February 16, 2009

VI. Les massacres de Noël

J'ai vu les LRA tuer notre voisin et un autre homme sur la route. Je me demandais qui étaient ces gens ? Qu'est-ce que nous leur avons fait ? Pourquoi est-ce qu'ils nous tuent ?
-Un homme attaqué par la LRA et laissé pour mort le jour de Noël à Faradje

L'opération «Coup de tonnerre»

Tout au long de l'année 2008, alors que Joseph Kony promettait maintes fois de signer l'accord de paix puis ne le faisait pas, le Président Museveni et des dirigeants de l'armée ont menacé d'entreprendre contre lui une nouvelle campagne militaire. [74] Le Président de la RDC, Joseph Kabila, s'est initialement opposé à des opérations militaires ougandaises contre la LRA en territoire congolais, mais, sous la pression des Etats-Unis et à la suite des attaques menées en septembre par la LRA, Kabila a changé d'avis. Après que la date limite du 29 novembre ait été dépassée sans que Kony ait signé l'accord, les préparatifs ont avancé rapidement pour une opération militaire impliquant des troupes ougandaises, congolaises et de la SPLA. Les Etats-Unis ont fourni un soutien important en matière de renseignements, d'organisation, de technique et de logistique. [75] Les objectifs déclarés de l'opération, dont le nom de code était «Coup de tonnerre» («Lightning Thunder»), étaient de détruire ou d'occuper les camps de la LRA, de trouver et détruire («search and destroy») les forces de la LRA, de trouver et sauver («search and rescue») les personnes enlevées par la LRA, et de capturer ou tuer les commandants de la LRA, en particulier ceux qui étaient mis en examen par la CPI. [76]

L'opération a rencontré des difficultés dès le départ. Elle devait commencer par un bombardement aérien de la base de Kony au Camp Kiswahili, à la limite ouest du Parc national de la Garamba, effectué par des avions de combat MIG ougandais spécialement adaptés, devant être suivi immédiatement par une attaque terrestre menée par l'UPDF. Le jour de l'attaque, le14décembre2008, des problèmes météorologiques inattendus ont empêché les Ougandais d'utiliser les Mig. A leur place, ils ont employé des hélicoptères d'attaque plus lents et plus bruyants qui, selon des diplomates, ont peut-être réduit en partie l'élément de surprise nécessaire à une attaque réussie. [77] Pendant ce temps, les troupes terrestres ougandaises, gênées par des problèmes de transport, ne sont arrivées dans la zone que 72 heures plus tard. [78]

Le bombardement a détruit les camps, mais Kony et d'autres commandants supérieurs se sont échappés. D'après des enfants qui se trouvaient dans le camp le jour du bombardement et qui se sont plus tard réfugiés en lieu sûr, Kony a quitté le camp pour se rendre à la chasse moins de vingtminutes avant l'attaque. [79] Les combattants de la LRA se sont dispersés en plusieurs groupes et ont pu s'enfuir ou bien se cacher avant l'arrivée de l'UPDF.

En dépit de son mandat de protection des civils, la MONUC n'a pas participé à l'organisation de cette opération, et les hauts fonctionnaires de la MONUC n'ont été informés que quelques heures avant le début de la campagne. [80] Selon des officiers militaires ougandais, le plan était que l'armée congolaise et la SPLA (le long de la frontière Soudan-RDC) protègent les civils pendant que les Ougandais pourchassaient Kony et les autres commandants inculpés. [81] Cependant dix jours après le déclenchement de l'opération «Coup de tonnerre», il n'y avait aucunes forces ougandaises, congolaises ou de maintien de la paix de l'ONU dans les villes principales autour de l'ancienne base de la LRA.

Meurtres de décembre 2008 et janvier 2009

Les 24 et 25 décembre 2008 - dix jours après le déclenchement de l'opération «Coup de tonnerre»- la LRA a mené une série d'attaques coordonnées contre trois endroits au moins qui comportaient le massacre massif de civils. La LRA semble avoir attendu la période des fêtes où elle pouvait espérer infliger rapidement le nombre maximum de morts en ciblant des villages rassemblés. Les premières attaques ont été suivies d'autres, qui se poursuivent à l'heure où nous rédigeons ce rapport.

La LRA a tué au moins 815 civils congolais et au moins cinquante civils soudanais entre le24décembre2008 et le 17 janvier 2009. Il y a eu au moins 300victimes dans la région de Doruma à l'ouest du Parc national de la Garamba et près de la frontière entre la RDC, la République centrafricaine et le Sud Soudan; 153civils dans la région de Faradje au sud-est du parc ; 256civils près de Tora, au sud du parc et 44 autres dans la région de Duru juste à l'ouest du parc, près de la frontière entre la RDC et le Sud Soudan. En outre, les forces de la LRA ont tué 62 personnes au cours d'attaques à l'ouest de Dungu, à savoir à Napopo le 2 janvier, à Bangadi le 5 janvier et à Diagbe le13 janvier 2009. [82] Durant la plupart de ces attaques, il n'y a eu que peu d'enlèvements, contrairement à ce qui s'était produit les mois précédents, parce que la LRA considérait que les personnes enlevées risquaient de ralentir ses mouvements. Toutefois, 160 enfants ont été enlevés à Faradje.

