Les autorités devraient permettre à des observateurs indépendants d’accéder aux centres de détention
22 février 2013
« La mort d’Omar Aziz, et la mort présumée d’Ayham Ghazzoul, viennent rappeler l’urgente nécessité de lever le voile du secret autour des prisons syriennes. »
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch

(New York, le 22 février 2013) - Un militant pacifique qui avait aidé des comités locaux à fournir une assistance à la population est mort en détention en Syrie le 16 février 2013, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Un second détenu est mort en détention en novembre, selon les informations récemment transmises à sa famille par l’un de ses codétenus qui a été libéré. Ces décès mettent en lumière l'urgente nécessité pour le Conseil de sécurité de l'ONU d'exiger que les autorités syriennes accordent à des observateurs internationaux un accès immédiat et sans entrave à tous les lieux de détention dans le pays, selon Human Rights Watch.

Omar Aziz, un militant pacifique âgé de 64 ans, est décédé le 16 février à hôpital militaire de Harasta, ainsi que l’a confirmé un membre de sa famille à Human Rights Watch. Ayham Ghazzoul, un militant des droits humains âgé de 26 ans,  serait mort en novembre 2012 dans les locaux de la Branche 215 de l’agence du renseignement militaire, situés dans le quartier de Kfar Sousseh à Damas, selon un codétenu récemment libéré. Les deux hommes avaient été arrêtés par les forces de sécurité syriennes en novembre dernier.

« La mort d’Omar Aziz, et la mort présumée d’Ayham Ghazzoul, viennent rappeler l’urgente nécessité de lever le voile du secret autour des prisons syriennes », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Human Rights Watch a également exprimé sa vive préoccupation au sujet d’autres personnes détenues par les forces de sécurité, dont certaines au secret depuis plusieurs mois et qui pourraient avoir torturées. Parmi ces personnes figurent Mazen Darwish, le président du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression arrêté le 16 février 2012 ; Bassel Khartabil (également connu sous le nom Bassel Safadi), un informaticien défenseur de la liberté d’expression sur Internet arrêté le 15 mars 2012 ; et Khalil Maatouk, un éminent avocat défenseur des droits humains enlevé le 2 octobre 2012 et qui serait détenu par les services de Sûreté de l'Etat dans le quartier de Kfar Sousseh à Damas.

Human Rights Watch a documenté de nombreuses violations des droits humains commises par les forces de sécurité syriennes et d’autres représentants du gouvernement, notamment les disparitions forcées, l'utilisation de la torture, les arrestations arbitraires ainsi que la détention au secret de manifestants pacifiques, de militants des droits humains, de travailleurs humanitaires, de médecins et d’autres personnes. En particulier, Human Rights Watch a documenté de nombreux cas de torture et de mauvais traitements au centre de renseignement de l’Armée de l’air à Mezze, codirigé par le général Jamil Hassan et le général Abdul Salam Mahmoud Fajr (directeur de la section chargée des enquêtes), ainsi qu’à la Branche 215, dirigée par le general Sha'afiq, de l’agence syrienne du renseignements militaire.

Le gouvernement syrien devrait autoriser des observateurs internationaux - notamment le Représentant spécial conjoint de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, ainsi que les membres de la Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie - à visiter sans entrave tous les lieux de détention officiels et non officiels, selon Human Rights Watch.

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