18 juillet 2014

Les Forces de défense d'Israël (FDI, ou Tsahal) ont une réponse aux questions sur les tirs qui ont tué quatre enfants près du port de Gaza le 16 juillet. Lors d'une conférence de presse tenue quelques heures plus tard, un représentant de l’armée a expliqué que l'attaque avait visé une « structure identifiée comme appartenant au Hamas » et que la marine avait identifié de manière erronée les garçons comme des  « combattants qui fuyaient ».

La campagne israélienne de frappes aériennes contre Gaza a été marquée par des moments atroces, mais il est en effet difficile d’imaginer une tentative délibérée de tuer Ismail Bakr (9 ans) et ses trois cousins​​, Ahed (10 ans), Zakariya (10 ans) et Mohammed (11 ans), surtout quand l’on considère qu’ils jouaient sur la plage juste en face d'un hôtel ou se trouvaient de nombreux journalistes étrangers.

Toutefois, qualifier ces décès d’erreur innocente revient à mettre la vie de beaucoup d'autres enfants palestiniens en danger. En fait, il s’est agi de la conséquence inévitable de la pratique de l'armée israélienne, observée dans plusieurs incidents à Gaza depuis le 7 juillet, consistant à tirer avant de s’assurer que la cible est militaire, ainsi que l'exige le droit international humanitaire, qui codifie les lois de la guerre et s'applique à Israël ainsi qu’aux groupes armés palestiniens.

Il ne s'agit pas d'un incident isolé. Il fait suite à plusieurs frappes aériennes menées par Israël sans cible militaire évidente, qui ont fait de nombreux morts parmi les civils. Depuis le 7 juillet, selon les chiffres de l'ONU, les attaques menées par Israël dans la bande de Gaza ont tué trois fois plus de civils - dont 48 enfants - que de combattants palestiniens.

Les alliés d'Israël ont exprimé leur inquiétude quant  au nombre élevé de victimes civiles palestiniennes. Mais s'ils veulent vraiment minimiser ces pertes, ils devraient presser l'armée israélienne de modifier d’urgence ses pratiques illégales de ciblage illicite et exiger que les individus responsables de telles pratiques soient tenus de rendre des comptes.

Lire la tribune intégrale en anglais : www.hrw.org/node/127424