Massacres dans la région de Doruma

Les 25, 26 et 27 décembre 2008, les combattants de la LRA ont attaqué au moins 13 villages aux alentours de Doruma, une petite vile du nord du Congo proche de la frontière avec le Soudan et la République centrafricaine. Le moment choisi et les méthodes indiquent que leur objectif était de tuer le plus grand nombre possible de civils. Ils ont frappé quand les gens étaient rassemblés pour les festivités de Noël et, à une occasion au moins, ont attiré d'autres victimes sur les lieux du massacre en prétendant qu'une fête s'y déroulait. Contrairement aux attaquants dans d'autres lieux, les assaillants se sont montrés peu intéressés par les pillages ou l'enlèvement de civils : ils étaient venus pour tuer. Ils ont utilisé les mêmes méthodes dans chaque village : ils ont encerclé les victimes, les ont attachées avec des cordes ou des chambres à air de bicyclette en caoutchouc, les ont dépouillées de leurs vêtements, puis les ont tuées en les frappant à la tête à coups de bâtons, de gourdins, de haches ou de machettes. Ils ont violé des dizaines de femmes et de filles avant de leur fracasser le crâne. Ils n'ont épargné ni les enfants ni les bébés. Parmi le peu de survivants, la plupart ont subi de graves blessures à la tête et ont apparemment été sauvés parce que les assaillants les croyaient morts.

L'attaque de Noël n'était pas la première occasion où la LRA venait dans la région de Doruma. Les combattants de la LRA étaient passés par cette ville trois fois au moins entre 2006 et 2008 alors qu'ils parcouraient la route entre le parc et la frontière de la RCA. Dans une occasion, les combattants de la LRA ont traversé avec assurance le centre de la ville, descendu le drapeau congolais de son mât et repris leur progression. [83] Ils avaient causé peu de soucis et avaient déclaré à l'administrateur local, Giles Nzerien Mandata, qu'ils n'avaient aucun problème avec le peuple congolais. Mais en décembre 2008, c'était différent. Comme l'a déclaré l'administrateur local aux chercheurs de Human Rights Watch, cette fois, c'était «l'horreur totale». [84]

Meurtres de Batande

L'une des premières attaques dans la région de Doruma a été aussi l'une des pires. Le jour de Noël, la LRA a massacré au moins 82 personnes parmi la centaine de résidents du petit hameau de Batande, situé à huit kilomètres environ au nord-est de la ville de Doruma et à seulement un kilomètre et demi de la frontière soudanaise. Les habitants du hameau se connaissaient tous et ils célébraient Noël en partageant un repas après les services religieux de Noël. Les femmes du village avaient préparé des plats spéciaux et les hommes avaient construit une paillote rudimentaire juste devant l'église protestante. Vers 3 heures de l'après-midi, la plupart des habitants de Batande de même que quelques invités étaient réunis pour partager leur repas quand un groupe de combattants armés de la LRA a surgi des forêts et les a encerclés.

Un homme de 72 ans qui était en retard pour se rendre au déjeuner de Noël se trouvait à peu de distance sur le sentier menant à l'église quand la LRA a attaqué. Il s'est caché dans les buissons et a observé l'horreur qui se déroulait. Il a raconté aux chercheurs de Human Rights Watch:

Les combattants de la LRA ont encerclé tout le monde et ils ont commencé à les attacher avec des cordes, des chambres à air de bicyclette et du tissu pris aux jupes des femmes après en avoir fait des bandes. Je les ai vus attacher ma femme, mes enfants et mes petits-enfants. J'étais impuissant à leur venir en aide. Après les avoir attachés, ils ont pris 26 des hommes, dont le pasteur et son fils aîné et quelques-uns des garçons les plus âgés, et ils les ont emmenés dans la forêt devant l'église.
Je les ai suivis et je me suis caché à proximité pour voir ce qui se passait. Ils leur ont arraché leurs vêtements et les ont jetés face contre terre. Puis ils ont commencé à les frapper un par un à la tête avec des gros bâtons. Ils leur ont fracassé le crâne jusqu'à faire jaillir leur cervelle. Trois LRA faisaient tout le travail. Ils faisaient vite pour tuer. Ça ne leur a pas pris très longtemps et ils ne disaient rien pendant qu'ils le faisaient. Ils ont tué les 26. J'étais horrifié. Je connaissais tous ces gens. Ils étaient ma famille, mes amis, mes voisins.
Quand ils ont eu fini, je me suis échappé et je suis rentré chez moi, où je me suis assis en tremblant de partout. Cette nuit-là, j'ai entendu les LRA qui faisaient la fête. Ils mangeaient la nourriture que les femmes avaient préparée et buvaient la bière. Puis ils ont dormi là au milieu des cadavres de ceux qu'ils avaient tués.
Le lendemain matin, ils sont partis et je suis allé essayer de trouver ma femme. Il y avait des corps partout. C'est alors que j'ai découvert qu'ils avaient aussi tué les femmes et les enfants. J'ai commencé à creuser des tombes pour enterrer les morts. Au début j'étais seul, mais après d'autres gens sont venus m'aider. Je n'arrivais pas à trouver ma femme. C'est seulement au bout de quelques jours que je l'ai trouvée après la rivière. Elle avait le crâne fracassé comme les autres. Son corps était déjà en train de se décomposer aussi j'ai dû l'enterrer là où elle avait été tuée, dans une fosse commune avec d'autres femmes et des enfants. [85]

