December 11, 2008

Conclusion

Quand les tueries et autres exactions ont commencé à Kiwanja et Rutshuru, la MONUC n'avait pas la capacité de sortir activement pour protéger la population civile attaquée. Tout ce qu'elle s'est avérée capable de faire a été d'offrir un refuge aux personnes qui sont venues se regrouper à l'intérieur et autour de ses bases.

 

Les officiers militaires supérieurs de la MONUC focalisés sur la protection de Goma contre les attaques ne disposaient plus de moyens pour protéger les villes du nord. L'armée congolaise censée collaborer avec la MONUC a pris la fuite, après avoir au cours des semaines précédentes monté la population locale contre les soldats de maintien de la paix. La force de la MONUC était réduite et mal équipée, divisée en deux unités nationales différentes de commandement, n'ayant pas la  capacité de recueillir des renseignements ni même de communiquer avec la population congolaise.

Après avoir mis en place une administration locale à Kiwanja, le CNDP a riposté à une attaque Maï Maï en tuant, violant et terrorisant les civils à Kiwanja. Pendant ce temps, les forces de la MONUC ne sont pas sorties pour se rendre dans les quartiers où les rebelles du CNDP commettaient des atrocités, mais sont restées dans leur base.

Le maximum que la MONUC pouvait faire alors -et actuellement- était de donner refuge dans le voisinage immédiat de la base aux personnes les plus en danger. Toutefois, même juste devant les grilles de la MONUC, la sécurité est limitée.

La MONUC a besoin de toute urgence de troupes supplémentaires ayant des capacités d'intervention rapide pour renforcer la protection des civils et empêcher de futurs meurtres et viols. Le Conseil de sécurité a autorisé des troupes supplémentaires mais estime que l'arrivée de ces renforts pourrait prendre jusqu'à quatre mois. Entre-temps, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé à l'Union européenne (UE) de fournir d'urgence une force relais à court-terme pour protéger les civils jusqu'à ce que des troupes supplémentaires de l'ONU soient en place.   

Human Rights Watch exhorte l'UE à déployer rapidement une telle force dans l'Est du Congo. Les troupes de l'UE permettraient aux soldats de maintien de la paix de la MONUC de renforcer les bases dans les zones les plus reculées, comme Kiwanja, et pourraient aider à empêcher de nouvelles exactions. Cela fait beaucoup trop longtemps que le peuple de l'Est du Congo souffre. La communauté  internationale ne peut pas attendre une autre vague de tueries et de viols, et de nouveaux recrutements d'enfants soldats, pour donner à l'ONU l'aide dont elle a besoin pour protéger les civils.