions perpétrées par l'État islamique (EI) à Tikrit, suite à la prise de contrôle de cette ville par le groupe armé en juin 2014, mènent à un triplement du nombre estimé de victimes, tout en fournissant des informations supplémentaires sur les lieux d'exécutions, a indiqué Human Rights Watch aujourd'hui.

Le témoignage d’un survivant ainsi que l'analyse de vidéos et d’images satellite permettent de confirmer l'existence de trois nouveaux sites d'exécution de masse, ce qui porte le total de tels sites  à cinq. Le nombre total estimé de victimes est compris entre 560 et 770 hommes ; il semble s’agir dans la quasi-totalité de soldats irakiens capturés par l’État islamique.

« Cette nouvelle pièce du puzzle macabre des exactions commises par l’État islamique permet de confirmer la hausse du nombre d’exécutions commises par ce groupe », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch. « Les actes barbares perpétrés par l'État islamique violent le droit international et choquent les consciences. »

Les combattants de l'Etat islamique, précédemment connu sous le nom d’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), ont tué entre 160 et 190 hommes sur les deux sites d'exécution précédemment identifiés par Human Rights Watch. Le nombre total de victimes est susceptible d’être revu à la hausse à mesure de la découverte de nouvelles preuves, a ajouté Human Rights Watch.

Les combattants de l'État islamique ont pris le contrôle de Tikrit le 11 ​​juin. Le lendemain, le groupe a affirmé avoir exécuté 1 700 « membres chiites de l'armée ». L’État islamique a aussi mis en ligne des vidéos montrant des centaines d'hommes capturés, en tenue civile, en affirmant qu’il s’agissait d’hommes qui s'étaient rendus à la base de l’armée l'irakienne Speicher, située à proximité de Tikrit.

Des photos diffusées par la suite sur les réseaux sociaux ont montré des combattants masqués de l’État islamique tirer à bout portant sur les hommes, dont les mains étaient liées, devant des tranchées qu’ils avaient été obligés de creuser.

Communiqué intégral en anglais : http://www.hrw.org/node/128615

 


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