Parmi les 82 personnes tuées à Batande, figuraient une cinquantaine de femmes et d'enfants, dont le plus jeune n'avait pas plus de huit mois. Selon les personnes qui ont enterré les victimes, les corps de nombreuses femmes et filles ont été retrouvés en petits groupes à part dans la forêt, à un peu moins de 300 mètres au nord-est de l'église. D'après l'état des corps et les positions dans lesquelles ils ont été trouvés, il semble que beaucoup de ces femmes et filles aient été violées. [86] Au moins trois habitants de Batande ont été emmenés par la LRA et tués le lendemain dans d'autres endroits (voir ci-après). Ces personnes ont peut-être été emmenées pour servir de guides vers les villages voisins.

Le 26 décembre, les quelques habitants restant à Batande, dont le vieil homme mentionné ci-dessus, ont entamé la tâche macabre consistant à dénombrer et enterrer les morts, aidés par un petit groupe de gens venus de Doruma qui avaient entendu parler des meurtres. Dans l'après-midi du 27 décembre, le premier groupe de soldats ougandais est arrivé, deux jours trop tard pour aider les gens de Batande. Deux heures plus tard, un second groupe de soldats ougandais est passé, a aidé les habitants à identifier d'autres emplacements où on pouvait trouver des corps, puis ils ont suivi la direction prise par la LRA. [87]

Le 12 janvier, des chercheurs de Human Rights Watch se sont rendus à Batande, accompagnés par un témoin oculaire des massacres et par des personnes qui avaient aidé à enterrer les corps. Les preuves trouvées sur le lieu du massacre étaient cohérentes avec les déclarations des témoins. Les chercheurs ont trouvé 16 tombes avec de la terre fraichement retournée, dont six tombes à la chapelle protestante, six dans un rayon de 250 mètres autour de l'église, et deux à l'entrée de Batande. Ils ont reçu des informations concernant deux tombes plus éloignées à peu de distance au nord de la rivière. Selon les personnes qui ont participé aux inhumations, ces tombes contiennent 82corps. Les chercheurs de Human Rights Watch ont aussi trouvé des flaques de sang séché, des cordes et des chambres à air utilisées pour attacher les prisonniers, et au moins cinq gros bâtons tâchés de sang, chacun d'une dizaine de centimètres de diamètre, sur les lieux où les témoins ont indiqué que les meurtres s'étaient déroulés et où les corps ont été trouvés plus tard. [88] Les quelques habitants de Batande restants ont indiqué aux chercheurs de Human Rights Watch qu'il y avait encore des corps dans la forêt qui n'avaient pas été enterrés, à cause de leur état de décomposition et du manque de sécurité pour procéder aux inhumations. L'odeur des cadavres flottait encore sur Batande près de trois semaines après le massacre.

Meurtres à Nagengwa, Mabando et autres villages

Le matin du 26 décembre, les forces de la LRA ont attaqué Nagengwa, à trois kilomètres environ de Batande, où elles ont tué trente personnes. Au moins 19 victimes du village ont été retrouvées plus tard nues près de la rivière proche, les mains liées et le crâne fracassé avec des haches ou de gros gourdins. [89] Nombre des morts étaient des enfants ; deux étaient des bébés qui avaient été tués en leur dévissant la tête et leur cou était brisé. Deux fillettes de trois ans à Manvugo qui ont survécu aux tentatives de meurtre par la même méthode se trouvaient à l'hôpital de Doruma avec de graves lésions au cou au moment de la rédaction de ce rapport. [90]

Une femme de 53 ans, mère de quatre enfants, a survécu à l'attaque contre Nagengwa quand elle est tombée sous les corps d'autres membres de sa famille et que les assaillants l'ont apparemment crue morte. Elle a raconté :

J'étais à la maison avec mon frère et cinq de mes cousins quand les LRA sont arrivés chez nous. Ils nous ont immédiatement regroupés et ils ont attaché les six autres. Ils ne m'ont pas attachée, parce que je suis trop vieille je suppose. Un des soldats est alors rentré dans la maison et il a commencé à prendre tous les vêtements et d'autres choses qu'ils pouvaient trouver. Puis ils sont sortis et ont commencé le massacre. Le premier à être tué était mon frère. Ils lui ont fendu le crâne avec une hache. Puis ils m'ont tirée sur le côté avec un de mes cousins et ils ont frappé mon cousin avec la hache. Il est tombé et je suis tombée sous lui. Le sang qui coulait de sa tête s'est répandu sur moi, et les LRA ont pensé que j'avais déjà été tuée. Tout s'est passé très vite, et bientôt les six autres étaient tous morts et les LRA sont partis avec ce qu'ils avaient volé. J'étais terrifiée et je suis restée au même endroit [sous les corps] jusqu'à 4 heures du matin, quand j'ai eu assez de force pour courir me cacher dans les buissons. [91]

L'après-midi du même jour, les forces de la LRA ont tué cinquante autres personnes dans le village de Mabando, au nord-est de Nagengwa. Les assaillants ont attiré leurs victimes vers un lieu central en faisant jouer la radio et en forçant des victimes à chanter et à appeler les autres pour qu'ils se joignent à la fête. [92]  

Plus tard le 26 décembre, et les jours suivants, les combattants de la LRA ont attaqué au moins neuf autres villages, à savoir Douane (connu aussi sous le nom de Manvugo), Natalubu, Bama, Naulu, Katinga, Bakulagba, Masombo, Gadi et Mogoroko, tous dans un rayon de 25 kilomètres autour de Doruma. Dans chaque village, ils ont tué des civils en les frappant brutalement à la tête.

