Ce militant zimbabwéen des droits humains est l’un des lauréats du Prix Alison Des Forges 2011
26 octobre 2011
Farai Maguwu a fait preuve d’un courage extraordinaire en documentant la terrible situation des droits humains dans la région de Marange au Zimbabwe et en risquant sa vie et celle de sa famille.
Tiseke Kasambala, chercheuse senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch

Le prix Alison Des Forges décerné par Human Rights Watch salue le courage d’individus qui mettent leur vie en danger pour protéger la dignité et les droits d’autrui. Human Rights Watch collabore avec ces courageux défenseurs des droits humains pour créer un monde dans lequel les personnes puissent vivre sans violence, ni discrimination et oppression.

Farai Maguwu est le directeur du Centre pour la gouvernance des ressources naturelles (Center for Natural Resource Governance) au Zimbabwe. A ce titre, il a réalisé des travaux de recherche considérables pour rendre compte des exactions effroyables perpétrées dans les gisements de diamants de Marange. Lors de la découverte des gisements de Marange en 2006, ils étaient ouverts à tous et l'exploitation minière illégale et la contrebande florissaient. Farai Maguwu a travaillé en partenariat avec les chercheurs de Human Rights Watch afin de documenter les actes de violence, de torture, le travail forcé et les meurtres de villageois de la région de Marange commis par des soldats contrôlés par l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF), le parti au pouvoir en 2006 et en charge de la sécurité au sein de gouvernement de coalition actuel.

Le 27 mai 2010, deux jours après que Farai Maguwu a rencontré un observateur du dispositif de certification du Processus de Kimberley (organe mondial de contrôle de l’industrie des diamants) afin de débattre des abus qu'il avait découverts à Marange, les autorités zimbabwéennes ont attaqué sa maison et son bureau et l'ont arrêté, accusé d’avoir communiqué des informations erronées sur les meurtres et la torture commis par des militaires dans les mines. Il a été emprisonné pendant plus d'un mois, dans des conditions déplorables et privé de soins médicaux alors qu’il souffrait d'une grave maladie. Farai Maguwu a été libéré début juillet 2010, mais les accusations dont il était l’objet n’ont été levées qu’en octobre 2010. Son histoire a contribué à attirer l'attention internationale sur les graves violations des droits humains commises dans les mines de diamants de Marange et a conduit à des appels pour que le gouvernement zimbabwéen retire ses troupes de Marange.

Human Rights Watch rend hommage à Farai Maguwu pour l’immense courage dont il fait preuve dans ses travaux visant à éliminer violations des droits humains commises dans toute la région.

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