Des attaques illégales menées par Israël ont tué des enfants et d'autres civils, et endommagé un hôpital
21 juillet 2014
« Le gouvernement israélien doit faire plus que simplement chercher à justifier ces attaques illégales, il doit y mettre fin. »
Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Human Rights Watch

(Gaza) - Israël doit mettre fin aux attaques qui causent des pertes civiles et endommagent des structures civiles en violation des lois de la guerre, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Human Rights Watch a enquêté sur sept frappes aériennes israéliennes menées par Israël avant l'offensive terrestre qui a débuté le 17 juillet, et qui ont manifestement violé les lois de la guerre. Les résultats de ces enquêtes ainsi que et le nombre élevé de nouvelles victimes civiles exacerbent les craintes relatives à la sécurité des civils lors de l'offensive terrestre.

Plus de 200 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’offensive terrestre déclenchée par Israël. Le nombre total de morts depuis l’éclatement des hostilités le 7 juillet dépasse 500 victimes, dont une majorité de civils palestiniens, selon les informations fournies par les agences humanitaires des Nations Unies.

« Après les frappes de missiles israéliens qui ont tué quatre garçons sur une plage et touché à plusieurs reprises un bâtiment clairement reconnaissable comme un hôpital, on ne peut qu’être profondément préoccupé par la sécurité des civils pris au piège de l'offensive terrestre à Gaza », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le gouvernement israélien doit faire plus que simplement chercher à justifier ces attaques illégales, il doit y mettre fin. »

Human Rights Watch a enquêté sur plusieurs frappes aériennes menées par Israël, notamment l’attaque qui a tué quatre garçons sur une plage de Gaza et blessé trois autres personnes, des frappes contre un hôpital abritant des patients paralysés et des personnes âgées, une frappe ayant touché la voiture d’un employé d’une agence de presse, ainsi que quatre autres frappes. Dans la plupart voire la totalité de ces cas, Human Rights Watch a constaté l’absence de preuves indiquant qu’il s’agissait de cibles militaires. Les attaques menées par les forces israéliennes contre des cibles non militaires sont susceptibles de  constituer des violations des lois de la guerre. Les attaques délibérées ou imprudentes contre des personnes qui étaient clairement des civils, tels que les jeunes garçons sur la plage de Gaza, ou contre des bâtiments civils dont un hôpital, sont également susceptibles de constituer des violations des lois de la guerre qui s’apparentent à des crimes de guerre.

Les groupes armés palestiniens ont de leur côté poursuivi leurs tirs aveugles de roquettes contre des centres de population israéliens, en violation des lois de la guerre. Ouda Lafi al-Waj, 32 ans, a été tué et quatre membres de sa famille ont été blessés lorsqu'une roquette a frappé leur maison près de la ville de Dimona, dans le sud d'Israël, le 19 juillet. Un autre missile a grièvement blessé deux jeunes filles bédouines dans un autre village, le 17 juillet.

Afin d’empêcher de nouvelles violations des lois de la guerre et de faciliter les poursuites judiciaires contre les auteurs de telles violations, l’Autorité palestinienne et Israël devraient demander à la Cour pénale internationale (CPI) d’exercer sa compétence sur le conflit à Gaza, selon Human Rights Watch. Les pays tiers devraient suspendre les transferts de tout matériel aux parties au conflit qui serait susceptible d’être utilisé en violation des lois de la guerre, et devraient aussi suspendre tout financement à cet égard. Ces pays devraient aussi soutenir l’établissement par le Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU d’une mission d'établissement des faits chargée d’enquêter de manière impartiale sur ​​les violations des droits humains commises par toutes les parties au conflit à Gaza. Cette mission serait aussi chargée de publier un rapport dans les plus bref délais, et d’émettre des recommandations à l’attention des parties concernées et de l'ONU.

Communiqué intégral en anglais : http://www.hrw.org/node/127532