A la suite des attaques de Noël, environ 10000 habitants de cette zone ont cherché refuge en ville. Le manque de nourriture, toutefois, en a bientôt forcé certains à retourner à leurs champs au moins pour de courtes périodes, ce qui leur a fait courir le risque de nouvelles attaques de la part d'éléments de la LRA qui se trouvaient encore dans la forêt à 25 kilomètres environ de Doruma lorsque ce rapport était en cours de rédaction.

Massacres et enlèvements à Faradje

Le 25 décembre, le jour même où avaient lieu les massacres à Batande, un autre groupe de combattants de la LRA a attaqué la ville de Faradje, à 300 kilomètres environ à l'est de Doruma. D'après des officiers de l'armée ougandaise, ce groupe était commandé par le Lt. Col. Charles Arop. [93] Avec une population d'environ 37000 personnes, Faradje est l'une des plus grandes villes de la région et compte un nombre important de magasins, aussi elle offrait des perspectives de pillage plus riches que les villages agricoles.

Dans l'après-midi, alors que les habitants étaient réunis pour un concert de Noël, un groupe d'environ 200 combattants de la LRA sont descendus sur la ville et ont tué au moins 143personnes, des hommes pour la plupart, et ont enlevé 160 enfants et des dizaines d'adultes. [94] Les attaquants se sont livrés au pillage avant de mettre le feu à 940 maisons, trois écoles primaires et neuf églises. [95]

A la mi janvier, les chercheurs de Human Rights Watch ont retracé le chemin de destruction de la LRA à travers la ville, interrogé des dizaines de victimes et de témoins et se sont rendus sur les lieux où les victimes ont été tuées puis enterrées plus tard. Une grande partie de la ville a été brûlée et de nombreux quartiers étaient encore largement désertés au moment de cette visite.

A Faradje, les combattants de la LRA ont pris pour cible les hommes adultes, dont le docteur, deux inspecteurs d'école, deux pasteurs, des enseignants et des fonctionnaires. Ils ont commencé leur opération militaire à Aligi, un faubourg de Faradje situé à deux kilomètres environ du centre de la ville. Les combattants de la LRA sont arrivés par un sentier depuis le Parc national de la Garamba et ont enlevé un jeune homme dans la première maison qu'ils ont rencontrée. Ils l'ont obligé à leur servir de guide. Les combattants qui sont entrés dans Aligi étaient accompagnés de 10 à 15prisonniers, dont huit filles et garçons qui étaient attachés ensemble par la taille. Certains avaient aussi les poignets liés. [96] Plusieurs des filles portaient des mini-jupes et des chemises militaires.

Sur leur trajet vers Faradje, les combattants de la LRA ont tué tous ceux qu'ils rencontraient, prétendant au premier abord être amicaux puis tuant leurs victimes d'un coup à la tête avec une hache, une machette ou un gros gourdin. [97] Ils ont tué au moins 25 habitants d'Aligi tandis qu'ils entraient silencieusement dans Faradje.

Roger, un homme de 48 ans qui venait de partager un repas de Noël avec sa famille, faisait la sieste à l'ombre près de sa maison à Aligi l'après-midi du 25 décembre. Réveillé par un bruit, il a vu deux hommes en uniforme militaire qui s'approchaient de lui. «L'un d'eux a levé la main pour saluer et m'a demandé comment j'allais», a-t-il raconté aux chercheurs de Human Rights Watch. «Je ne les ai pas reconnus, mais avant même que j'ai pu répondre l'autre m'a frappé à la tête avec un grand bout de bois. Il m'a frappé deux fois très fort. Je suis tombé et ma tête saignait. J'ai entendu ma femme hurler avant de m'évanouir.» [98] Les assaillants ont laissé Roger pour mort. Sa femme a réussi à le traîner inconscient jusqu'à une cachette dans la forêt où elle a tenté d'arrêter l'hémorragie en enveloppant sa tête blessée avec sa jupe. «Je suis revenu à moi alors que j'étais étendu dans notre cachette et j'ai vu les LRA tuer notre voisin et un autre homme sur la route. Je n'arrêtais pas de me dire qui sont ces gens ? Qu'est-ce que nous leur avons fait ?» Le lendemain, Roger, soutenu par sa femme, s'est traîné jusqu'à l'hôpital pour se faire soigner. Au moment de l'entretien avec les chercheurs de Human Rights Watch, il avait deux larges balafres à la tête.

Vers 5 heures de l'après-midi, les combattants de la LRA sont entrés dans le centre de Faradje, où de nombreux habitants, en particulier des enfants, s'étaient rassemblés pour le concert du jour de Noël. Tout d'abord, les combattants ont prétendu être des soldats de l'armée congolaise. Certains d'entre eux parlaient lingala, la langue parlée communément à Faradje, et appelaient les gens, leur disant de s'approcher. Cette tactique rassurait certaines personnes et les dissuadait de fuir. Puis les combattants ont tiré des coups de feu en l'air et ont commencé à ramasser des filles et des garçons. Ils ont tué les hommes qu'ils ont réussi à capturer en les frappant à la tête.

