II. Méthodolog ie
Ce rapport s'appuie sur des observations de procès classiques et de procédures gacaca, et sur une centaine d'entretiens avec des membres des professions juridiques, de nationalités rwandaise et autres. L'essentiel de la recherche a été effectué entre 2005 et mi-2008, mais des éléments de recherche de Human Rights Watch des années précédentes ont été utilisés pour fournir le contexte des développements plus récents. Parmi les juristes interrogés, figurent quatre ministres et ex ministres de la Justice ; 14 juges ou anciens juges appartenant à tous les niveaux du secteur classique, depuis les tribunaux de base jusqu'à la Cour suprême ; 11 procureurs et anciens procureurs ; l'inspectrice des tribunaux et son équipe ; des employés des tribunaux ; la secrétaire exécutive du Service national des juridictions gacaca et son équipe ; des coordinateurs du service des gacaca ; une vingtaine de juges gacaca; et 12 avocats rwandais, dont trois bâtonniers ou anciens bâtonniers du barreau rwandais ; 15 représentants d'organisations non gouvernementales rwandaises et internationales travaillant dans le domaine de la justice ; et deux procureurs ou anciens procureurs ainsi que sept avocats du bureau du procureur du TPIR. En plus des juristes, nous avons interrogé plus de cent Rwandais qui ont été victimes d'exactions, y compris de la part du système judiciaire, et d'autres qui ont été satisfaits de la justice qu'ils ont reçue. Nous avons aussi interrogé des personnes qui ont témoigné dans des procès et d'autres qui auraient pu témoigner mais ont refusé de le faire.
La façon dont la justice est rendue au Rwanda est une question d'une grande importance politique. Certaines des personnes qui ont émis des critiques sur la façon dont fonctionne le système judiciaire craignent des représailles si leurs opinions venaient à être connues. Ces personnes n'ont accepté de faire des observations sur le système que si elles étaient assurées que leurs observations restent confidentielles. Pour cette raison, les détails permettant d'identifier certaines des personnes interrogées sont absents de certaines références.






