Les forces rebelles devraient respecter les protections spéciales requises par le droit international
5 août 2014
« Ce mépris flagrant de patients malades ou blessés risque d'avoir des conséquences mortelles, et doit cesser immédiatement. »
Yulia Gorbunova, chercheuse auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch.

(Berlin, le 5 août 2014) - Les forces rebelles dans l'est de l'Ukraine ont menacé des membres du personnel médical, volé ou détruit du matériel hospitalier, et entravé la fourniture de soins à des civils blessés ou malades. a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Les forces rebelles ont également exproprié des ambulances afin de s’en servir pour transporter des combattants actifs.

De tels actes sont strictement interdits en vertu des lois de la guerre, qui garantissent des protections spéciales aux professionnels de la santé ainsi qu’aux blessés et aux malades, a précisé Human Rights Watch.

« Les attaques perpétrées par des insurgés pro-russes contre des unités médicales et des professionnels de la santé représentent un risque grave pour ces personnes ainsi que  pour les personnes malades et vulnérables qu’elles cherchent à soigner  », a déclaré Yulia Gorbunova, chercheuse auprès de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « Ce mépris flagrant de patients malades ou blessés risque d'avoir des conséquences mortelles, et doit cesser immédiatement. »

Les unités sanitaires sont des structures civiles qui bénéficient de protections spéciales en vertu des lois de la guerre. Parmi ces unités sanitaires figurent des hôpitaux, des cliniques, des centres médicaux et des installations similaires, ainsi que des ambulances et d’autres moyens de transport médical (militaires ou civils). Toutes les parties à un conflit doivent prendre toutes les mesures possibles pour garantir la sécurité des membres du personnel médical, et doivent s’abstenir d’attaquer les hôpitaux et les ambulances ou de s’en servir à des fins non médicales.

Or Human Rights Watch a constaté que des combattants rebelles dans l’est de l’Ukraine ont illégalement exproprié des ambulances, menacé des membres du personnel hospitalier, et endommagé ou volé du matériel médical. Des  insurgés ont occupé des bâtiments hospitaliers, compromettant la sécurité des patients et du personnel médical. Les forces rebelles ont illégalement saisi au moins quatre ambulances à Sloviansk, et les ont par la suite utilisées pour transporter des combattants armés dans la ville voisine de Donetsk, ainsi que Human Rights Watch a pu le constater.

En outre, selon les recherches menées par Human Rights Watch, au moins cinq hôpitaux dans l'est de l'Ukraine ont été frappés par des obus d'artillerie, des roquettes non guidées, ou d’autres armes explosives depuis le mois de juin.  Ces attaques ont tué au moins deux membres du personnel médical. La plupart de ces attaques ont eu lieu dans des quartiers contrôlés par les forces rebelles, ce qui permet de penser que les forces gouvernementales étaient responsables, mais une enquête plus approfondie est nécessaire pour établir les responsabilités de manière précise.

Le Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme a estimé qu’au moins 1 129 civils ont été tués, et 3 442 blessés, dans le cadre du conflit dans l'est de l'Ukraine entre la mi-avril et le 26 juillet.

Communiqué intégral en anglais: www.hrw.org/node/127854