Marie, âgée de trente ans et mère de sept enfants, a dit aux chercheurs de Human Rights Watch que son mari et d'autres membres de sa famille ont été tués le jour de Noël. Elle a raconté :

J'étais chez moi et mes enfants se trouvaient au concert de Noël quand la LRA a attaqué. Tout d'un coup, vers 5 heures de l'après-midi, j'ai vu des gens qui couraient dans les rues, en s'éloignant du centre de la ville. Mes enfants ont couru à la maison, et puis quatre hommes portant des uniformes militaires sont apparus derrière ma maison. L'un d'eux a dit en mauvais lingala: «Ne courez pas. Restez avez nous. Nous sommes ici pour vous.» D'abord j'ai pensé qu'ils étaient des soldats de l'armée congolaise, mais ensuite l'un d'eux a attrapé ma fille de 13 ans, l'a traînée dans la rue et a pointé son fusil sur elle. J'ai vu ses longues dreadlocks et alors j'ai réalisé que c'était la LRA qui était venue nous attaquer. Ma fille a réussi à se dégager, et les trois autres soldats nous ont encerclés, les neuf qui restions -quatre hommes, deux femmes et trois enfants.
Ils sont entrés dans la cuisine, ont attrapé les pilons de bois dont on se sert pour piler le maïs, et ont commencé à tabasser les hommes. Ils ont coupé le majeur de mon mari avec une machette avant de le frapper à la tête. Il a réussi à survivre mais il est mort plus tard à l'hôpital. Les attaquants ont arraché l'œil gauche d'un des autres hommes puis ils l'ont tué d'un coup à la tête. Ils ont coupé l'oreille du troisième homme avec une hache, lui ont tiré dans le genou, puis l'ont tué d'un coup à la tête. Le quatrième homme a réussi à s'échapper après avoir esquivé deux coups à la tête. J'ai couru dans la brousse avec les autres femmes et les enfants. Nous avons entendu des coups de feu toute la nuit et regardé la ville qui flambait. [99]

Les combattants de la LRA ont attaché les enfants et les adultes enlevés et les ont obligés à s'asseoir en cercle et à attendre pendant que la LRA capturait d'autres gens et pillait la ville. Un garçon de treize ans a été enlevé par un combattant de la LRA quand il a quitté la maison de sa tante pour aller chercher sa sœur pour le dîner de Noël. Le combattant, qui avait des dreadlocks, portait un uniforme militaire et avait parlé à l'enfant en mauvais lingala. Il l'avait attaché et emmené dans un endroit où 44 autres enfants capturés avaient déjà été attachés ensemble. Le garçon qui venait d'être enlevé a été attaché aux autres et laissé à la garde de quelques combattants tandis que d'autres allaient chercher d'autres enfants. [100]

A la tombée de la nuit, les attaquants ont mis le feu à plusieurs bâtiments, peut-être pour leur permettre de voir ce qu'ils faisaient et pour s'assurer que les personnes attachées ne s'échappaient pas. Vers minuit, un premier groupe de combattants a quitté la ville dans la direction d'où ils étaient venus, brûlant des maisons en chemin, en particulier dans le faubourg d'Aligi. Ils ont emmenés avec eux des personnes forcées de transporter le butin des pillages. Un deuxième groupe est parti en direction de Watsa, pillant l'hôpital et brûlant des maisons en chemin. [101]

Lillian, âgée de 28 ans et mère de cinq enfants, a été capturée ainsi que sa fille de 11 ans et son mari. «Ils ont tué mon mari devant moi en lui fracassant le crâne avec un gourdin», a-t-elle dit aux chercheurs de Human Rights Watch. «Les combattants ont alors enfoncé les portes de toutes les boutiques du marché et nous ont donné des choses à transporter. Nous étions une cinquantaine à avoir été enlevés. Nous avons marché environ sept kilomètres sur la route principale, avec plus de cinquante combattants, dont des hommes, des femmes et des enfants soldats. J'ai réussi à m'échapper et je suis revenue dans la ville qui brûlait avec des cadavres répandus sur la place du marché. Mais ma fille est encore avec la LRA.» [102]

 

Un troisième groupe plus réduit de combattants a poursuivi les pillages jusqu'au lendemain matin de bonne heure avant de quitter Faradje, prenant la route au nord en direction d'Aba. A environ quatre kilomètres de la ville, ils ont attaqué le faubourg de Takiani, où ils ont tué des civils, enlevé d'autres enfants et encore une fois pillé.

