Mais les gouvernements ont omis de prévoir l’élimination graduelle du mercure dans l’orpaillage à petite échelle
19 janvier 2013
« C’est la première fois qu’un traité sur l’environnement intègre des mesures expressément liées à la prévention et au traitement de l’empoisonnement par le mercure. Même si ce traité représente un progrès historique, les gouvernements auraient pu et auraient dû faire davantage pour rendre obligatoires des stratégies en matière de santé. »
Juliane Kippenberg, chercheuse senior sur les droits des enfants au sein de Human Rights Watch.

(Genève, le 19 janvier 2013) – Le traité international sur le mercure qui vient d’être conclu adresse un signal important que les gouvernements doivent faire davantage pour répondre à la menace du mercure contre le droit à la santé, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Le 19 janvier 2013, 140 gouvernements ont adopté ce traité après cinq cycles d’intenses négociations, qui ont débuté en 2010.

« C’est la première fois qu’un traité sur l’environnement intègre des mesures expressément liées à la prévention et au traitement de l’empoisonnement par le mercure », a noté Juliane Kippenberg, chercheuse senior sur les droits des enfants au sein de Human Rights Watch. « Même si ce traité représente un progrès historique, les gouvernements auraient pu et auraient dû faire davantage pour rendre obligatoires des stratégies en matière de santé. »

Le mercure est un métal liquide extrêmement toxique. Il attaque le système nerveux central et il est particulièrement nocif pour les enfants. Il contamine l’air, le sol et l’eau, et peut se répandre sur une grande distance. Le traité aborde la question de l’utilisation du mercure dans l’extraction de l’or artisanale, dans divers produits et procédés, ainsi que les émissions d’installations industrielles, par exemple les centrales électriques alimentées au charbon. Ce traité sera appelé la «  Convention de Minamata », du nom de l’une des pires catastrophes de l’histoire liées à l’empoisonnement par le mercure, qui s’est déroulée au Japon il y a près d’un demi-siècle.

Dans le domaine de l’extraction de l’or artisanale et de l’orpaillage à petite échelle – qui représente la plus importante source de pollution au mercure au niveau mondial – le traité oblige les gouvernements à élaborer des plans d’action interdisant les formes les plus nocives de l’utilisation du mercure, à promouvoir des méthodes d’extraction sans mercure, à protéger les enfants et les femmes en âge d’avoir des enfants, et à faire en sorte d’améliorer la santé des mineurs. Les enfants sont particulièrement exposés à des risques graves dans l’orpaillage  artisanal, car ils travaillent en se servant du mercure ou sont présents lorsque l’amalgame de l’or et du mercure est brûlé.

« Les communautés vivant de l’orpaillage travaillent dans des conditions dangereuses », a rappelé Juliane Kippenberg. « Nous nous félicitons que la Convention de Minamata contienne des mesures spécifiques pour protéger ces communautés, notamment les enfants, contre l’empoisonnement par le mercure. »

Toutefois, Human Rights Watch a critiqué le traité car il omet de traiter la question du travail des enfants et il ne fixe pas de date limite pour l’élimination graduelle du mercure dans l’extraction de l’or artisanale et à petite échelle.

Le traité est légalement contraignant et sera adopté lors d’une conférence diplomatique qui se tiendra au mois d’octobre au Japon. Il sera alors ouvert à la signature et entrera en vigueur dès que 50 pays l’auront ratifié.