Les gouvernements devraient intensifier les efforts en matière d’enseignement des techniques de communication vitales
18 octobre 2013
« La langue des signes est cruciale pour que les personnes sourdes puissent communiquer, s’exprimer et apprendre. »
Shantha Rau Barriga, directrice de la Division Droits des personnes handicapées

(Sydney) – Les enfants sourds ont droit à une éducation de qualité, au même titre que tous les autres enfants, dans une langue et un environnement qui optimisent leur potentiel. Dans une vidéo diffusée le 18 octobre 2013 à l’occasion d’une conférence mondiale organisée à Sydney sur l’égalité pour les personnes sourdes, Human Rights Watch met en lumière quelques-uns des défis auxquels sont confrontés les enfants et les jeunes souffrant de surdité, ainsi que les possibilités que leur offre l’éducation en langue des signes.

Partout dans le monde, les enfants et les jeunes souffrant de surdité se voient souvent refuser une éducation, y compris en langue des signes. Les enseignants bien formés en langue des signes font défaut, et dans bon nombre de cas, les parents ignorent que leurs enfants ont le droit d’aller à l’école et qu’ils sont capables d’apprendre pour peu que l’occasion leur en soit donnée.

« La langue des signes est cruciale pour que les personnes sourdes puissent communiquer, s’exprimer et apprendre », a souligné Shantha Rau Barriga, directrice de la Division Droits des personnes handicapées de Human Rights Watch. « Priver les personnes sourdes de la possibilité d’apprendre la langue des signes peut les condamner à un terrible isolement. »

Des centaines de personnes sourdes, leurs familles, des responsables gouvernementaux et des experts en matière de handicap se sont réunis à Sydney à l’occasion d’une grande conférence organisée du 16 au 18 octobre par la Fédération mondiale des sourds.

Human Rights Watch a recueilli des informations sur des cas d’enfants et de jeunes souffrant de surdité au Népal, en Chine et dans le nord de l’Ouganda, privés de leur droit à l’éducation en langue des signes. Certains enfants et jeunes sourds interrogés n’étaient pas du tout scolarisés. Les enseignants et les parents croient souvent à tort que les enfants sourds ne disposent pas des capacités intellectuelles nécessaires pour apprendre.

Une enseignante figurant dans la vidéo a fait remarquer à Human Rights Watch : « Notre handicap n’affecte que notre ouïe, pas nos facultés mentales. Les facultés mentales d’un enfant sourd sont aussi bonnes que celles d’un enfant entendant. »

Le droit à l’éducation en langue des signes pour les personnes sourdes est garanti par la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées. Aux termes de ce traité, les gouvernements sont tenus defaciliter l’apprentissage de la langue des signes et de promouvoir l’identité linguistique des personnes sourdes.  

Concrètement, cela signifie qu’il s’agit d’employer des enseignants qualifiés en langue des signes nationale et de former des enseignants à tous les niveaux d’éducation pour travailler avec les élèves sourds. Cette approche vise essentiellement à permettre aux enfants et aux jeunes souffrant de surdité, ainsi qu’aux parents, d’aider à concevoir et à offrir une éducation en langue des signes.

« Sans possibilité d’utiliser la langue des signes au niveau le plus élémentaire, les personnes sourdes se heurtent à des obstacles importants qui les empêchent d’être indépendantes », a expliqué Shantha Rau Barriga. « Les capacités de communication sont fondamentales pour obtenir un emploi et participer à la vie communautaire et familiale. »