Les combattants de la LRA ont forcé les enfants ainsi qu'une vingtaine d'adultes enlevés à transporter le butin de leurs pillages jusqu'au Parc national de la Garamba, la direction d'où ils étaient venus. Un garçon a expliqué aux chercheurs de Human Rights Watch :

Nous avons dû marcher dans la brousse toute la nuit. Ils me frappaient vraiment fort parce qu'ils disaient que je marchais trop lentement. Ils nous frappaient aussi si nous essayions de nous parler. J'étais au bout de la file et j'ai réussi à m'échapper le matin vers huit heures, et j'ai couru tout le long du chemin jusqu'à chez moi. [103]

 

Peu après avoir enlevé les enfants, les assaillants ont tué au moins 16 d'entre eux, dont la majorité avait moins de 10 ans, peut-être parce qu'ils les trouvaient trop jeunes pour servir comme porteurs, combattants, ou esclaves sexuels. [104]

La protection arrive trop tard

Le matin du 26 décembre, la MONUC-qui, comme nous l'avons indiqué, n'a pas participé à l'organisation de l'opération «Coup de tonnerre»- a aidé les soldats de l'armée congolaise à se déployer à Faradje et aux alentours. Lorsque les hélicoptères de la MONUC les ont survolés, les combattants de la LRA à Takiani ont grimpé dans les arbres et se sont cachés dans les maisons pour ne pas être vus par les soldats se trouvant dans les hélicoptères. Le temps que les soldats congolais aient atterri et soient arrivés à pied à Takiani, les derniers combattants de la LRA étaient partis, semant sur leur passage la mort et la destruction. [105]

Si la présence des soldats congolais à Faradje a rassuré les habitants de la région, elle n'a pas empêché la LRA de mener des attaques dans le parc et dans des villes et villages proches de Faradje, dont Nagero et Aba. [106]  

Les combattants de la LRA ont habituellement évité la confrontation avec les forces militaires, mais ils ont attaqué la station du parc à Nagero à la lisière sud-est du parc le 2 janvier, à quelques 25kilomètres de Faradje, malgré la présence à cet endroit d'un petit nombre de soldats de l'armée congolaise et de gardes du parc armés. Leur objectif apparent était d'éliminer ou au moins de limiter la capacité du personnel du parc à contrôler leurs activités dans le parc : ils ont détruit des équipements de communications et brûlé deux petits avions, plusieurs véhicules, et le bureau de la station du parc. Contrairement à d'autres attaques durant cette période et probablement du fait de la présence d'adversaires armés, la LRA a fait usage d'armes à feu au cours de cette attaque. Ils ont tué dix personnes, dont trois femmes, deux gardes du parc, le radio opérateur, un pasteur et un électricien, blessant six autres personnes et enlevant au moins deux enfants. Plusieurs combattants de la LRA ont été tués par les gardes armés de la station. [107]

Dans des attaques ultérieures contre des villages au sud et à l'ouest de Faradje, les forces de la LRA ont tué au moins 256 personnes entre le 8 et le 16 janvier, notamment dans les villes de Sambia, Akua, Tomate et Tora. Etant donné l'éloignement de la région, les informations sur ces attaques sont encore incomplètes et le nombre de morts est peut-être plus important.

Dans la ville de Sambia, les femmes et les enfants se sont enfuis dans la brousse ou dans d'autres villes après une première attaque de la LRA le 8 janvier mais les hommes sont restés pour défendre leurs biens, croyant qu'ils seraient protégés par les troupes congolaises contre une nouvelle attaque. Jean-Pierre était parmi ceux qui sont restés. Il a raconté aux chercheurs de Human Rights Watch :

Juste avant minuit le 10 janvier, j'ai entendu des coups de feu et des gens qui criaient dans le centre de la ville. J'ai couru dehors et j'ai trouvé deux combattants de la LRA juste devant ma maison. Ils m'ont empoigné mais je me suis débattu et j'ai réussi à m'échapper. J'ai entendu beaucoup de coups de feu et j'ai passé la nuit dans la brousse. Le lendemain, je suis revenu et la ville était déserte, à part une poignée de gens qui enterraient des corps. J'ai vu au moins 30 corps et six tombes. Beaucoup d'autres ont été tués dans les forêts qui entourent la ville, et leurs corps n'ont pas encore été découverts. [108]

De nombreux habitants de Sambia ont fui à l'ouest vers la ville de Tora qui a elle-même été attaquée par la LRA le 16 janvier, forçant les personnes déplacées à s'enfuir à nouveau. L'ONU a indiqué avoir reçu des informations faisant état d'une centaine de personnes ayant pu être tuées dans cette attaque. [109]

Massacres dans la région de Duru

Les 24 et 25 décembre, la LRA a lancé sa troisième attaque dans la région de Duru et de Bitima, dans la zone de Yakulu, juste à l'ouest du Parc national de la Garamba. Ils y ont tué au moins quarante civils. Du fait que de nombreux habitants se sont ensuite enfuis au Sud-Soudan, il a été difficile pour les autorités locales congolaises et les membres de la société civile de collecter des informations sur les attaques.

Trois groupes de combattants de la LRA ont traversé Duru, Bitima et les régions adjacentes les 24 et 25décembre, tuant tous ceux qu'ils trouvaient sur leur route. Au village de Nambia, les assaillants ont attaqué le soir de Noël, évitant la route principale et entrant dans le village depuis la forêt. Ils sont allés de maison en maison, tuant leurs victimes de la même façon que dans les autres lieux, en leur fracassant le crâne avec des haches, des machettes et des gourdins. A une occasion, un attaquant s'est servi d'une machette pour frapper une femme dans le dos alors qu'elle tentait de s'enfuir, la tuant ainsi que le bébé qu'elle portait sur son dos. [110]

Les habitants ont rédigé en hâte un mot pour un petit contingent de soldats de l'armée congolaise basés à Kiliwa, environ soixante  kilomètres au sud, les suppliant de venir les aider. Courant aussi vite que possible avec ce mot, le messager a mis deux jours pour arriver à la base. Quand il y est arrivé le 27 décembre, les soldats ont dit qu'ils devaient attendre les ordres de leur commandant avant d'envoyer de l'aide à Nambia. [111] Pendant ce temps, la plupart des habitants de la région s'étaient enfuis de l'autre côté de la frontière, au Sud-Soudan.

Selon les rapports des fonctionnaires de la MONUC et de journalistes, la LRA a poursuivi ses attaques dans la région de Duru, où elle a tué quatre civils le 13 janvier. [112]

Attaques au Sud-Soudan

Les forces de la LRA qui ont attaqué à Duru et ses environs, et à Bitima les 24 et 25 décembre auraient aussi fait mouvement vers le Sud-Soudan, où elles ont mené d'autres attaques à Gangura, près de Yambio, avant d'être refoulées en RDC par la SPLA. [113] D'autres groupes de la LRA demeurent au Sud-Soudan ou rodent le long de la frontière entre la RDC et le Sud-Soudan.

Selon des informations préliminaires émanant de la région, la LRA a tué plus de cinquante civils et enlevé quelques soixante enfants et adultes dans les comtés de Yambio, Maridi et Mundri entre mi décembre et début janvier. Bien que les combattants aient occasionnellement tiré des coups de fusil au début d'une attaque, ils tuent habituellement avec des machettes ou des gourdins. Au moment de la rédaction de ce rapport, les attaques de la LRA continuaient au Sud-Soudan. [114]

Délivrance et reddition

Le 28 janvier 2009, des officiers de l'armée ougandaise ont indiqué à Human Rights Watch qu'ils avaient délivré 58 civils et que vingt autres combattants de la LRA avaient été capturés ou s'étaient rendus depuis le début de l'opération «Coup de tonnerre», dont des Ougandais, des Congolais et des Soudanais. [115] Le 10 février, le Président Yuweri Museveni a dit à des journalistes que 280personnes enlevées avaient été délivrées, dont 130 se sont présentées à l'UPDF et 165 aux forces congolaises, et que quarante combattants de la LRA avaient été déclarés morts, mais ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Fin janvier, le commandant en second de la LRA, Okot Odhiambo, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI, a contacté l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) exprimant le souhait de se rendre avec un nombre inconnu de ses combattants et peut-être avec Dominic Ongwen, un autre commandant de la LRA recherché par la CPI. [116] Au moment de la rédaction de ce rapport, il ne l'a pas encore fait.

[74]Voir par exemple, «UPDF Will Hunt Down Kony», The New Vision, 4 août 2008, «Regional Defence Chiefs Plot Kony End», The New Vision, 3 mai 2008, et «President Vows to Destroy Rebel Leader», The Daily Monitor, 6 mai 2008.

[75]Entretien de Human Rights Watch avec des diplomates, Ouganda, 20 janvier 2009. «U.S. Military Helped Plan and Pay for Attack on Ugandan Rebels», The New York Times, 7 février 2009.

[76]Entretiens de Human Rights Watch avec des diplomates internationaux, des hauts fonctionnaires de la MONUC, et des officiers militaires ougandais à Dungu, Bunia et Kampala, Janvier 2009 ; «Uganda, DRC and Southern Sudan Launch Joint Operation against the Lords Resistance Army (LRA)», déclaration de presse commune de l'UPDF, de la SPLA et des FARDC, signée par le Brig. James Mugira, le Brig. Matual Majok et le Brig. Deodenne Kitenge, 14 décembre 2008. Disponible à http://www.mediacentre.go.ug/details.php?catId=3&item=283.

[77] Entretien de Human Rights Watch avec des diplomates, Kampala, 20 janvier 2009.

[78] Entretiens de Human Rights Watch avec des diplomates, des hauts fonctionnaires de la MONUC, et des officiers militaires ougandais à Dungu, Bunia et Kampala, janvier 2009.

[79] Entretien de Human Rights Watch avec des enfants présents dans le camp, Dungu, 8 janvier 2009.

[80] Entretiens de Human Rights Watch avec des diplomates internationaux, des hauts fonctionnaires de la MONUC, et des officiers militaires ougandais à Dungu, Bunia et Kampala, janvier 2009. Human Rights Watch n'a trouvé non plus aucune trace d'un quartier général des tactiques à Dungu à la mi-janvier. Dans un entretien avec une chercheuse de Human Rights Watch à Kampala le 28 janvier 2009, toutefois, le porte-parole de l'armée ougandaise, le Major Félix Kulayigye, a affirmé qu'il y a  un quartier général des tactiques à Dungu qui coordonne les activités entre les armées ougandaise et congolaise et la MONUC.

[81] Entretien de Human Rights Watch avec un officier militaire supérieur ougandais, Dungu, 9 janvier 2009.

[82] Ces chiffres sont essentiellement basés sur des listes de victimes établies par des chercheurs de Human Rights Watch avec des membres de groupes locaux de la société civile. Les informations ont été vérifiées au moyen d'entretiens avec des témoins et des personnes qui ont enterré les corps, des membres des familles, des personnes enlevées qui ont échappé à la LRA, et des déplacements sur les sites des massacres, dans les hôpitaux et les centres de soins. Voir en annexe les listes des personnes tuées et enlevées. Certains des chiffres sur les meurtres perpétrés à Tora et aux alentours sont basés sur des renseignements communiqués par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

[83] Entretien de Human Rights Watch avec Giles Nzerien Mandata, Chef de Poste du gouvernement congolais, Doruma, 10 janvier 2009.

[84]Ibid.

[85] Entretien de Human Rights Watch avec un témoin du massacre de Batande, Doruma, 10 janvier 2009.

[86] Entretien de Human Rights Watch avec des témoins qui ont participé aux inhumations, Batande, 9 et 10 janvier 2009.

[87] Entretien de Human Rights Watch avec des témoins qui ont participé aux inhumations, Batande, 9 et 10 janvier 2009 ; entretien de Human Rights Watch avec le Major Félix M. Kulayigye, porte-parole de l'armée ougandaise, Kampala, 28 janvier 2009.

[88] Les chercheurs de Human Rights Watch ont photographié la zone et les objets trouvés, et ils ont noté les emplacements des tombes. Les chercheurs de Human Rights Watch et d'autres membres de la société civile qui participaient à la visite sur le terrain ont collecté certaines preuves, dont les cordes utilisées pour attacher les victimes, des bâtons tâchés de sang et des vêtements trouvés sur les lieux, et les ont mis en lieu sûr.

[89] Entretien de Human Rights Watch avec des témoins et des personnes qui ont participé aux inhumations à Nagengwa, Doruma, 11 janvier 2009.

[90] Observations de Human Rights Watch à l'hôpital de Doruma, 10 janvier 2009.

[91] Entretien de Human Rights Watch avec une victime à Mabando, Doruma, 10 janvier 2009.

[92] Entretien de Human Rights Watch avec Giles Nzerien Mandata, Chef de Poste du gouvernement congolais, Doruma, 10 janvier 2009. Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Mabando, Doruma, 10 janvier 2009.

[93] Entretien de Human Rights Watch, Brigadier Général Patrick Kankiriho, commandant des opérations de l'UPDF, Dungu, 7 janvier 2009.

[94] Une liste des enfants enlevés à Faradje se trouve en annexe.

[95] Entretien de Human Rights Watch avec Maneno Léon, Assistant de l'administrateur territorial de Faradje, Faradje, 13 janvier 2009 ; entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Faradje qui ont survécu aux attaques, et avec des enfants et des adultes qui ont été enlevés mais ont réussi plus tard à s'échapper, Faradje, 13-16 janvier 2009.

[96] Entretien de Human Rights Watch avec des habitants d'Aligi, Faradje, 14 janvier 2009.

[97] Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants d'Aligi qui ont survécu aux attaques et ont participé aux inhumations des morts, Faradje, 14 et 15 janvier 2009.

[98] Entretien de Human Rights Watch avec une victime, Faradje, 14 janvier 2009.

[99] Entretien de Human Rights Watch avec une victime, Faradje, 14 janvier 2009.

[100] Entretien de Human Rights Watch avec un enfant enlevé, Faradje, 14 janvier 2009.

[101] Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Faradje qui ont survécu aux attaques, et avec des enfants et des adultes qui ont été enlevés mais ont réussi plus tard à s'échapper, Faradje, 13-16 janvier 2009.

[102] Entretien de Human Rights Watch avec un habitant, Faradje, 15 janvier 2009.

[103] Entretien de Human Rights Watch avec un enfant enlevé, Faradje, 14 janvier 2009.

[104] Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Faradje qui ont survécu aux attaques, et avec des enfants et des adultes qui ont été enlevés mais ont réussi plus tard à s'échapper, Faradje, 13-16 janvier 2009.

[105] Entretiens de Human Rights Watch avec des habitants de Faradje et de Takiama qui ont survécu aux attaques, et avec des enfants et des adultes qui ont été enlevés mais ont réussi plus tard à s'échapper, Faradje, 13-16 janvier 2009.

[106] Au 30 janvier, les soldats ougandais n'étaient pas encore déployés dans la région de Faradje.

[107] Entretien de Human Rights Watch avec un témoin de Nagero, Bunia, 5 janvier 2009 ; entretien de Human Rights Watch avec un témoin, Faradje, 14 janvier 2009.

[108] Entretien de Human Rights Watch avec un témoin à Sambia, Faradje, 15 janvier 2009.

[109] «More than 100 killed in Congo Massacre», Agence de presse Reuters, 29 janvier 2009.

[110] Entretien de Human Rights Watch avec un témoin de Nambia, Dungu, 8 janvier 2009.

[111] Entretien de Human Rights Watch avec un témoin de Nambia, Dungu, 8 janvier 2009.

[112] Entretiens de Human Rights Watch avec des fonctionnaires de la MONUC et des journalistes qui se sont rendus à Duru le 14 janvier, Bunia et Faradje, 15 et 16 janvier 2009.

[113] Entretien de Human Rights Watch avec un officier supérieur de l'armée ougandaise, Dungu, 7 janvier 2009.

[114] Communication électronique d'un fonctionnaire de l'ONU à Human Rights Watch, 28 janvier 2009.

[115] Entretien de Human Rights Watch avec le Major Félix M. Kulayigye, porte-parole de l'UPDF, Kampala, 28 janvier 2009.

[116] Organisation internationale pour les migrations, Communiqué de presse, Genève, 3 février 2009.